‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 259 sur 299 · Publié dans Migne, xvni · texte numérisé non relu

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loiieii Eusèbo au loiiips de C-onslaiilin, croyant que ces actes pourraient exister encore à Rome. Dans sa pensée ce ne pouvait être que la « collection des mar- Ivres » (tvXXoyt, t^jv <i'xp--jpuoy) mentionnée plus haut, (irégoire lui répondit ([u'on possédait bien à Rome, dans lin livre, une liste des noms de tous les martyrs, mais non une collection complète de leurs actes ^

Cet ouvrage dEusèbe en question était donc introuvable à Alexandrie, et partant on doit le regarder comme étant déjà perdu à cette époque, mais on n'avait pas oublié le fait qu'il avait existé. D'autre part on attribuait également à S. Jérôme un ouvrage de ce genre que nous ne possédons plus. En effet, le sénateur Cassiodore recommandait à ses moines de lire assidûment les histoires des martyrs (passiones marii/riim) qui auraient vécu dans n'importe quelle partie du monde, pour en tirer des encouragements à faire le bien ; ils les IrouveraienL dans la lettre que S. Jérôme avait écrite à Chromatius et à lléliodore. Les dernières paroles sont wn peu obscures, car il est bien difficile de traiter dans une lettre de choses aussi importantes 2. Mais il est

1. Nos nnloni jinoiio omiiinni morlyrnin dislinclis pcr dics sifïi,'nlos pn>?iionil)Hs collorta in iiiio rodicc nomina liabcmus ^l<|iie colidiaiiis diebus in coriini veneratione missarum soleinnia ai^imus. Non lanien de oodcni voluininc quis qualilcr sit I')a«^s;us indicalur, sed lanhininiod(3 nomcn. loous el dies i)assionis jtonilnr. Inde fil ni innlli ex diversis lei-i-is al<|ne provinciis prr dies, ni |»raedixi, singnloï^ coi^nosranLiu' niaityiio •coronali. (InKc. M., lii'fji.'ilruni, vrn, 20.

2. Le passairf^ esl diveiS('Mnenl coniineiilé. \'. Mlçt Duf:n! s\i:, Proleifij. ad mari. Ilicron. dans Acla SS. Nov. I, ?, XI, xl\ n. î'n voici le lexte : Passiones Mai hrnrn leuile eonslanlcr, qnas iiiler alia in e[»istola S. Ilieronynii ad Chronialiuni el Heliodoinni <JesLinala i)roeul dubio rcperietis qui pcr totum orl)em terrarum

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certain que, clans cet endroit, Cassiodore attribue à S. Jérôme d'avoir au moins Iravaillé sur cette matière. Finalement, on se rappelait que S. Jérôme avait traduit des ouvrages historiques d'Eusèbe, ce qui donnait à penser qu'il en avait traduit également la collection des actes des martyrs. La chose n'est évidemment pas impossible, bien que nous n'ayons pas, à ce sujet, d'autres informations. Le vénérable Bède mentionne effectivement un martyrologe de S. Jérôme ; il le fait non sans hésitation, ne l'ayant pas vu lui-même, et il pense que S. Jérôme en a peut-être été, non l'auteur, mais le traducteur *. Au temps de Bède, le martyrologe dit hiéronymien dont nous parlons dans ce paragraphe existait déjà, ainsi que les études de Mgr Duchesneet de M. de Rossi viennent de le démontrer. Naturellement on ne saurait affirmer que S. Grégoire le Grand et Cassiodore aient eu en vue ce même recueil, les paroles de Cassiodore surtout étant d'une teneur si singulière. Mais il ressort avec évidence des paroles de cet écrivain que, dans sa pensée, S. Jérôme avait composé un ouvrage de ce genre. Malheureusement, on ne peut citer aucun autre témoignage en faveur de ce fait qui rentre, comme nous l'avons dit, dans le domaine de la possibilité. Si Tabbé Ililduin, écrivain du ix'^ siècle, y revient à son tour et pense que Constantin a réuni tous les actes des martyrs de l'empire entier pour les en-

lloruere ut sancta imilalio vos provocans ad cœleslia régna perdiicat. Cassiod. Instil. diu. lilt. 32 ; Migne lxx, 1147.

1. Beda, Liber relraclationis in Acla Ap. c. I ; Migne xch, 997 : Liber marlyrologii qui b. Ilieronymi noniine cic praefaiione intiiulatar, qiiamvis Ilieronymiis, illins libri non anctor secl intcrpres, Easebiiis aiilem aiiclor exslilisse videalnr.

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voyer à Eiisèbe à Ct'sarée *, on peul répondre que c'est là une simple opinion qui peul avoir sa source dans la ici Ire falsifiée de S. Jérôme, mentionnée plus haut.

Ouoi cpTil eu soil, il existe depuis le viii^ siècle un écrit, rej)roduit dans de nombreux manuscrits, qui renferme une liste considérable de noms de martyrs de tous les temps et de tous les pays de l'empire roinain de celle époque, et qui porte le nom de martyrologe liiéronymien ; on y a joint deux lelti'es attribuées à S. Jérôme et adressées l'une à Cliromace, évè(|ue d'Aquilée, l'autre à Uéliodore, évêque d'Altinum. Sous ce rapport l'ouvrage porte bien les marques indiquées par Gassiodore.

En examinant les choses de près, nous devons dire avant tout que l'ouvrage, tel que nous l'avons, ne peul être une œuvre de S. Jérôme. Il renferme, en elîet, un grand nombre de noms de personnes qui n'ont vécu que longtemps après lui. Pour nen citer qu'un, disonsqu'il marque au l'2 mars le pape (irégoire P'. D'autre part, si nous examinons les manuscrits les plus anciens, comme cela convient, nous trouvons que les noms ne dépassent pas le vii^ siècle. Dans les manuscrits plus récents, on rencontre naturellement des noms de personnes ayant vécu plus tard.

Quand il s'est agi de fixer lépoque de l'origine du document et de déterminer la personne du compilateur, on s'est trouvé par rapport à ces questions et d'autres connexes, devant un problème d'histoire littéraire comparable à celui du Pseudo-Isidore et à la donation constantinienne. Aujourd'hui cependant les nuaii;es qui

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