Cf. llist. eccl. VIII
n'a trouvé place ni dans le sacramentaire gélasien ni dans le grégorien, tandis qu'à Anlioche il était honoré comme Saint dès le commencement. Et si les S^®^ Perpétue et Félicité et S. Cyprien furent honorés à Rome, l'exception n'est qu'apparente. Il faut évidemment reconnaître ici l'influence exercée par TEglise fille sur l'Eglise mère, puisque le christianisme fut introduit à Carthage par Rome. Il suit de là que les indications relatives au genre du martyre et à la date de la mort sont d'une grande sûreté lorsqu'elles proviennent de sources indigènes, mais qu'elles ne se répandaient que difficilement au dehors.
Comme on s'attachait à conserver les jours de la mort qu'on inscrivait au calendrier, il faut remarquer que, d'une part, on appelait le jour de la mort d'un martyr son jour de naissance, natalis, naialitiiim, ou encore dies deposilionis ; il faut en effet observer que, dans les actes, les jours de la mort et celui de l'enterrement coïncidaient. On pouvait donc mettre également dies deposilionis au lieu de dies obiliis ^
Chez les Romains, en effet, la sépulture avait lieu aussitôt après la constatation de la mort. Tout le monde à peu près faisait partie d'une société funéraire, grâce à laquelle les dispositions pour la sépulture étaient prises d'avance. On n'avait à s'occuper que des préparatifs à la maison comme de laver et d'habiller le corps, ce qui demandait peu de temps, après quoi la sépulture pouvait avoir lieu immédiatement. Les Juifs également
1. Dans une dissertation qui mérite d'être lue [de marîyrum natalibus) MuRATORi montre contre Pagi que les natales marîyrum représentent vraiment les dates de la mort. Dans Migne, lxi, 819-826. Disserl. 19.
donnaient à leurs morls la sépulture aussitôt après le décès, comme le prouve l'histoire d'Ananie et de Sapliire.
Les chrétiens des premiers siècles se conformaient, quant à la sépulture, aux usages du temps et du pays ; ils n'en excluaient que ce qui sentait directement le paganisme ou Tidolatrie. Ils ensevelissaient par conséquent les morts aussi promplement que les païens. Ceci résulte d'un fait raconté par Tertullien^ La sépulture dune femme qui semblait morle s'était un peu retardée pour un motif quelconcjue. Pendant qu'on arrangeait le corps et que le prêtre, pendant ce temps, récitait encore des prières, elle éleva les mains et les remit dans leur première position après l'achèvement de la prière implorant la paix. Au iv*^ siècle seulement, on commenç^-a à enterrer les corps le troisième ou le quatrième jour après le décès -, bien que la coutume primitive se maintînt simultanément pendant de longues années 3.
Si la sépulture de ceux qui étaient morts de mort naturelle avait heu le même jour, à plus forte raison n'y avait-il pas de motif de diflerer celle des martyrs. Aussi, c'est surtout pour eux que coïncidaient les jours appelés clies obiliis et dies depositionis. Conséquemment les dates des temps plus anciens, même quand elles rapportent le jour de la déposition, doivent être entendues du jour du décès ; et lorsqu'elles ont pour origine la tradition de la communauté ecclésiastique à laquelle appartenaient les martyrs, elles sont absolument dignes de foi.