Ut ad capitulum primitus martyrologium legatur et dicatur
cléi'iveiit des dyplicjues cl des calendriers des églises parliciilières, dont ils sonl une compilation et une amplification, (^.omme les calendriers, ils contiennent simplement les noms des Saints, mais avec l'indication du lieu et parfois aussi avec l'indication vague des temps.
Les martyrologes tendent à être complets sous diflerenls points de vue : d'abord on tacliail de réunir en une collection et de marquer au jour de leur mort, le nom de tous les Saints qui avaient soufTert dans toute l'Kglise, n'importe où ; ensuite on cherchait à remplir le calendrier, de manière à ce que chaque jour pût présenter au moins un Saint. Cette seconde tendance ne s'observe qu'aune époque postérieure; en Occident nous ne la remarquons qu'au vii^ et au viii^ sièc'e, mais, depuis cette époque, elle devint de plus en plus commune. Les premiers essais faits dans ce sens n'eurent pas la prétention d'arriver à un résultat complet, car ils n'embrassaient pas l'Église universelle mais se bornaient à des parties importantes de son territoire, comme on peut le voir dans les martyrologes ariens et carthaginois. Plus tard la tendance d'embrasser l'Église universelle se fait décidément jour, ainsi qu'on le voit dans le martyrologe dit hiéronymien.
(Juant aux livres liturgiques des Grecs, le terme de Me'nologe est identique, comme signification, à celui de martyrologe. On entend par là des catalogues de Saints réunis en forme de calendrier, disposé par mois ; ils ne renferment pas autre chose, sinon les simples noms marqués au jour où le Saint est vénéré dans l'Eglise. Les biographies détaillées des Saints, disposées par
versus, deinde refoula anl homili.i (iiiaclibeL legalur, deiiidc « Tu aulem » dicalui*. (IIahdouin, Conc. iv, 1232).
ordre de mois et de jours, sont appelées Menéees ; les extraits de ces recueils portent le nom de synaœaires *. La série de ces recueils s'ouvre par deux documenls provenant des archives très anciennes de TÉglise Romaine. Ils se complètent l'un par l'autre et forment un tout. Nous voulons parler du catalogue dont il a été fait mention plus haut des jours anniversaires des Papes et des Martyrs. C'est d'abord la depositio episcoponim^commençant à Lucius et allant à Jules I ; puis la deposilio martyriim qui contient la liste des martyrs delà ville de Rome, mais qui ne va que jusqu'à 304. On y a fait entrer trois martyrs qui ne sont pas de la ville de Rome, à savoir: saint Cyprien, sainte Perpétue et sainte Félicité. Le rapport mutuel de ces deux documents ressort déjà du seul litre qui est le même pour les deux, et aussi de ce fait que saint Sixte, qui se trouve dans la liste des martyrs, est omis dans celle des Papes. Celte dernière ne comprend que l'époque de Lucius (f 255) à Jules I (f 352), soit que l'auteur n'ait pas eu de matériaux pour les temps plus anciens, soit que son but n'ait pas demandé autre chose. La liste des martyrs comprend aussi les Papes lorsque ceux-ci ont été martyrs, comme par exemple saint Pierre, saint Clément, saint Calixle, saint Pontien, saint. Fabien et saint Sixte. En fait de martyrs qui n'ont pas été évêques^ nous rencontrons ici, à côté des célébrités de la ville de Rome, telles que sainte Agnès, saint Laurent (sainte Cécile n'y figure pas), des noms d'un grand nombre de Saints peu connus. Si nous demandons d'après quels principes ou d'après quelles règles on s'est décidé à faii'e entrer dans la liste tel saint
1. Léo Allatius, De libris eccl. Graecoram, Romae, 1645, p. 78» 82, 91 ; Daniel, Cod. lit. iv, 320 suiv.
plulot que tel autre, Mommseu ^ uous répond que le titre (.ruii docuuieul similaire de -('arlhage résout la question, à savoir « qu'il renferme les noms des martyrs et des évèques dont l'anniversaire est célébré clia(iue année dans TÉglise ». Les deux catalogues ont d'abord été publiés par (ailles Boucher et l'orment une partie du recueil de calendriers par Denis Philocalus^.
