‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 226 sur 299 · Clementis Rom. Recogn. u · texte numérisé non relu

Clementis Rom. Recogn. u

2. D'après Mi^r Dichesne, l'auteur en serait un membre du couvent de Sainte Madeleine d'Oxford, appelé Raban, qui aurait écrit en 1456. Rietsch, 10. L'écrit est réédité dans Migne i, 112.

à la gouvernante de la famille de Béthanie — laquelle joua plus tard un rôle important. La seconde partie commence à la 1.3e année après l'Ascension de Jésus- Christ, lorsque S. Jacques le Majeur fut exécuté par le glaive et que S. Pierre fut incarcéré. A cette époque, raconte-t-on, Hérode Agrippa chassa les fidèles de la Palestine, ce qui porta les xVpotres à envoyer comme missionnaires dans l'Espagne et dans les Gaules vingtquatre disciples de Jésus, à la tête desquels se trouvait Maximin. Sainte Madeleine se joignit à eux et, à son exemple, sainte Marthe et Lazare ; celui-ci était déjà évèque à l'île de Chypre. Ils s'embarquèrent sans difficulté et, poussés par le vent sud-est, ils arrivèrent par la voie maritime ordinaire dans la Gaule méridionale, où Maximin devint évêque d'Aix en Provence. Les autres disciples se partagèrent dans les différentes provinces : les Gaules en avaient dix-sept, l'Espagne sept, en tout vingt-quatre, nombre exactement pareil à celui des disciples. Il est vrai que l'Espagne et les Gaules comptèrent ce nombre de provinces, non au temps de Notre Seigneur, mais seulement au v*' siècle, comme le démontre la notitia digniialum. Rien qu'à cela, on reconnaît déjà l'origine postérieure de la légende. Madeleine serait restée à Aix et aurait fréquemment prêché aux fidèles. D'après d'autres documents, elle aurait passé trente ans dans la grotte de la Sainte-Baume, près Marseille, menant une vie solitaire et pénitente. Lazare serait devenu évêque de Marseille et serait mort martyr.

Les renseignements de la littérature grecque concernant Lazare et ses sœurs sont moins détaillés et inspirent par là môme plus de confiance. Il n'y est pas dit

autre chose, sinon que l'empereur Léon VI aurait bâti en son honneur une église à Consfantinople en 887 et un monastère en 899 ^ où il aurait fait transférer ses reliques (et non celles de ses sœurs). Jusque-là ces reliques s'étaient trouvées à Cilium, dans l'île de Chypre.

Le Ménologe basihen ainsi que les Calendriers des Coptes et des Syriens prouvent que, dans TÉglise grecque, Madeleine recevait un culte public le 22 juillet. Au reste, les constitutions de l'empereur Manuel Comnène font une mention spéciale de la résurrection de Lazare, au deuxième samedi avant Pâques 2.

En Occident, les premières traces du culte de sainte Marie-Madeleine se trouvent chez Bède, puis dans les martyrologes de Raban, Adon et Usuard, toujours à la date du 22 juillet comme jour naialis. Le martyrologe hiéronymien ne connaît ni Lazare, ni Madeleine ; le nom de Marthe s'y rencontre, il est vrai, jusqu'à cinq fois, mais il ne saurait être question de la sœur de Lazare, puisque les jours commémoratifs (29 juillet et 27 octobre) ne sont pas les siens. Et si les martyrologes susdits ont inscrit Madeleine, ils sont muets cependant sur son voyage dans le Midi de la France. Il est vrai qu'Usuard mentionne au 17 décembre Lazare et sa sœur Marthe, mais c'est uniquement pour dire qu'une église a été bâtie en leur honneur près de Béthanie. Dans les livres liturgiques, le nom de Madeleine ne se fait jour pour la première fois que dans un missel de Vérone du x*^ siècle ; il se trouve ensuite dans quelques missels du

L MuRALT, Chron. Byz. I, 468, 477.

2. MoRCELLi, I, 101, 288. A. Baumstark dans la Boem. Quartalschrift, 1900, p. 310, donne un texte syriaque qui est indépendant delà tradition byzantine et qui indique Cibiuni comme étant le lieu du tombeau de Lazare.

xi*^, mais les missels qui suivent le rite romain [seciindam consneliidinem Rom. ciiriœ) ne la mentionnent qu'au xin'' siècle. Il en est de môme de Marthe K Lazare n'a pas encore obtenu de place dans le Bréviaire romain ; sa fête est accordée seulement à certains diocèses, {aliqiiibiis locis) et fixée au 17 décembre, sans que son office ait des leçons historiques.

L'allure du Bréviaire romain a encore cela de remarquable qu'elle permet de suivre le changement d'opinion qui s'est produit. Ainsi, pour sainte Madeleine, les leçons sont simplement tirées des homélies de S. Grégoire et ne mentionnent rien des circonstances de sa vie. Les leçons de l'office beaucoup plus récent de sainte Marthe (29 juillet) donnent la légende dans sa forme la plus récente avec les additions postérieures que ne connaît pas encore le pseudo-Raban. D'après elle, sainte Marthe avec les siens aurait été mise de force par les Juifs sur un navire sans gouvernail et sans voiles et serait arrivée néanmoins à Marseille.

Quant à Madeleine en particulier, il importe encore de prendre en considération la tradition d'après laquelle elle aurait été primitivement ensevelie à Elphèse. Celte opinion a pour représentant d'abord Grégoire de Tours, à la fin du vi« siècle, puis Modeste, évê(|ue de Jérusalem, au commencement du vii« siècle. Gelui-ci rapporte, qu'après la mort de la Mère du Sauveur, elle serait allé à Ephèse, auprès de S. Jean, où elle serait morte martyre. Le troisième témoin est Willibald, évêque d'EichstaeIt -,en cpialité de visiteur de son tom-

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