LES SOURCES OCCIDENTALES
Dans le sacramentaire léonienci dans le missel ^o//j/cogallican édile ])ai' Mabillon et qui appartient à la fin du vue siècle, les leles des Saints sont représentées un peu plus richement.
Dans les deux autres sacramentaires romains, on peut constater que les fêtes des Saints vont en augmentant. Dans son origine, le sacramentaire gélasien était bien un livre liturgique destiné spécialement à la ville de Rome, mais l'édition que nous possédons a été évidemment faite pour une église qu'il faut chercher en dehors de Rome ; du moins contient-il une série de Saints qui n'appartiennent pas à la ville éternelle, notamment au 7 août saint Donat, confesseur, qui appartient à Imola, le 19 du même mois un saint Magne, martyr, qui ne peut être revendiqué que par Césarée en Gappadoce, et au 27 un saint Rufus, martyr de Capoue. Il paraît singulier d'y trouver la légendaire famille de martyrs^ Marins, Marthe, Audifax et Ambacum ou Habacuc. En outre, il s'y trouve encore une quantité de Saints qu'on chercherait vainement dans les meilleurs textes plus anciens du sacramentaire grégorien, savoir : Soter, Vital, Félicula, Julienne, Euphémie, Juvénal, Nérée et Aquilé, Cyrin, Nazaire et Vit dont plusieurs, de fait, étaient sans doute l'objet d'un culte, mais qui, jusque-là, n'avaient pas encore trouvé place dans les catalogues des Saints des livres liturgiques.
Pour ce qui est du sacramentaire grégorien, il faut dire d'abord qu'on se sert communément de l'édition de Ménard, reproduite également dans Migne. D'après les Prolégomènes, elle dériverait d'un codex S. Elùjii qui est le plus ancien, et d'un codex Rodradi qui, selon Ménard, aurait été écrit vers 863. .Mais le premier de
508 l'année KCCLÉSIASTIOTTE
ces deux manuscrits a déjà reçu des additions d'une époque postérieure, par exemple Projectus au 25 janvier * et Léon au 28 juin, ainsi que le monlrela comparaison avec le codex Mayençais de saint Alban. On a admis jusqu'ici que l'original a été écrit entre 834 et 847 ; il est composé de Irois parties, écrites de la môme main, mais bien distinctes entre elles. La première partie contient le sacramentaire grégorien (fol. 1-129), auquel on a ajouté comme supplément les messes des saints Alban, Sergiuset Bacchus, celles de la Toussaint et de saint Augustin. Le copiste ne trouva donc pas ces quatre messes dans le texte qu'il avait sous les yeux. Dans la seconde partie [collectio II, fol. 165-183) on emploie les termes contestaiio et ad complendiim ; elle est par conséquent d'origine franque. Elle contient de nouveau l'année ecclésiastique commençant par Noël, tout comme la première partie. La troisième partie enfin (fol. 183- 204) contient quelques appendices consistant en prières et en messes pour des circonstances particulières.
II est à remarquer que la première partie contient encore la fête surannée du 13 mai de dedicalio S. Mariœ ad martyres ; par contre, elle ne marque au l^'" novembre que nalalis S. Cœsarli ; la messe pour la Toussaint ne se trouve qu'à la fin (fol. 131) hors série, ce qui rappelle le fait que Grégoire IV (827-844) transféra la fête du 13 mai au P'" novembre, translation qui eut lieu également en 835 dans le pays franc. L'original, par conséquent, avait été écrit certainement avant 835; on peut même l'attribuer à une époque antérieure, car
1. Projectus, diacre de l'évèquc Evarius d'AsLi, paraît être du temps des Lombards, son culte ne semble dater que du temps de Luilprand (713-743).