Puis vient un calendrier de l'Eglise de l'Afrique du Nord. Il date du v« siècle el a été publié par Mabillon d'après un manuscrit du vn« siècle ayant appartenu jadis à l'abbaye de Cduny. Le texte primitif s'arrête après l'année 505, car Eugène, évoque de Carlhage, s'y trouve encore nommé. On y voit en outre, saint Jean-Baptiste, quelques apôtres et parmi les martyrs non africains : Sixte, Gervais et Protais, Laurent, Clément de Rome, Eulalie, Félix de Noie, Agnès, Agathe, Vincent et les Macchabées, des Saints par conséquent qui appartiennent à l'église de Rome et d'Espagne. Malheureusement, la liste présente plusieurs lacunes, le manuscrit étant très passé.
Le calendrier de Philocalus pour l'année 352 ne renferme encore rien de chrétien 3. Par contre, le calendrier disposé entre 435 et 455 par Polémius Syivius ^^ évêque
1. Mo.MMSKN, Ueher den CJironorjrdphen von 351, i^eipzii;-, 1850, p. 581. N'oici le litre en question ; Ilic conlinenlur dies nalaliriorum nhirli/nun et deposiliones episcoporiini, qiios ecclesia Car- IhdijinU anniuersaria célébrai.
2. V. une nouvelle éditi(m des ilcux dépositions avec le calendrier de (larthage dans II. Liktz.mann, Die drei aelleslen Marlijrolofjien, Bonn. 11)03. cfr. ci-dessus, j). 189.
3. La renianiue de Ti:uffel {Gesch. der roem. LU. iv. 118), que tout ce qui sentait la superstition païenne avait été omis, esl inexacte.
i. V. pour les éditions, j). 395.
de Sion, nous intéresse davantage, car il a une empreinte de paganisme et de christianisme. Pour ce qui est de sa destination, de son caractère, du temps et du lieu de son origine, on trouve ces renseignemenls dans l'ouvrage lui-même. 11 n'est pas calculé pour une année déterminée, ou du moins il est impossible d'en préciser aucune, car les lettres dominicales et les fêtes mobiles etc., y l'ont défaut. En fait de fêtes païennes on y voit les Carmenialia, les Liipercalia, les Terminalia, les Qiiinqaatria et la lavatio Cereris, par conséquent bien de-s choses qui rappellent la religion païenne. Les Saturnales sont considérées au point de vue civil, non au point de vue religieux. Elles figurent au 17 décembre, comme feriae servonun avec la fêle parallèle, le 7 juillet, du feriae ancillariim. Puis il y a beaucoup de commémorations civiles, celles entre autres, du 7 janvier et du 13 septembre, ainsi qu'un grand nombre d'anniversaires [natales) d'empereurs.
Le nombre des fêtes et des commémoraisons ecclésiastiques est très restreint ; il se borne à l'Epiphanie, au 25 mars comme jour de la mort de Jésus-Christ et au 27 mars comme jour de sa résurreclion, à Noëletà six fêtes de saints, au nombre desquelles il y a la depositio Pétri et Pauli au 22 février au lieu du 29 juin ; puis viennent Vincent, les Macchabées, Laurent, Hippolyte et Etienne aux jours en usage ailleurs. A côté des anniversaires des martyrs il y a les natales d'écrivains tels que Cicéron et Virgile. Enfin on y marque les jours où se tiennent régulièrement les séances du Sénat et les jeux du cirque. Le nombre de ces derniers, comparé à celui que marque le calendrier de Philocalus, est déjà bien diminué. Dans le dernier, il y en a plus de cent,
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dans rauUe, il n'y en a plus que cinquanle-lrois. Nombreuses sont les observations météorologiques. Il est manifeste que le calendrier est (ail en faveur des Provinciaux de la parlie occidentale de l'empire, qu'il tient compte des besoins ecclésiastiques et, plus encore, des besoins civils et ({u'il répond aux premiers d'une manière bien imparfaite.
t^ 40. — /./; CALlJXDRILRAHIhX DU IV^ SIÈCLE
(versSîO-SHO).
