LES MARTYROLOGES DE BEDE, ETC
cette édition, tous les jours de Tannée sont pourvus de noms de Saints ; il ne pcul donc en aucune façon représenter le véritable texte de Bède, puisque, d'après le témoignage d'auteurs anciens, beaucoup de jours y étaient restés vides. Le Bollandisle Ilenschen découvrit un fragmentdu véritable Bède d'abord dans les manuscrits de la reine Christine de Suède, puis il trouva à Dijon le texte complet ^.
Le martvrolosre de Bède fut remanié et considérablement augmenté par un certain Florus. D'après Wandelbert de Prlim 2, ce Florus aurait été le sous-diacre de Lyon (plus tard diacre), qui aurait composé en 852 un écrit de polémique contre Scot Erigène et qui mourut en 860 ; il serait, par conséquent, contemporain de Wandelbert. On lui oppose l'autorité de Trithemiusqui pense que Florus a été moine au couvent de Saint- Trond, diocèse de Liège, vers 760. Bien que Trithemius ne cite aucun document à l'appui de son assertion, les critiques de l'histoire littéraire, parmi lesquels il faut notamment citer Fabricius, sont en général d'accord avec lui. On peut se demander néanmoins lequel des deux a raison, de lui ou de Wandelbert, car une augmentation pareille de l'œuvre, — tous les jours de l'année sont remplis de noms de Saints — faite aussitôt
1. Reproduit dans Acla SS. BolL, mars, tome II. Les deux recensions sont Juxtaposées dans IMkine, xciv ; ibid. col. 1147 suiv. Kalendarium awjlicamim. Il est surprenant de trouver dans Bède au 7 février : Brilaniis in Augusta, nalale Aiigiisli episcopi et Mariijris. De même on est surpris de trouver la Toussaint au 1" novembre à côté de la môme fête marquée au 13 mai, dont la translation n'eut lieu que sous Grégoire IV (827-814). La mention, au 19 août, de saint André avec- 2597 compagnons, demeure inexplicable.