NiCEPnoRUS, IJist. eccl. xvn
Chalcédoine, le 15 août a dû être adopté par l'Eglise universelle comme le jour de la mort de la Sainte Vierge, bien que les auteurs ecclésiastiques de cette époque ne lo meiitionnenl pas.
Nous n'avons malheureusement aucun renseignement sur rintroduclion de cette fête à Rome ; nous savons seulement que, sous le Pape Sergius f, vers la fin du vu® siècle, elle y élait célébrée ainsi que la Nativité et l'Annonciation. S. Léon ÏV ordonna depuis, vers 847, (lu'elle serait célébrée avec Vigile et Octave dans la basili([ue Saint-Laurent hors les murs de la ville. Dans le missel gol/uco-gallican du viieou viu« siècle, édité par Mabillon *, ainsi que dans le missel de Luxeuil du vu^' siècle, la fête est fixée non au 15 août, mais au 18 janvier 2. Cette circonstance permet de conclure qu'elle était en usage auparavant dans d'autres provinces ecclésiastiques en dehors de toute influence byzantine et qu'elle naquit en quelque sorte spontanément.
11 faut remarquer encore (pie la fête se rencontre déjà sous le titre de Assiimptio dans les canons de Sonnalius, évoque de Reims, qu'on allribue à l'an 630 environ 3, Dans les canons dits de S. BonifacCjOn remarque une certaine hésitation. Mais en vertu du canon 36 du synode de Mayence de 813, l'Assomption est garantie comme fête dans tout l'empire franc, tandis que le synode de 809 n'avait pas encore voulu l'adopter.
Chez les Latins, la fêle n'était pas appelée primitivement Assampiio, mais s'appelait exactement comme
1. MiGNE, Lxxu, 225. Cf. les annotations de Mabillon ib. col. 475.
2. Dans le Marhjrol. Luccense de Fiorentini, on lit au 21 janvier : Depositio h. Mariae matris D. n. J. C.
3. MiGNK, Lxxx, 440. Dans IIarduin, III, 2946, elle est également nommée.
chez les Grecs Dormiiio ou Pausaîio, appellation qui laisse planer le doute sur l'objet propre de la fête. On pouvait se demander s'il s'agissait simplement du décès de la Sainte Vierge, ou bien s'il était question de son assomption corporelle dans le ciel. Peut-être faut-il chercher là la raison pour laquelle, au ix*^ siècle, on élevait, par-ci par-là, des doutes sur l'Assomplion elle-même^.
S'éloignant de la pratique de l'Église d'Occident aussi bien que de celle d'Orient, les Coptes ont fixé au 16 janvier (21 Tybi) le jour de la mort de la Sainte Vierge et de son assomption au ciel. C'est ce qu'on lit dans le synaxaire du ix° siècle publié par le cardinal Mai et dans celui de Michel d'Atriba, tandis que le calendrier plus ancien du vii^ siècle, publié par Selden, marque en ce jour une fête Planchis dominœ Mariœ^ ce qui paraît vouloir dire la même chose 2.
Dans bien des diocèses allemands et slaves, c'est l'usage de bénir en ce jour les herbes des champs. Cette cérémonie, d'origine germanique, a été accueillie par le Rituel romain. On pense qu'elle est fondée sur un usage populaire ayant des rapports avec la moisson 3.
1. H. JÛRGENS, D/e /tZ/'c/î/. Ueberlieferung von der heil. Aufnahme Mariens in den Himmel. Innsbr. Zeitsch. fur Kath. Théologie, 1880, p. 595-650.
2. WÛSTENFELD, Synoxciriiim des Bischofes Michael von Alriba iind Malidach, 251 ; Mai, Script., vet. nova coll. iv, 1, 5 ; Selde- Nius, de Synhedriis III, c. 15, 320.
3. Une formule de bénédiction des herbes se trouve déjà dans le Rituel d'Augsbourg de 1487. V. Raich : Kalholih, 1901, ii, p. 1 44 ; Franz, Das Ritual von S. Florian aus deni xii Jahrh. Freiburg, 1904.