Tant à cause de son antiquité, qu'à cause de son contenu et de sa disposition, le martyrologe arien, édité en 18()5 par ^^^^^'right', est, dans l'étude présente, du plus haut intérêt. On sait que les Ariens étaient un parti remuant qui, dans ses elîorts pour attirer à lui la dominalion de l'Église, a eu, jusqu'en 380, beaucoup de succès. Un des moyens employés dans ce but fut d'entourer de l'auréole de la sainteté le plus grand nombre possible des leurs. Ce fut notamment Philoslorgius, historien ecclésiastique arien, qui se proposa ce but. En plus d'Agapit et d'un certain Théophile qui travaillait dans rinde, il fit des saints d'Aëtius, d'Eunomius et de Leontius, connus pour être les chefs de l'arianisme rigide et les présenta comme des thaumaturges^. Ainsi s'explique l'autre fait que les Ariens mirent, à diverses reprises, la main dans le champ de la Liturgie. On sait qu'ils ne vou-
1. W. W'iïKiiiT dans. /o;//vîa/ o/".sac/'(v/ /^//f/v//«/T, octobre 18G5 et janvier ISGC). Meilleure est léclition de ral)hé DrrmRSNi:, publiée sons le litre : lireviariuni Syruirum dans les Acla Siuicloruni Bail. Nov. Il, 1, Iji-Lxv.
"2. Philostorgius, ///s^ eccl. n,7 passini. vi'w V. Batifi ol dans les ouvrages cités par HAfini.Nni.wi.i!, l'ulrolotjie.
laient pas être pris pour des hérétiques, mais qu'ils voulaient passer pour être la vraie Eglise. On comprend par là que, sur le terrain hagiologique, ils aient déployé ég^alement une activité en rapport avec les besoins delà cause.
Ainsi, pendant que les diverses églises se limitaient à leur district et que, dans l'Église catholique, le principe du particularisme restait dominant, les Ariens, en leur qualité de minorité, s'en éloignèrent de bonne heure et, sans adopter pleinement le principe de l'universalité, le suivirent du moins en partie. Nous trouvons, en elïet, représentées de quelque manière dans leur martyrologe, l'Asie Mineure, l'Egypte, la Grèce, la Mésie et rillyrie, par conséquent toute la partie orientale de l'empire, voire même l'Italie et l'Afrique du Nord.
11 faudra d'abord examiner le côté extérieur et l'histoire littéraire du document. W. Wright le trouva dans un manuscrit syriaque provenant de Nitrie en Egypte et appartenant au temps de Porphyre, évêque orthodoxe d'Anlioche (404-418) * ; il a été écrit en 411.
11 se compose de deux parties : d'un martyrologe disposé en forme de calendrier, écrit primitivement en langue grecque ; il y manque malheureusement le mois de décembre depuis le 1" jusqu'au 25. Cette partie constitue l'écrit primitif qui fut traduit de bonne heure en syriaque, bien qu'il soit assez défectueux comme on le verra plus loin. Comme il a eu néanmoins l'honneur d'être traduit et, qui plus est, par un traducteur orthodoxe, il faut reconnaître qu'à cette époque il était considéré comme une œuvre importante. Ce qui lui donnait
l. Le Qlien, Orkns christ, ii, 718.
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de la valeur aux yeux des contemporains, ce ne lui rien moins (jue runiversalité à laciuelle il prétendait et (jni élait chose loul à l'ait nouvelle à cette époque. A la fin se reliouve un appendice (luekpie peu mutilé, contenant une liste de maiiyis de la Perse, disposés non suivant la date de leur moii, mais d'après l'ordre hiérarchique (pi'ils occupaient de leur vivant. Us forment trois groupes : les évè(jues, les prêtres et les diacres.
La seconde partie fut primitivement écrite en syriacpie et forme un appenilice ajouté par le traducteur syria(|ue lui-même ; il faut remarquer que parmi les personnes nommées il ne se trouve ni Ariens ni Nestoriens. Ces derniers, chassés de l'empire romain en 435 par Théodose II, se rendirent maîtres de l'Église persane. Des seize évoques nommés dans le premier groupe, huil au moins sont des martyrs orthodoxes de la Perse et aucun n'est postérieur à l'an 400, comme par exemple Simon-bar-Sabai, évêque de Séleucie et Clésiphon, qui mourut le 17 avril 344, son successeur Schahdust mort en 346 et Papor, évêque de Betli Gormai ^ De même Miles (Milles), Siméon, Barbasimâs, Jean, Sapores, (iudiab, Sabinus, Abtlos, Paul et Ebedjésus sont cités par Sozomène-, comme étant des martyis peises du règne de Sapor 1. Des personnages quj n'élaient pas martyrs, même quand ils passaient pour Saints comme Mares, deuxième évêque de Séleucie (y8'2j, ne (igurenl pas dans ce catalogue primitif*^.
Le conq)ilaleur donne aux [)ersonnages nommés par
\. l.K Oi ii:\, 11, 107 cl \-2:i7.