Ibid., col
LES MARTYROLOGKS d'aDON, ETC. 517
une présomption contre la véracité et la bonté de son travail. 11 n'en est rien. Un examen plus approfondi fait disparaître de plus en plus cette prévention et l'enlèverait tout à l'ait, si nous avions sous les yeux le texte dans sa forme primitive. Car, dans les éditions actuelles, il y a quelques additions postérieures, le nom, par exemple, de Rictiovarus.
Le manuscrit do Cologne du martyrologe d'Adon édité par Rosweyde, vient de Stavelot (Slablo). Ce qui le prouve, ce sont les notices marquées au 20 avril et au 17 novembre ;il est probable d'ailleurs qu'à Stavelot on y a ajouté un certain nombre de Saints Francs. Dans son martyrologe, Adon fait aux Saints de l'Ancien Testament une plus large place encore que le vénérable Bède.
Rien ne prouve Tliypothèse certainement erronée de Rosweyde, d'après laquelle le calendrier qui précède l'écrit, ou comme on l'appelle, le « petit Adon », serait le martyrologe romain dont parle S. Grégoire le Grand dans sa lettre à Eulogius ; car il est certain que ce martvroloffe ne contenait aucun nom de l'Ancien Testament. Le « petit Adon » en question n'est pas du tout un martyrologe, mais un calendrier et il n'a en rien le caractère des catalogues de Saints de la ville de Rome alors en vogue. De plus, ce n'est pas une oeuvre indépendante, mais un extrait qu'Adon a fait de son ouvrage, une table des matières dont il l'a fait précéder. D'ailleurs la préface qu'il a mise en tète des deux autres parties regarde principalement le martyrologe et non cet extrait. Le fait seul que cet extrait, augmenté de (fuelques additions postérieures, forme dans quelques manuscrits un écrit complet, sans l'ouvrage proprement
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dit*, a porté le premier éditeur à le prendre pour un ouvrage à part. Mais à Stavelot et à Malmédy on ne se servait que de l'extrait, non de l'ouvrage romain. On comprend qu'on y ait inséré le calendrier romain des Saints de cette époque, ce qui ressort d'ailleurs de la préface d'Adon ^.
Dix ou vingt ans plus tard, Usuard composa son martyrologe d'après le procédé et sur le modèle d'Adon ; il le dédia en 875 à Charles-le-Chauve. Usuard vivait en qualité de moine dans le monastère de Saint-Germain des Prés, situé autrefois en dehors de Paris, mais compris aujourd'hui dans les murs de la ville. Ce marlyrologe n'est pas, de beaucoup, aussi riche que celui d'Adon, mais il a sur lui l'avantage d'être plus châtié, plus arrondi dans la forme et plus égal dans la manière de traiter chaque chose ; de se prêter ainsi mieux à l'usage du chœur. Aussi fut-il en usage dans tous les couvents bénédictins ^ de l'Occident et même dans les églises de Rome, la basilique de Saint-Pierre exceptée, au point d'être devenu, pour ainsi dire, à la fin du xv^ siècle, le martyrologe universel de l'Église occidentale. Plusieurs n'en connaissaient pas d'autre ^.
La valeur de tous ces travaux dépend naturellement
1. Ibid, col. 143-144. Avant Rosweyde, Mosander avait édité le « grand Adon » indépendamment du petit.
2. Quod ego diligenti cura transcrlplnm... in capite hiijus libri ponendum piiîaui. Il semble qu'il ne faut pas voir une simple copie [describere) dans le terme de transcriptum, mais un nouveau travail refondu. Car le martyrologe n'a mentionné aucun nom de l'A. T. lel*que Jérémie, Moïse etc. pas plus qu'un S. x\lban, S. Servais etc. C'est pourquoi ce Martyrol. Rom. purvum n'a pas l'importance que lui attribue Achelis, p. 112.