Sonnatius, Slatiila, c. 20 : Migne, lxxx
considérablement aiig^menlé dans les temps suivants. Déjà dans les listes de fêtes attribuées à saint Boniface, leur nombre s'élève à soixante et onze, y compris les deux dimanches de Pâques et de la Pentecôte. Ces listes sont contenues dans la collection qui porte le titre de Slahila qiiœdam S. Bonifalii^^ et bien qu'on révoque en doute que saint Boniface soit l'auteur de ces statuts, on ne saurait douter qu'ils lui soient contemporains. Les jours chômés [sabbalismiis] y sont énumérés, savoir : Noël (4 jours), la Circoncision, TÉpiphanie, la Purification de la sainte Vierge^ Pâques (4 jours), l'Ascension, la Nativité de saint Jean-Baptiste, la fête des Princes des Apôtres Pierre et Paul, l'Assomption et la Nativité de Marie, ainsi que le jour de saint André (30 novembre). La Pentecôte, ayant été mentionnée au canon 31^, est omise, mais elle devait ôti'e solennisée comme Pâques, c'est-à-dire pendant quatre jours, et avoir une vigile.
Au cours du ix^ siècle, Tordre des fêtes fut réglé uniformément dans tout l'empire franc, et il existe plusieurs règlements qui s'y rapportent. Si Ton fait abstraction des fêtes des saints locaux et des Patrons, on y remarque peu de divergences. Seule la fête de l'Assomption de la Sainte Vierge semble avoir divisé les esprits au commencement du ix® siècle, comme le prouve une remarque du synode d'Aix-la-Chapelle de 809, où sont énumérées les fêtes suivantes : Naialis Domini^ Nalales S. Stéphanie S. Joaniiis evangelislae^ SS. Innocentiiim^ Ociavas Domini (le premier de l'an ou la Circoncision), Epiphania, Piiriflcatio S. Mariae, Pascha clies oclOy Lilania major^ Ascensio Domini^ Penlecosie^
1. HAinziiriiM, Conc. Germ.], 73. IIahd. m, 1944 ; Mauri,xii, 383.
30 LES FÊTES DE l'ÉGLISE EN GÉNÉRAL
Natales S. Joannis Baptislse^ SS. Pétri et Pauli^ S. Martini^ S. Andreœ. De assiunptione S. Mariœ interrogaiidum reliqiiimus ''. Mais le synode de Mayence tenu en 813 met cette dernière fête au môme rang que les autres (can. 36), ainsi que les quatre jours des Rogations (Litania)^ en comptant le dimanche précédent. Elle ordonnait également qu'en plus de ces fêtes on célébrât encore les jours commémoratifs des martyrs et des confesseurs dont les ossements sont conservés dans le diocèse, ainsi que les anniversaires des dédicaces d'églises 2.
Il faut placer à la même époque le statut de Hetto, évêque de Baie, dont le huitième chapitre énonce les fêtes chômées {dies feriandi) : « Noël et les trois jours suivants, Octava Domini, Theophania^ Piirificatio S. Mariae, Pascha dont la solennité, d'après le chapitre septième, devait durer huit jours, les trois jours des Rogations, l'Ascension de Jésus-Christ, le samedi avant la Pentecôte, saint Jean-Baptiste, toutes les fêtes d'apôtres, l'Assomption de la sainte Vierge, saint Michel, la Dédicace et la fête du Patron » ; ces deux dernières n'étaient que des fêtes locales. Pour trois autres fêtes, savoir : les fêtes des saints Rémi, Maurice et Martin, on n'exige pas l'abstention des œuvres servîtes 3. Ce règlement se distingue des précédents en ce qu'il renferme toutes les fêtes d'apôtres, tandis que les premiers ne portaient que celles des saints Pierre, Paul et André.
1. Cons. Aquisgr. can. 19 ; Migne, xcvn, 326 ; Binterim, Conc. II, 331.