SAINTi: CATHERINE
La fêle de sainte Catherine est de date plus récente ; mais elle s'est répandue rapidement dans l'Église occidentale el elle est devenue très populaire. Non seulement des facultésde théologie ont choisie la Sainte comme Patronne, mais son jour commémoralif (25 novembre) était
1. Cf. ma dissertation dans Tiib. Oiiarlalsch. 11)02, 237 ; 1903, 321 ; 1905, 258. Le I^ère IIippolyte Di:LAnAYi: dans la partie biblioi;ra|)hi<{uc des Analecla BolL xxii (1903) p. 86 a rendu compte de ces articles et a traité mes conclusions de « trop ingénieuseset fragiles » sans cependant leur opposer aucun argument. Mon [)remier adversaire, le D' Kii'sch, a eu du moins le mérite d'y découvrir une faute d'impression. A moins (ju'il ne faille voir un essai de réfutation dans cette remarque que la depositio marlyriini ne renferme pas tous les noms des martyrs, ce à (pioi d'.'iilleurs je ne contredis pas. Mais si elle ne renferme pas tous les nvirlijra reconnus {recoynilos) de Home au commencement du IV' siècle, (die ne sera i)lus qu'une i)ièce sans valeur eldont on ne peut rien faire. Le Père Delaliaye semble ne pas comprendre que, dans l'élude de pareilles matières, il faut avant tout établi»' les conditions de l'administration de l'enq^irect l'élatdes fonctiormaires romains de l'époque.
très fréquemment adopté pour la tenue des marchés annuels et son nom souvent donné aux enfants aussi bien chez les familles riches que chez les pauvres. Dans sa forme primitive le nom s'écrit Aecatherine (AtxaTôpîva); aujourd'hui encore on l'écrit en russe Jekaterina. Il n'y a donc pas lieu de le dériver du grec xa6apo;. Catherine aurait été une noble vierge d'Alexandrie. D'après la légende, elle aurait, pendant la persécution de Dioclétien, fait des reproches au tyran Maxence au sujet de sa cruauté. Arrêtée à cause de ce crime, elle aurait eu l'occasion de discuter avec cinquante philosophes qu'elle aurait, non simplement vaincus, mais encore convertis au christianisme. Après cela, l'impératrice qui avait entendu parler de sa sagesse, l'aurait visitée dans son cachot, accompagnée de 200 soldats. Les soldats convertis également par elle ainsi que leur chef, auraient tous été condamnés à mort par l'empereur. Vint ensuite la torture pour la martyre elle-même, où du lait serait sorti de ses plaies au lieu de sang. Finalement elle aurait été exécutée par le glaive. Voilà le récit tel qu'il se trouve dans Siméon Métaphraste. Le développement ultérieur de la légende ajoute que son corps aurait été porté par des anges au mont Sinaï.
Pas n'est besoin d'avoir l'espritcritique bien développé pour être choqué de l'étrangeté de ce récit ; aussi la science contemporaine est à peu près unanime à le rejeter ^. C'est pour cela que nous ne toucherons que la
1. NiLLES, Kalendariiim, qui, dans les questions épineuses, ne se préoccupe guère du désir qu'ont ses lecteurs d'être informés, passe également Catherine sous silence. Par contre Kaulen, dans la seconde édition de son Kirchenlexicon (vu, 335), a accueilli l'article critique de Pfûlf ; celui-ci néanmoins ne résout la question qu'à demi.
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question de la fêle. Non seulement ranliquilé chrétienne n'en sait rien, mais encore — et ceci est décisif — les calendriers syriaques et égyptiens, publiés par Selden et par le Cardinal Mai, ignorent le nom de cette martyre. De tous les documents grecs, le ménologe basilien est le premier qui l'ait adopté ; les Latins ne le firent qu'au xiv*^ siècle. Durand d(^ Mende, qui prend en considération toutes les fêtes de Saints les plus importantes, ne mentionne pas sainte Catherine ; le Liber ordlnariiis de Sienne, terminé en 1263^, ne la connaît pas davantage. Dans les nombreux Missels italiens examinés par Ebuer, sainte Catherine ne se trouve régulièrement que dans les appendices qui datent du xiv® siècle. Un seul Missel appartenant à Téglise de Trani et datant du xni^ siècle, l'a dans le corps du texte. On peut déterminer avec assez de précision l'époque à laquelle la légende se propagea. En effet sainte Catherine manque encore dans le ménologe de Constantinople, tandis qu'elle est marquée dans le ménologe basilien comme martyre de second ordre. Cependant à la fin du xf siècle la légende était connue en Occident ; la plus ancienne mention qui en soit faite ce sont les trois poésies d'Alfan, abbé du Mont Cassin, plus tard archevêque de Salerne. Cet homme est appelé par S. Pierre Damien un homme véridicpie ; mais il a dû être bien crédule comme le prouve une histoire rapportée par lui et (|ui a pour objet un Potentat byzantin dont il tait le nom 2. Selon toutes les apparences, cet Alfan fut le premier qui fit connaître la légende en Occident.
1. Carmina, 22-24, édition Ughkli.f, Il.il. \>. 10, 17 ; Mionk, cxlvu,