‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 253 sur 299 · DuciiESNE, Orù/ines · texte numérisé non relu

DuciiESNE, Orù/ines

2. Ebner, lier Ilalicam 381, soulienL coniro Phoest qu'il ne s'ngissait pas d'un exemplaire ancien, mais bien d'un ouvrage qui était alors en usage à Rome.

3. Ep. Iladr. 49. Cod. Carol. 72; IMigni:, xgviii, 435, Le plus ancien des manuscrits qui existent, et ils sont nombreux, est le Codex Oltobonianus 313 (ix« siècle) qui vient de Paris. Le manuscrit de la bibliothèque du grand séminaire de Mayence date du milieu du ix* siècle. Le Codex 137 de la bibliothèque du chapitra de Cologne est de la (in du même siècle ; le Codex 88 de la même bibliothèque a été écrit un peu plus tard.

4. Tous sont reproduits dans Migni:, lxxif, d'apiès les éditions de Madillon.

LI<:S SOURCES IJTriUilQUES 4À'\

missel cl rolfice mozarabe sont égalemenl d'une 1res grande» imporlance.

^'i(Ml^ent ensiiilc los Calendriers ecclésiasliiiues et les Martyrologes. Qnanl aux premiers, il l'aul remarquer que les livres liturgiques mentionnés plus haut élaienl £2^énéralemenl disposés suivant Tordre du calendiier en usage dans le pays, oîi les fêles mobiles et fixes se trouvaient insérées poui* le mieux. A mesure que le nombre des l'êtes augmenta, les calendriers furent traités comme des catalogues de letes indépendants, ils apparaissent tantôt comme des livres séparés, tantôt comme faisant partie d'autres livres liturgiques, et dans ce cas, ils sont généi'alement placés en tète et forment la première partie du livre.

Tandis que les calendriers ne portent pour les diiïérents jours que le nom des Saints ou de la fêle, les Marlyroloyes ou Synaxaires donncnl encore d'autres informations relatives au temps, au lieu, aux circonstances de la mort, à la condition du personnage etc., suivant que l'auteur avait à sa disposition plus ou moins de renseignements. Parfois ces notes s'élargissent au point de devenir des notices historiques étendues. Les marlyrologes sont par conséquent de nature bien disparate. (Juant à l'utilité qu'ils présentent, les calendriers ont plus de valeur et offrent plus de sécurité, bien qu'ils soient sobres de détails. Les martyrologes, en elfet, furent ordinairement compilés par des personnes privées, bien qu'ils fussent, en partie, destinés à l'usage des églises ; tandis (jue les calendriers, comme tels, participent au caraclère officiel des livres liturgi(]ues dont ils forment une partie. Aucun cbangemenl n'y pouvait

être introduit à Tinsii et sans l'approbation du chef de l'Eglise ou de la corporation '.

Il existe un grand nombre de calendriers manuscrits des temps anciens, puisque tous les missels et tous les bréviaires en étaient pourvus. Leur valeur historique dépend de leur âge, et quand on les utilise, il importe d'en connaître le lieu d'origine ou l'endroit auxquels ils étaient destinés. Les noms des Saints locaux qui s'y rencontrent rendent les meilleurs services pour fixer ce point. Aucun calendrier ne doit être rejeté comme ne présentant aucune utilité, car le cas échéant, il peut au moins servir pour l'histoire locale. Pour ce motif et pour d'autres encore, on s'est appliqué dans ces derniers temps à les étudier avec une ardeur qui va grandissant ; plusieurs d'entre eux ont été imprimés (îl peuvent par conséquent être consultés par tout le monde (v.§41). Les jours marqués dans les calendriei'S sont les jours de la mort des Saints (v. plus haut § 24). Mais on y indique également comme fêtes particulières, les jours des translations, c'est-à-dire les jours où nue église a reçu les reliques d'un Saint. Or, s'il arrive que dans des calendriers différents, un Saint est marqué en plusieurs jours, on doit régulièrement prendre comme date de la mort, celle qu'indique le calendrier de l'église où il est mort ; on considérera les autres comme n'étant que des jours de translations 2.

