Vir.iLii, Ep. ad Simpl. 1 ; MiGNE,xni
statué qu'elles auraient lieu partout les trois jours avant l'Ascension ; elles devaient être accompagnées d'un jeûne, et les esclaves ne devaient pas travailler en ces jours. Cette institution trouva bientôt des imitateurs dans toute la Gaule. Le premier qui les adopta fut Sidoine Apollinaire, évêquc de Clermont; puis en 511, le premier synode d'Orléans, can. 27, les ordonna pour la partie franque du pays, et déjà Tévêque S. Avit pouvait dire qu'elles étaient répandues et en faveur dans le monde entier ^.
L'antiquité ne nous fournit pas de données certaines sur la manière dont les Rogations se formèrent à Rome. Il n'y a qu'un fait isolé du temps de S. Grégoire le Grand que nous a conservé Grégoire de Tours. Pendant l'automne del'annéeSSO, Rome fut affligée d'une terrible inondation qui, non seulement fit tomber des constructions antiques et fit périr toutes les provisions, mais qui fut encore suivie d'une contagion dont le pape Pelage II fut même la victime au mois de février 590. En qualité d'administrateur du diocèse, Grégoire le Grand, pour conjurer la justice de Dieu, ordonna une procession particulièrement solennelle "2. C'était probablement celle du 25 avril, mais faite d'une manière plus grandiose ; cependant elle aurait également pu être une procession extraordinaire, non en usage jusqu'alors,
L AviTUS, Hom. de rogal. ; Migne, lix, 287 ; Greg. Tur. Hisl. Franc, ii, 34.
2. Ce fait est rapporté parles deux biographes de S. Grégoire; Jean le Diacre (i, 41-43), et Paul le Diacre (c. 10), ainsi que par Amalaire et Beleth, etc. Mais tous ont puisé leur science dans Grégoire de Tours [Hist. Franc, x, 1). Cfr. Baillet, ix, 2, 87- 103 qui emploie également les expressions de Lilaniae galllcanae et Romanae.
car la date ne nous en est pas connue, et il n'est pas certain que le texte que nous allons citer tout à l'heure s'y rapporte ; les nombreuses lettres du Saint ne disent rien à ce sujet.
S. Grégoire, dès la veille, y préparait le peuple par un sermon. La procession était formée de sept groupes, d'où lui est venu le nom de sepliformis. Chaque groupe partait d'une église difï'érente et tous se rencontraient à Sainte-Marie Majeure. Saint Grégoire disant dans un autre endroit : « Le retour de cette cérémonie annuelle nous exhorte à la faire avec piété ^), on conclut qu'elle était de date plus ancienne et qu'elle n'a pas été introduite seulement par lui^. A Rome, au dire du Liber Ponlificalis-, on adopta les litanies des Rogations seulement sous Léon III (795-816), probablement à cause de l'influence des Francs alors si puissante à Rome 3. A vrai dire, la pratique de cérémonies de pénitence à cette époque de l'année était contraire au principe très ancien d'après lequel le temps compris entre Pâques et la Pentecôte devait être un temps de joie, comme le fait bien remarquer Amalaire. La procession du 25 avril était par conséquent la procession proprement dite de la ville de Rome et. comme celles des Rogations ne furent adoptées à Rome que plus tard, on s'explique, rien que par là, la dénomination de lilanie majeure. Etant la plus ancienne, on la faisait avec plus de solennité. En d'autres lieux, il y avait d'autres jours également désignés pour les processions, mais on ne sait pas toujours si elles devaient avoir lieu concurremment avec celle du
1. Ces paroles sont tirées d'un écrit sans litre dans le supplénicnt de Reyislrum Greg. M. ; Migne, lxxvii, 1329.