Dom Germain Morin, Revue bénédictine, 1897, p. 338 suiv
se plarant au point de vue de l'hisloire, que primilivenieiil le but des Quatre-Temps avait été d'ol^tonir de Dieu de dignes prêtres. Il ne pouvait, en efl'et, élre question de ce but qu'après l'époque où les Papes avaient fixé aux Ouatre-Temps la date de l'ordination. Ils tirent leur origine des fêtes agraires de l'Ancienne Rome, ce que fait remarquer clairement S. Léon le Grand en parlant des jeunes du mois de décembre ^
Dans les temps plus récents, ce caractère du jeûne des Qualre-Temps s'eiraca complètement, ces jours devinrent des jours de pénitence et de supplication. Dans les prières du Missel romain actuel, on chercherait en vain la trace de leur caractère primitif. Les messes propres des Ouatre-Temps de l'Avent ont trait à Favènement prochain de Jésus-Christ ; celles du Carême regardent la Passion et la rémission des péchés, et celles de la semaine de la Pentecôte sont relatives au Saint- Esprit. Là où les oraisons n'ont pas de rapport avec ces objets, elles ont un caractère plus général ou bien traitent du jeûne en général et de son utilité. Seules, les messes du mois de septembre peuvent être, en quelque manière, mises en harmonie avec l'origine historiquement démontrée des Ouatre-Temps, en tant qu'on y trouve exprimés des sentiments de joie {Exultale etc.], ce qu'on peut appliquer à la récolte heureusement rentrée. Néanmoins, pas plus qu'ailleurs, on ne peut démontrer qu'un tel rapprochement s'impose en cet endroit.
Si nous examinons les prières des anciens sacra-
1. Sermo 2 de jej. x inensis : « Decimi mensis celebrandum esso jojuniiim quo pro consummaln pcrceptione omnium fnigiim diniiissime lari^ilori earum Deo conlinenliœ libamcn ofl'crLur ».
mentaires, nous constaterons déjà les mêmes caractères. L'expression de Quatre-Temps n'y est pas encore employée, et les jours ne sont pas expressément désignés comme jours déjeune ; mais ils sont reconnaissablés à ce signe que les samedis ont douze leçons, ce qui se rencontre deux fois dans le Gélasien et quatre fois dans le Grégorien *. Dans les éditions plus récentes de ces deux livres, le Gélasien renferme deux formules qui servaient à annoncer aux fidèles le jeûne qui était proche, ce qui avait lieu à la messe après le Pax Domini sit semper vobiscum ^. Puis, il y a dans la première partie une messe propre pour chacun des trois jours des Quatre-Temps du iv^ mois, c'est-à-dire de juin; dans la seconde partie, il y en a autant pour le mois de septembre et de décembre^, tandis que les Quatre- Temps de mars sont simplement indiqués dans la première partie sous les n»^ 19 et 20. De même, dans le Grégorien franc, il y a des messes spéciales pour les mois de mars, juin et septembre, mais non pour décembre *. Très peu d'oraisons de ces deux sacramentaires ont passé dans le missel actuel. Il est à remarquer que les samedis avaient douze leçons. Le missel romain actuel en prescrit deux pour les mercredis, outre l'évangile, une seulement pour les vendredis comme à l'ordinaire ; mais pour les samedis leur nombre monte à cinq ; îe samedi des Quatre-Temps de TAvent et de la Pentecôte, ce nombre est même de sept, y compris l'évangile.
1. Dans MuRATORi. Lit. Rom. Vet. I, 511,603; II, 33. 94, 123,136.
2. H. Menard, notae et observ. in Sacr. Gregor. dans Migne, Lxxviii, 393.