5. Une dernière classe de sources nous est fournie par les ordos des différents pays, des diocèses ou des instituts ecclésiastiques {ordines, ordinarla, iijpica). Pri-

1. BiNTKiïiM, Denhw. v ; 18 suiv ; IIontiikim, Prodromus, 1. 358.

2. V. ma disserlalion dans Tublnger Qiiarlalschrift 1905, p. 596-

miliveinent ils n'élaieiit pas composés seulement pour une seule année, comme le sont aujourd'hui nos directoires ; mais ils renfermaient la liste des solennités liturgiques, des jours de jeune, etc., qui revenaient tous les ans dans les dilïerents monastères ou dans les églises cathédrales ; de plus, ils expliquaient les parlicularités du service divin. 11 faut ciler au premier rang, quant à la valeur et à l'importance, les Ireize plus anciens Ordos de TEglise Romaine, recueillis et édités par Mabillon. iMais ce n'était pas seulement Tl^glise mère et maîtresse de la chrétienté qui possédait de tels Ordos du service divin ; des monastères et des diocèses en avaient de pareils. Quelques-uns d'entre eux ont été imprimés et publiés ^ ; d'autres attendent encore qu'on les ren<lo publics.

RE:\iAnoLEs sur les Typica.

Les liturgistes et les rubricistes grecs désignent sous le nom de Tijpica de petites parties de la Liturgie composées de versets des Psaumes et employées dans la psalmodie de l'office aussi bien que dans la messe ; dans le rite latin on ne trouve pas l'équivalent de cette particularité (Léo Allatius, De libvis ceci, gvaecis 14-15. Daniel, Ihes. lill. IV, 313,319). Ensuite Texpression de xuttixov est très usitée dans le langage commercial, surtout à l'époque byzantine, et a le sens de slaîiit, vèglcnienly etc. Elle est surtout employée pour désigner deux sortes de documents: 1° les états de propriété des instituts ou corporations ecclésiastiques, surtout lorsque ces possessions proviennent de donations par testament ; elle désigne de môme les obligations qui en découlent pour le clergé. Ces sortes

L Tel est l'ordinaire du diocèse de Rome et autres dan» MiGNE, cxLVH, 157 ; les Consuetudines Auellanenses, ibid. cli.

de typica sont appelés palrirnoniales (x.Tr,Top'.xà) et correspondent aux cartuiaires et aux Iradiliones des monastères et des évèchés de TOccident. — La seconde espèce de typica est d'ordre liturgique et, à ce titre, ne peut être passée ici sous silence. Ils l'enferment le catalogue des fôtes, des actes liturgiques, des jeûnes etc. qui reviennent dans le courant de Tannée et qui doivent être observés dans une église, dans un monastère ou dans un institut important, avec Findication précise des règles particulières à observer. Ils correspondent aux Consueliidines ou usages des monastères et des cathédrales de FOccident.

Nous possédons un grand nombre de typica de cette seconde espèce, mais il y en a peu qui soient édités ; de plus, les éditions ne sont pas d'un grand usage au ])oiiit de vue critique. Les plus connus et les plus importants sont : 1" Le Ujpiciim de saint Sabas ; 2° celui du monastère de Sliidiiim près Constantinople ; 3o celui du monastère autrefois important de Saint Auxentius en Bithynic, aujourd'hui Ka-ish-dagh ; il date du temps de Michel Paléologue (t 1282).

On regarde parfois le Tijpicum de saint Sabas comme une source en fait de Liturgie et d'éortologie, mais on ne doit s'en servir qu'avec une extrême prudence. Il lire son nom moins de la personne de saint Sabas que du monastère de son nom près de Jérusalem. Léon Allaliiis nous donne sur son origine les renseignements suivants tirés d'un dialogue de Simon de Thessalonique. Saint Sabas établit pour ses moines la psalmodie et un ordre des offices divins. Ce règlement appelé otaTJTrcocr'.: fut perdu à l'occasion des invasions et des dévastations des Sarrasins ; mais le Patriai'che Sophronius le rétablit de mémoire et saint Jean Damascène le remania. Plus tard, il fut plusieurs fois modifié suivant les besoins de l'époque et imprimé au xvie siècle (par exemple à Venise en 1 545) pourFusage pratique. Dans cette forme, le règlement contient Fordre litur-

