‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 287 sur 299 · LE BÈGUE · texte numérisé non relu

LE BÈGUE

L'ouvrat>e le plus imporlant ([ue nous ayons dans le domaine de la Liturgie cl (jui, encore de nos jours, a de la valeur pour les recherches scienlifiques, c'esl le martyrologe d'Adon, évèque de Vienne, Tan 800. Tout jeune encore, il entra dans le monaslère de Ferrières, au diocèse de Sens ; de là il l'ut envoyé dans le monastère de Friim, diocèse de Trêves, où il vécut plusieurs années sous l'abbé Markward (829-853) A la suite d'hostilités il quitta Prïim et se rendit à Rome, où il demeura cinq ans; de là il passa à Ravenne. Plus lard il rentra en France et vécut pendant quelque temps comme simple moine dans un couvent à proximité de Lyon. Après la mort d'Agilmar, évêque de ^'ienne (y 7 juillet 859), il en devint le successeur et mourut le 10 décembre

Il composa le martyrologe qui porte son nom vers 848 •, avant d'être évêque. La base de ce travail lui fut fournie par un vieux marlyrologe qu'il avait appris à connaître à Ravenne. Si ses indications sont exactes, cet écrit aurait été donné à un évêque d'Aquilée dont il ne cite pas le nom, par un évêque de Rome (ju^il ne nomme pas davantage. Les autres matériaux ont été réunis par l'auteur lui-même qui, notamment, compulsa toutes les notes sur les martyrs qu'il put se procurer. Dans le cours des temps beaucoup de sources

1. Dii.MMLLii [Das Marlyroloyium Nolliers etc. dans Forschiimjen zur deulscfien Geschichle, xxv, 201, on reporte, à tort, la composition entre les années 8(i0 et 870.

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utilisées par Adon ont été perdues, ce qui rend son martyrologe encore plus précieux pour nous.

Il se compose de trois parties : 1° d'un calendrier, dans lequel tous les jours de l'année indiquent un ou plusieurs Saints, dont les notices sont naturellement fort abrégées. Dans les éditions publiées il porte, à torl selon nous, le titre, de Vêtus marlyrolognim Romanam, titre dont il est redevable à Jacques Mosandei* et à Héribert Rosweyde, qui en furent les premiers éditeurs 1 ; 2*^ d'un petit écrit intitulé : libellas de festivitalibus SS. apostoloriun'^ -^ du martyrologe 3, proprement dit, comprenant des extraits d'actes des martyrs et autres écrits.

Les observations que fait l'auteur dans l'introduction de cet ouvrage sont dignes de retenir l'attention. Des hommes connus pour leur sainteté, y est-il dit, lui auraient enjoint de compléter le martyrologe. Il veut parler sans doute de ses supérieurs et de Rémi, alors évêque de Lyon. Dans celui de Bède, augmenté déjà par Florus, ajoute-t-il, plusieurs jours étaient restés sans Saints ; il avait voulu remplir ces lacunes ; à cet effet, il s'était procuré les manuscrits des actes des martyrs dont il avait fait des extraits pour l'utilité de ses frères moins instruits. Le martyrologe antique déjà mentionné provenant de Rome, aurait servi de base à son travail.

L'aveu sincère que fait l'auteur de vouloir remplir les lacunes laissées par ses prédécesseurs, est, semble-t-il,

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