LES CALENDRIERS ET SYNAXAIRES ÉGYPTIENS
qualus et ses compagnons ont leur place assignée au l*"" mai, tout comme dans le lectionnaire, mais sans qu'on en fasse des disciples d'apôtres, ce qui est en faveur de leur existence historique. Les apôtres Simon et Jude sont fixés au l^r jjiiHet, et non au 28 octobre. A côté d'eux on remarque encore un Sijmon Apostoliis au 19 octobre. Ainsi ce martyrologe fait bien voir quelques influences postérieures, mais il a conservé le caractère indépendant des catalogues de Tanliquilé chrétienne.
§ 43. — LES CALENDRIERS ET LES SYXAXAIRES ÉGYPTIENS (Coptes).
Dans son ouvrage De sijnedriis veterum Ebreorum laissé inachevé par son auteur, l'archéologue anglican Jean Selden (-}- 1634) nous a rendu accessibles les plus anciens calendriers égyptiens. Dans le troisième livre de cet ouvrage, Selden, sortant de son sujet proprement dit, voulut Iraiter la question du rite de la consécration des églises chrétiennes. Il crut que quelques calendriers composés en langue arabe qu'il avait à sa disposition, pourraient le servir dans ce dessein i. Malheureusement on ne nous donne aucun renseignement sur les manuscrits d'où sont extraits les catalogues ; il semble cependant qu'ils ne se trouvaient pas dans le meilleur étal. Déjà Ludolpiie s'exprima peu favorablement au sujet de cette publication, et Wïïstenfeld dit : « Le manuscrit arabe utilisé a pu être en mauvais état et défectueux, mais il fut lu et copié par l'éditeur d'une
1. Joii. Selden, De synedriis cl praef. Jurid. vel. Ehrcoriim, Amstelod. 1679, lib. III, c. 15, p. 201-217.
manière plus défectueuse encore ; puis Texécution typographique vint à son tour défigurer certains mots au point que quelques-uns ne peuvent être lus exactemenl, et que d'autres ne peuvent pas être lus du tout sans le secours d'autres renseignements i ». Malgré cette appréciation malheureusement fondée, faite par des hommes du métier, on ne peut cependant laisser de côté complètement la publication de Selden. 11 paraît d'ailleurs que déjà le manuscrit présentait des lacunes et des endroits indéchiffrables.
Les calendriers édités par Selden sont au nombre de trois : deux assez courts et un troisième plus long ; celui-ci est plus récent. Les deux autres ont pour chaque mois un supplément indiqué par ces mots : ordo aller. Tous les deux semblent avoir été composés primilivement pour l'usage des couvents, mais ils ditTèrent essentiellement l'un de l'autre en des points importants ; aussi les désignons-nous par les appellations A et B. Le calendrier A est certainement d'origine égyptienne et porte le caractère monophysite ; en effet, l'hérétique Sévère qui vivait au vi« siècle s'y rencontre deux fois, au 8 février d'abord, puis au 29 septembre. Les aalres particularités sont les suivantes : l°ily a deux fêtes de la sainte Croix: au 6 mars invenlio cruels, par quoi on désigne sans doute la récupération de la Croix par Héraclius, en 629, et la fêle feshun eriiels gloriosœ au 14 septembre. 2° La Nativité de la sainte Vierge est fixée au 26 avril. 3° Les jours anniversaires de la sainte Vierge admis en Egypte sont
1. F. WiiSTFNFELD, (f professeuT à Gœltingue), Synaxarinm^ GoUia, 1879, préface.
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marqués au ?1 des mois de janvier, de février, de mars, de mai, de juillet et d'oclobre, tandis que le calendrier B n'a pas ces fêles. 4^' Le calendrier A manfue au 18 décembre S. Gabriel, mais il n'a pas l'Annoncialion de la Sainte Vierge, tandis que le calendrier 1^ porle au 25 mars le mot Evangelismus et n'a aucune fôte au 18 décembre indiquant la prochaine naissance du Seigneur. S*" Le calendrier A maniuc au 4 novembre les quatre grands animaux de l'Apocalypse, qui se retrouvent plus tard dans les calendriers coptes ; le calendrier B ne les a pas. 6*^ Dans le calendrier A l'occupation de l'Kgypte par les musulmans est mentionnée à différentes reprises, par exemple au 26 mai, au 10 décembre et ailleurs. 7'' Le calendrier A n'a pas saint Ignace d'Antioche ; le calendrier B le marque au 20 décembre. Enfin le calendrier B marque l'empereur Théodose au 3 mars, Jean Chrysoslome au 7 mai et au 13 novembre, Kphrem le Syrien au 9 juillet et Dioscore d'Alexandrie au 31 août.
Il résulte de tout cela que le calendrier A est d'origine syriaque et a pour auteur un catholique, tandis que le calendrier B est d'origine égyptienne et a pour auteur un monophysite. Du reste, ils appartiennent probablement à la même époque et le calendrier B aura également été en usage en Egypte, car il y est question aussi du Patriarche Isaac 1 d'Alexandrie qui mourut le 10 du mois d'Athyr, c'est-à-dire le G novembre (>88 on 089 ^ Le nom d'Athanase, marqué nu (> septembre, pourrait bien désigner Alhanasc 11 d'Antioche qui vivait on 029 et qui était orlhodoxo 2.