‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 230 sur 299 · SAINTE CÉCILE · texte numérisé non relu

SAINTE CÉCILE

nombre d'adhérenls el demeurait le plus souvent en dehors de la ville oi^i il mourut.

Si le Pape contemporain, peu importe son nom, a été à deux reprises u confesseur de la foi », la chose se véritie également pour Libère qui, sous Tempereur arien Constance, avait été exilé deux fois à Bérée. Après le synode de Séleucie-Rimini, en 359, Constance voulut le faire tuer parce qu'il ne souscrivit pas le symbole aiien, et il fut obligé de se tenir caché pendant deux ans dans les catacombes^ jusqu'à la mort du tyran (novembre 361.1.

Juscju'à nos jours l'opinion d'après laquelle le martyre de sainte Cécile aurait eu lieu sous Alexandre Sévère, comptait le plus grand nombre de partisans. On croyait répondre à la difficulté en admettant que le martyre avait eu lieu pendant que l'empereur faisait la guerre loin de la capitale. Mais ce moyen de se tirer d'alï'aire est arbitraire et ne résout pas les autres difficultés. 11 est inutile de s'arrêter aux autres dates que l'on a essayé de mettre en avant de nos jours. Quant aux dates données par les anciens, Adon et Usuard placèrent le marlyresous Marc Aurèle et Commode. De Rossifaitde même, manifestement parce qu'ils croient devoir le placer sous le règne collectif de deux empereurs, à cause de cette phrase du texte où le préfet emploie le pluriel : « les empereurs ont ordonné que les chrétiens seraient punis de mort » (chap. 24). Mais cet ordre tout à fait général était répété dans toutes les persécutions depuis Néron jusqu'à Dioctétien. 11 faut avouer que l'essai le plus ancien fait pour fixer la date du martyre

1. GiîiSAiî, Alt. Liherius dans Kirchenlexikon, vu, l'J45 ; et J. W'iLTKi, Papa Damasus dans Roeni. Quarlalscfi. 1902,77-86.

était moins éloigné de la vérité ; c'est celui du premier rédacteur du Liber pontificalis, bien que son autorité soit peu estimée en histoire : il place sainte Cécile sous Dioctétien.

La famille de Turcius n'était pas originaire de Rome mais de Samnium, où nous rencontrons ce nom au iii^ siècle ; c'était celui d'un propriétaire de briqueterie à Fidènes ^. Peu de temps après, des membres de la famille s'élevèrent aux hauts emplois de Tempire^et dans l'été de 363 Turcius Apronianus devint préfet de la ville de Rome, où il se distingua comme persécuteur des chrétiens. Sa femme était une sœur de JMélanie l'ancienne, disciple de saint Jérôme, qui l'amena vers l'an 397 à se faire baptiser avec toute sa famille. Etant devenu chrétien, lui, le sénateur romain, eut des rapports amicaux avec S. Paulin de Noie et le prêtre Rufin 3, et sa famille florissait encore à la fin du v*^ siècle, époque à laquelle un Turcius Asterius Secundus était consul. Étant donné cet état des choses et la situation importante de la famille, on s'explique aisément que, dans la littérature ecclésiastique même plus tardive, ou n'ait pas fait mention du martyre de sainte Cécile dans lequel un Turcius avait joué un si vilain rôle. D'autre part, il serait inexplicable que les prédicateurs et les poètes de cette époque eussent laissé de côté un si

1. Dessau u. von Rohden, Prosopographia imperii Rom. III, Berlin 1897, S-^IO.

?. Cf. les recherches de Noms, Ctnolaphia Pisana, Venet. 1781, 431 et de Muratori, Dissert. I-II dans les opéra s. PaiiUni Nol. MifiNE, Lxi, 779.

3. Paulin. Nol. PoëmaIX ; v. 60-80, 210-215 et 285-290 ont trait au père, les v. 314-324 au fils Turcius Asterius. cf. Muratori, 1. c.

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riche sujet i. On ne connaît rien autre chose de Turcius Almachius que ce que nous en fournissenl les actes (lu martyre de sainte Cécile. Il a dû être préfet de la ville depuis la fin de 361 jusqu a l'automne de 362.

Tout bien pesé, il faut avouer que la relation du martyre de sainte Cécile donne lieu aux plus graves réserves. C'est si vrai que les ciiliques chercheurs les plus autorisés dans ces matières, tels que Tillemont et Baiîiet, étaient porlés à en nier complètement Tautorilé. Le seul moyen de sauver au moins le fait luimême, c'est de le placer là où il doit Têlre, c'est-à-dire au temps de Julien.

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