Liber ordin. de Essen
2. BiNTERiM [Denkw. v, 303 ;Conc. v, 91) place le synode en 1308. Hartzheim, Conc. Germ. iv, 106, vi, 498.
Obtenir une église parliciilière, nolammenl une église paroissiale, élait regardé par chaque localité comme un événement des plus importants, à cause des avantages spirituels et parfois matériels qui en découlent. On comprend par là avec quelle vive ardeur la fête de la dédicace était solennisée. A la solennité religieuse s'ajoutèrent bientôt des réjouissances mondaines, des marchés, des plaisirs et des représentations. Les Kermesses étaient les vraies fêtes populaires du moyen âge. Comme il arrive toujours en pareil cas, l'esprit mercantile et l'esprit mondain s'emparèrent de ces occasions, et bien souvent l'emportèrent sur le côté spirituel, bien que les dédicaces fissent partie des jours « à pardon », c'est-à-dire jours auxquels étaient accordées régulièrement des indulgences. Le nombre de ces jours allait en augmentant en raison de l'augmentation des paroisses et des églises. De plus, ce n'était pas seulement la communauté respective qui était en fête, mais tous les lieux voisins y participaient, ce qui augmenta outre mesure ces fêtes ■et les divertissements qui les accompagnaient. Il arriva naturellement que, dans ces circonstances et notamment chez la population de la campagne, il y eut des excès, des intempérances et des rixes.
Aussi, dès le commencement de la soi-disant Réforme, lesNovateurs profitèrent de ces abus pour faire la guerre aux Kermesses *, et certains synodes provinciaux du xvf siècle fixèrent au même jour toutes les dédicaces d'église de la circonscription. Dans la bulle par laquelle Urbain VIII (1642) diminua le nombre des fêtes, celle de la
1. Knlre autres Naggèorgius tourna en dérision les usages el les abus des Kermesses. HospImanus, 175.
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Dédicace n*était déjà plus nommée parmi celles qui devaient être maintenues.
En vertu du décret de Clément XIV (1772), la iete du patron du pays devait être maintenue et être célébrée en son jour d'incidence ; mais lorsque, dans un pays, on vénérait plusieurs patrons, ou ne devait célébrer que la fête du patron principal. Le Bref de Pie VI de 1788 donné en faveur de Breslau, élimina encore de la vie civile les fêtes des Patrons, dont il renvoya la célébration au dimanche^ La révolution française et le concordat balayèrent finalement tout cela et mirent fin aux fêtes des dédicaces dans toute l'étendue de l'empire français d'alors, ce qui détermina TÉglise à célébrer, dans la majeure partie des diocèses, une fête unique de toutes les dédicaces, fixée à un dimanche de l'année. La fête était purement d'ordre ecclésiastique. Quant à la consécration de l'église cathédrale, elle était ou bien comprise dans la fête commune, ou bien elle était solennisée à part, comme par exemple à Cologne.
Le peuple ne fut pas satisfait de la suppression de la fête de la dédicacée laquelle il était très attaché ; et après que la suppression eut été opérée partout, il se créa une compensation en substituant, quant au côté civil, à la dédicace la fête patronale, bien que celle-ci fût fixée au dimanche quant à la célébration religieuse; il lui donna également le nom de Kermesse'^.
Dans les parties de l'Allemagne qui, en 1802, ne fai-
1. DuMONT, Sammliing Kirchl. Erlasse fur die Erzd. Côtn, ii, 165-167.
2. Le nom de Kermesse, pour désigner la fête patronale, n'est usité qu'en Allemagne et dans les Pays-Bas; En France on l'appelle la fête du Patron, ou « la fête du pays ».