Iahu. Rampolla, De aulhenlico R. P. magislerio, dans la
fête ait encore pour but de célébrer la primauté conférée à S. Pierre, les prières liturgiques les plus anciennes de la fête le disent assez et la chose ressortira suffisamment dans le cours de notre exposé K
Mais comment fut-on amené à placer la fête de la chaire de S. Pierre (nous ne considérons pour le moment que la plus ancienne des deux fêtes) précisément au 22 février ? C'est là une question qui ne peut être résolue que par une étude critique des plus sérieuses. Les deux fêtes présentent, en effet, dans leur origine, des circonstances très spéciales. La seconde moitié de février se distinguait chez les Romains païens par des fêtes commémora tives populaires dont le caractère était mi-religieux mi-profane. Le 13 février, commençait la grande fête des morts appelée Parentalia ; elle durait huit jours, et le dernier de ces jours portait le nom spécial de Feralia, Pendant ce temps, on ne célébrait pas de noces, les temples demeuraient fermés et les magistrats, en paraissant en public, ne portaient pas les insignes de leur dignité. Le jour commémoratif des parents défunts et des au 1res chers morts était suivi aussitôt, au 22 février, de la fête des parents vivants, des chari^ d'où ce jour avait reçu le nom de Charislia ou cara cognatio. Bien que la fête n'ait pas son rang au
Revue La papauté et les peuples, II, Paris 1900, 8-48 ; Andries, Cathedra Romana elc. Mainz, 1879;Kellner, Verfassung, Lehramt u. Unfehlbarkeit der Kirche, Kempten, 1873.
1. Benoît XIV {0pp. inedita, éd. Heiner, 65) mentionne toutes les opinions des anciens critiques sur la signification de la fête, à savoir s'il s'agit de commémorer le jour de l'ordination de S. Pierre, ou son arrivée à Rome ou la fondation de l'Eglise Romaine. L'histoire de la fête est faite avec des données vieillies et la dissertation en grande partie tend à prouver que S. Pierre est venu à Rome.
nombre des actes cultuels de la religion de l'État romain et qu'elle n'eût pas de solennités publiques à Toccasion desquelles les collèges des prêtres officiassent ^^ c'était néanmoins une fête importante et très aimée. Aussi était-elle entrée plus profondément dans la vie populaire que certaines fêtes officielles. On la célébrait et on y prenait vivement part dans tous les rangs du peuple ; dans les maisons on couronnait les images des aïeux, on offrait un banquet aux dieux domestiques, on brûlait de l'encens en leur honneur et on leur immolait encore un petit cochon en sacrifice. S'était-il élevé au sein des familles des discordes, on commençait par se réconcilier, puis on accomplissait les cérémonies saintes dans l'union et au milieu de rires joyeux. Les hauts faits des aïeux célèbres étaient passés en revue, et le jour se terminait par un gai festin. On restait ensemble jusque dans la nuit, et on portait des vivats aux personnes présentes et à l'empereur 2.
En outre la charislia était une fête scolaire, à l'occasion de laquelle on ornait de feuillage les salles d'école et on présentait des cadeaux aux maîtres'^.
Une telle fête dut être souverainement populaire et profondément enracinée dans la vie du peuple. Aussi fut-elle adoptée partout où l'on parlait la langue latine, en Afrique aussi bien que dans la Gaule. C'est dans ce dernier pays que les festins, usités en ce jour, se conservèrent le plus longtemps.