‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 289 sur 299 · H. Laemmer, De Marlyrol. Rom · texte numérisé non relu

H. Laemmer, De Marlyrol. Rom

LES MARTYROLOGES d'ADON, ETC. 519

des sources dont les rédaclenrs disposaien(, ol ensuite de leur lempéramenl personnel, selon qu'ils étaient pourvus ou non de jugement critique.

11 convient de citer, comme en retard sur ce terrain, deux martyrologes d'origine allemande, celui de Raban Maur et celui de Notkilr le Bègue.

Le premier de ces auteurs, étant archevêque de Mayence, élabora un martyrologe qu'il avait puisé uniquement dans des sources secondaires. 11 l'avait dédié à Radleich, abbé de Seligenstadt, qui mourut en 853 ou 854 et dont Raban Maur composa également Tépitaphe *. La composition de cet écrit doit être placée un peu plus tôt, vers 850 ; il est impossible de lui assigner une date précise. En fait de documents il utilisa, outre les actes des martyrs qu'il eut à sa disposition, le martyrologe hiéronymien, le vénérable Bède et Florus. Les matières sont traitées d'une manière très inégale ; parfois l'auteur se plaît en narrations détaillées, d'autres fois il ne cite que les noms. On y rencontre fréquemment des fables et des erreurs historiques.

La même critique s'applique au martyrologe de Notker le Bègue, moine de Saint-Gall de 840 à 912, qui composa cet ouvrage sous le pontificat du Pape Formose (891-896). lia connu et misa profit le martyrologe dit hiéronymien, par exemple au 9aoùt(V. Id.Augusli). En dehors de ce document il ne disposait d'aucune autre bonne source, lacune dont il se rend compte à luimême 2. ,

1. BoEHMER-WiLL., Rec/ . archicp. Mogunf, i, G7, G8. Le Martyrologe de llaban est inséré dans la Palrologie de Mi(;ni:, ex.

2. MiGM- cxxxi, 1070. CI". BiNTEiUM, Denkœiird. v, G*2. Ciijiis causa; nos ulpote barbari el in extremis miindi climate posiii sumiis ifjnari.

Le martyrologe d'Aiixerre, publié par Migne, cxxxiii, col. 1201-52, se distingue par la concision de la forme et par la richesse du fonds. Dans sa rédaction primitive, il est de la première moitié du x"^ siècle. Une seconde main y a fait de nombreuses additions, qui vont jusqu'à 1115 et ont le plus souvent pour objet l'histoire locale d'Auxerre.

Tous ces martyrologes n'ont qu'une autorité privée et non officielle, et le fait que tant de martyrologes ont surgi après rhiéronymien est une preuve que celui-ci ne satisfaisait pas les besoins liturgiques et était peu en usage. On le regardait peut-être tout au plus comme un chapitre du « livre de vie » renfermant, selon l'expression de l'auteur de l'Apocalypse, les noms de ceux qui ont vaincu et qui entrent dans la gloire éternelle, mais on ne saurait tirer aucune édification de cette sèche nomenclature. Aussi composa-t-on plus tard des martyrologes qui renfermaient pour tous les jours de Tannée des narrations détaillées de la vie et de la mott des Saints, capables de servir de lecture de piété édifiante et instructive aux religieux, aux prêtres et à d'autres personnes pieuses. Néanmoins au xvi*^ siècle les meilleurs martyrologes ne suffirent plus, et Grégoire XIII conçut le projet de faire quelque chose de mieux pour l'usage liturgique. Il fit un premier pas dans la réalisalion de ce dessein quand, en 1580, il chargea le savant cardinal (Guillaume Sirlet, de purger le martyrologe en usage à Rome des fautes qui s'y étaient glissées avec le temps 1, en se servant des manuscrits plus anciens et plus sûrs. Le cardinal s'associa en qualité de collabo-

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