‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 221 sur 299 · Ballon, div. off. c. 83. ; Migne, ccii · texte numérisé non relu

Ballon, div. off. c. 83. ; Migne, ccii

4. Greg. I, Ep. ad. Mell. xi, 76, al. ix, 71, Migne, lxxvii, 1215. Des réflexions semblables se trouvent déjà dans S. Aug. Ep. 47, T11EODOHET, De graec. aff. car. 8 ; Sidoine Apoll. Ep. iv, 15.

qu'on voit réalisée la tendance de rendre inotïensive une fêle païenne, en lui substituant une fête chrétienne.

Un fait particulier arrivé dans une région très éloignée prouve l'importance qu'on attachait à rendre chrétienne précisément cette fête de la Charistia^ en fixant à ce jour une autre fête. En effet, Polemius Silvius, évêque de Sion dans la vallée du Haut Rhône, composa pour 448 le premier calendrier chrétien que nous ayons. Il le dédia à S. Eucher, évêque de Lyon '. On y laisse <ie côté les jours de fêtes païennes, on élimine en général tout ce qui sent le paganisme et on n'y admet que des notices historiques et des notions météorologiques ainsi que quelques fêtes de Saints bien qu'en petit nombre. Au 22 février on y trouve cette insertion : deposilio SS. Pétri et Paiili ainsi qu'une remarque relative à la charistia qui fait connaître qu'on cherchait à éliminer la fête païenne de la cara cognatio. 11 est ensuite digne de remarque qu'on choisit dans ce but un événement différent de celui qu'on avait choisi à Rome, savoir la déposition des princes des Apôtres. Il est clair que dans la province du Haut Rhône qui faisait partie de la Gaule, et probablement aussi dans toute la province ecclésiastique à laquelle appartenait Sion, le 29 juin n'était point encore le jour de fêle des deux apôtres 2. D'ailleurs l'idée de Polemius Silvius de faire du 22 février le jour commémoratif des princes des apôlres, ne trouva pas d'imitateurs. L'usage se répandit plutôt

1. I-:<lité par Hknsciien, Acla SS. BolL .lunii 8 ; pnr Mir.M- xiii cl dernièrement par Mommsen dans le Corpus inscripl. lai. Lit. I.

2. Les évèques de Sion assistaient aux synodes de Màcon ; plus tard ils taisaient partie de la province ecclésiastique de Tarentaise. Wiltscii, Kirchl. Géographie u. Slatislik, I, 323, 3r)5.

et prit consistance surtout dans la liturgie de la Gaule, de célébrer, en ce jour, la chaire de S. Pierre. Le sens de cette solennité est exprimé dans ces mots de TOraison du jour : Deas qui hodierna die B. Peiriim post te dedisli capiit Ecclesiœ. L'objet primitif de la fête n'était donc pas la fondation ou l'organisation d'une église spéciale, par exemple de celle de Rome ou d'Antioche, mais l'élévation de S. Pierre à la dignité de chef de l'Église universelle ; en d'autres termes : la collation de la Primauté faite à S. Pierre ou bien, comme le veulent d'aucuns, son ordination à l'épiscopat [natale épiscopatus)K li faut se rappeler à ce sujet que, dans l'antiquité, on célébrait avec solennité les anniversaires de l'ordination épiscopale, qu'il existe dans les anciens sacramentaires des messes propres et dans les sermons de S. Léon le Grand des discours propres à cette circonstance.

Du iv^ au ix^ siècle, nous trouvons par conséquent cette fête du 22 février sans aucune addition qui la détermine davantage dans un grand nombre de calendriers et de martyrologes, notamment dans ceux de la Gaule. Parmi les plus récents qui ne présentent qu'une seule fête de ce nom, nommons celui de Wandelbert et celui de Corbeil de 826, publié par d'Achery ^ ainsi que le calendrier gothique. H y a aussi, à côté de ceux-là, des calendriers francs qui ne connaissent aucune fête de ce nom, par exemple celui de sainte Geneviève, du viiie siècle, édité par Fronteau, de même le calendrier dit de Charlemagne, puis le calendrier dit marmoréen

1. Mabillon, De Ht. Gall. II, 23 ; Migne, lxxii, 182, cf. ib. 472 et Mgr DucHESNE, Origines du culte chrétien, 266.

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