MoRC.ELLi I, 219 et Acta SS. Boll. 1. c
ville en enseignant que Jésus-Christ est subordonné aux anges et qu'il faut les vénérer el invoquer avant lui. S. Paul rojeUo celle doctrine comme une hérésie (Col. II, 18j. Elle se niainlinl malgré cela ; car au iv*^ siècle, le synode de Laodicée se vit encore obligé de détourner de ce faux culte des Anges (can. 35) ^ Cette défense n'est pas générale, car, dans le même temps et dansd'aulres contrées, S. Ambroise et S. Hilaire engagaientles fidèles à invoquer les anges ^. Mais le culte direct des anges se maintint à Colosses, car le lAlétaphrasle rapporte une apparition de S. Michel, qui aurait eu lieu là, et en Thonneur de laquelle Manuel Comnène aurait prescrit de célébrer comme demi-fete, le 6 septembre, l'apparition de Saint-Michel à Chonée {Apparilio S. Michaelis in C/ionis).
La première église érigée à Rome ou près de Rome en l'honneur de S. Michel, semble avoir eu également un grand prestige. Car le sacramentaire romain le plus ancien qui porte le nom de S. Léon-le-Grand, ne renferme pas moins de cinq messes pour le jour anniversaire de sa dédicace. Dans trois de ces messes, S. Michel est nommé à part dans les oraisons et dans la Préface. Si cette particularité ne s'observe pas dans les autres messes et s'il n'y est question que des anges en général, il ne s'en suit pas, comme l'ont pensé certains liturgistes, qu'il n'y soit c|uestion que d'un culte général rendu à tous les saints Anges. L'église était située sur la voie Salarienne, et, comme le précise une indication
1. S. Ki'nMiAM., Huer. 21 et ïni';oDOiii;T dans son commentaire .sur Coi. H, 17, luerilionneiit éiiralement cette hérésie. CI". Tiio- MAïiSIN, 440.
'.>. S. Ambiîos. Kl). 21 ^al. II ; Hm.aimis, Ilom. in Mallh. 28 et /n /'.s. 119 (ît 137 ; cf. P,aii.i.i;t m, 2, 104-113.
postérieure, à la sixième colonne milliaire, à six milles par conséquent de Rome ; d'antres indications à son sujet font défaut.
Les messes pour le jour de la dédicace de la Basilique de S. Michel sur la voie Salarienne ' se trouvent dans le sacramentaireléonienà la daledu 30 septembre. Quant aux sacramentaires romains suivants, nous avons dans le sacramentaire gélasien les oraisons d'une messe en l'honneur de S. Michel à la date du 29 septembre ; le sacramentaire grégorien renferme, à la même date, la dédicace de la basilique de Saint Michel, mais sans ajouter sur la voie Salarienne ^.U est probable^ par conséquent, qu'en cet endroit il est question d'une autre église de Saint-Michel dont la dédicace eut lieu non le 30 mais le 29 septembre. Le jour de cette dédicace est demeuré jusque dans nos temps le jour de la fête de l'archange S. Michel.
En effet une église avait été dédiée en son honneur dans la ville même. On ne sait ni où ni comment, mais le Liber poniificalis, en parlant des constructions d'églises du Pape Symmaque (498-514) dans la ville de Rome, mentionne qu'il a agrandi et embelli la basilique Saint- JMichel ^, Une autre encore fut bâtie près du cirque flaminien par un Pape du nom de Boniface, sans qu'on puisse dire lequel ^ ; le ix'' siècle y ajouta encore colle
\. Sacram. Léon., Migne, lv, 103.
2. Cette addition se trouve encore dans un missel de Padoue du ix' siècle. Cf. Ebner, iter ilalicum, p. 127.
3. Liber pont. éd. de Mgr Duciiesne, L 262: inlra civitalem. Voy, la note du docte Prélat.
4. Acla SS. Doll. Sept. tit. VIII ; Ado, Marlyrol. 29 sept. D'après Adon, elle se trouvait in summilale c/>c/; d'après Baronius : circiili molis Iladriani, c'est-à-dire sur la terrasse du château Saint- Ange.
appelée in Sassia. Les provinces ecclésiastiques de TOccident adoptèrent à peu près toutes la date romaine du 29 septemijre pour la fêle de S. Michel'. Au moyen âge elle était fètcde précepte, notamment en Angleterre, où le roi Etlielred la pourvut même en 1014 d'une vigile et d'un jeûne préparatoire de trois jours '^. En Allemagne, la lete avait été adoptée déjà par le synode de Mayence de 813, can. 36 et la bannière de TEmpire qu'on portait en lèle des batailles, montrait l'image de l'archange S. Michel. En Erance, le synode diocésain de Tours de 858 (can. 61) re(*ut la l'ète. A Gonstantinople, le jour fixé pour la fête était le 8 novembre ; dans le ménologe elle porte le nom de Synaxis de l'archange Michel, tandis que dans le ménologe basilien ce môme jour est appelé en général synaxis de l'archange. Dans le calendrier copie plus récent de Calcasendi, le nom de S. Michel ne se rencontre pas moins de six Ibis (les 7 avril, 6 juin, 5 août, 9 septembre, 8 novembre et 8 décembre) ; dans le lectionnaire syrien il est marqué au 6 septembre.
Dans l'Occident, une seconde lete s'ajouta à la première dans le cours du vi*^ siècle. L'occasion en fut une a|)parition qui eut lieu le 8 mai près de Sipontaumont Gargan. L'année est malheureusement inconnue. Les Bollandisles la placent entre 520 et 530. Le mont (iargan devenant, tout comme Ghonée, un lieu de pèlerinage, la fête, de locale qu'elle était d'abord, fut connue en d'autres lieux de l'Occident. Mais les calendriers et les martyrologes la confondent frécpiemment avec la fêle du 29 septembre, comme par exemple doux