Li:s cali:m)1ui:iis lituiuuqi i:s 447

gique de toute l'année à l'usage des luouastèrcs vivant selon la règle de saint Sabas, des Hul)ri(iues pour la psalmodie, les jours de l'èle et de jeûne avec Tindication de la liturgie à suivre, les leçons, le ménologe, des instructions sur la manière de psalmodier, des règles de vie et des slaluts pour les moines, et autres choses semblables tirées des Pères de TÉglise grecque. Il paraît que leur forme actuelle est due à un remaniement oi)éré au XII'' siècle par Jean le Grammairien à Constantinople. Il ne faut donc pas y voir l'œuvre de saint Sabas et partant ne pas en faire usage dans les recherches relatives aux usages ecclésiastiques antérieurs au xii^ siècle.

De nos jours, on publie de temps à autre, dans l'Église orientale, des Tijpica qui correspondent à peu près a nos directoires actuels.

Outre les auteurs cités, il convient de mentionner les écrivains suivants qui ont traité de cette matière : TheonORUS ToscANUs, Ad Tijpica graecoriim aniniadversiones, Romae 1864. — Pitra. dans le Spicileg. Solesm. iv, 466 suiv. o67 suiv. — Ehrhard, Roeni. Quarlcdschrift, 1893 ; Krum bâcher, Bijzanl. Zeilschrifi, ii, .348 ; m, 167 suiv. Waldemau \yssen. Die Dialaxis des Michael von Altcdia von 1077, lena 1894. MEYER,dans Theol. Lileraliirzeiliing von Schiicrer und Harnack 1894, 586 suiv. et 1896 Nr. 10. Gedeon, Mt/.aT,X -jyj -xAoL'.olô^^oj T'j-'.y.ôv, etc. Constantinople 1895.

^5.39. — L7:S CArALOGUES DES DÉPOSITIONS

et les /)U[s anciens calendriers de ière chrélienne.

Le culte des Saints, et spécialement celui des martyrs, était affirmé dans la Liturgie de diverses manières. Chez les Latins, il l'élait également dans la Liturgie de la messe; car, de bonne heure, on composa des messes propres pour les commémorations des Saints plus

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célèbres et vénérés publiquement. Ces messes furent d'abord introduites dans les sacramentaires ; et quand le nombre en fut plus considérable, elles formèrent une partie à part appelée le u Propre des Saints » [Propi'iiim Sanctoriim). Ceci ne fut pas possible chez les Grecs qui disent lous les jours la même messe et n'ont que deux ou trois formulaires différents qu'ils font servir pendant toule Tannée ecclésiastique.

En dehors de la messe, le culte des Saints trouva sa place dans les heures canoniales et dans la psalmodie, et cela dans l'Église orientale et dans l'Église occidentale. Chez les Latins, c'était déjà l'usage dès le vi^ siècle de lire dans les heures canoniales des passages tirés des actes des martyrs { passiones mariyrurn), ainsi que l'atteste Aurélien d'Arles ^ ; ce sont là les commencementsdesleçons du second Nocturne de nos Bréviaires actuels.

Dans la suite on disposa selon l'ordre du calendrier, des collections de biographies des Saints pour toute l'année qui, de leur partie principale, prirent le nom de Martyrologes. Avec le temps ceux-ci se divisèrent en deux espèces : les légendes plus étendues qui se prêtaient davantage à l'édification privée, et les martyrologes qui se distinguaient par une forme plus concise ; ils demeurèrent destinés à l'usage des églises. Bien qu'à proprement parler ils ne fassent pas partie de la Liturgie, néanmoins on lisait à l'heure de Prime le nom des Saints dont la fête tombait en ce jour ; il est possible que le synode d'Aix-la-Chapelle tenu en 817 (can. 69) fasse allusion à cet usage ^. Ces martyrologes

L Régula ad monachos, Migne, lxviu, 396.

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