‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 170 sur 299 · Codinus · texte numérisé non relu

Codinus

*2. Baumstark, Oriens Christ, i, 26G.

;î 90. — LES FfyiES DE LA SAINTE VIERGE E\ G É Mi UAL.

l'étant donnée la silualion uni(|ue qu'occupe la sainte \ ierge dans l'œuvre réparatrice, il fallait que, dans la vie de l'Église, telle qu'elle se manifeste dans les (éles, elle eût une part dont l'importance fùl en rapport avec la part qu'elle prit à l'œuvre même de la llédemplion. Actuellement ce devoir est bien rempli par l'Église, car, non seulement les événements de la vie de Marie, mentionnés dans l'Écriture sainte, sont commémorés pai* des fêtes, mais d'autres encore dont il n'y est pas fait mention. Néanmoins il se passa un temps considérable avant qu'on commencjàt à résoudre cette question. Pour expliquer ce fait, on a recours, entre autres, au soin que prenait l'Église, aune époque où le paganisme était encore en vigueur, d'éviter tout ce qui pouvait ressembleraux mythes des divinités et à leur généalogie ; pour ce motif elle n'aurait pas rendu un culte public aux parenis du Sauveur selon la chair. Disons plutôt (ju'il fallait, avant tout, fixer par des solennités les faits de la vie et de la Rédemption de Jésus-Christ avant de songer à développer le calendrier des autres fêtes. En oulre,^ dans ranti(|uité, on sentait le besoin impérieux d'honorer en second lieu les jours commémora tifs des nombreux marlyrs, et ce ne fut que plus tard qu'on prit l'habitude d'honorer également par des anniversaires les saints personnages qui n'avaient pas été martyrs.

Le culte rendu par l'Eglise L la Mère de Dieu se manifeste plus tôt que ses fôtes, puisque déjà Constantin aurait élevé liois églises en son honneur (hins la nou-

velle capitale de l'empire. A Rome, les fouilles récentes, pratiquées au Forum, ont mis au jour une église dédiée à la Mère de Dieu, appelée Santa Maria Antica '. Cette église existait déjà avant la construction de la basilique Libérienne, qu'on regarde communément comme la plus ancienne. Il est certain qu'en 431 , Ephèse possédait une vaste église dédiée à Marie, dans laquelle fut tenu le troisième concile œcuménique.

Quant aux fêtes, toutes les anciennes églises patriarcales en possèdent aujourd'hui un grand nombre, notamment l'église grecque orientale et l'église catholique romaine ; celle-ci en a, sans aucun doute, le plus grand nombre. L'ancienne église égyptienne se distinguait également par son zèle dans la dévotion à Marie ; le calendrier copte marque au 21 de chaque mois, jour qui correspond au 15 du calendrier julien, une commemoratio Dominae Virginis Mariae ^. En outre, de tout temps, le samedi de chaque semaine lui était consacré. Le premier exemple certain de l'observance d'une fête en l'honneur de la Mère de Dieu se trouve dans le panégyrique de S. Théodose par Théodore, vers l'an 500. On y raconte que, dans les monastères de la Palestine, on célébrait chaque année, de la manière la plus solennelle, un jour commémoratif de la Mère de Dieu (OeoToxou ]xyr^\i'f) , OÙ tous les frèrcs se réunissaient. Malheureusement, à l'endroit cité, on ne donne ni la date de la fête, ni son nom; cependant, on pourrait admettre avec un certain fondement qu'il s'agissait de la fête du

1. Grisar, Gesch. Rom' s u. der Paepsle, i, 194; Marrucchi, Basiliques et églises de Rome, p. 247.

2. Cf. les calendriers édités par Selden, et le Synaxaire dans le Gard. Mai, Bibl. Vet. Pal. iv.

15 aoùl ([iii, de tout lemps, a passé pour être le jour de la mort de la Mère de Dieu K De môme en Espa«^ne,du temps de S. Ildephonse, évèque de Tolède (-j- 667), on célébrait solennellement une fête en l'honneur de la Mère de Dieu. Ce même évèque faisait les processions des Ro2^alions (lilania) pendant les trois jours qui précédaient la fête et il compo>a une Messe propre à ce sujet. Par malheur, cette fêle n'est pas spécifiée davantage; elle n'a pu être que celle du 15 août -.

Les fêtes de Marie célébrées actuellement dans l'Église apostolique sont, comme nous l'avons dit, en grand nombre ; parmi elles, les unes sont chômées, les autres ne sont célébrées que dans l'intérieur de l'église. On peut les diviser, par conséquent, en fêtes grandes et petites, et, eu égard au lemps de leur origine, en plus anciennes et plus récentes. Au nombre des grandes nous mettons l'Immaculée Conception, la Nativité, l'Annonciation et l'Assomption ; on peut y ajouter la Purification. Les plus importantes de la seconde catégorie sont la Présentation au Temple, les Epousailles, la Visitation, auxquelles il faut ajouter aujourd'hui la fête du Saint Rosaire.

Quoi qu'en disent maints Liturgistes, il ne saurait être question d'une année liturgique de Marie. En elTet, si Ton considère les fêtes dans leur ordre chronologique, les dates ne sont pas comprises dans les limites d'une année liturgique. D'après les mêmes principes que les fêtes des Saints, elles ont été fixées à des jours déterminés du

Page 1