‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 291 sur 299 · LES CALENDRIERS LES PLUS IMPORTANTS DU VIII^ AU XI- SIÈCLE · texte numérisé non relu

LES CALENDRIERS LES PLUS IMPORTANTS DU VIII^ AU XI- SIÈCLE

intéressant Vllistoire et la Liturgie.

Contrairement aux martyrologes dont Foriginc, ainsi que nous l'avons vu, est surtout due à l'initiative privée, les calendriers sont d'origine officielle. Dans les temps où l'on ne publiait pas encore annuellement des calendriers, tels que nos Ordos ou Directoires^ ils en tenaient lieu, et chaque recteur d'Église était obligé de faire lui-même, en se basant sur le calendrier général, le règlement des offices de son église. Aussi sont-ils, pour le but que nous nous proposons, d'une plus haute importance, sous bien des rapports, que les martyrologes.

En effet, lorsque des missels complets prirent la place des sacramentaires, on faisait régulièrement un extrait des fêtes des Saints qui s'y trouvaient et on le plaçait en tête du livre comme une sorte de table des matières. Depuis celte époque, les Calendriers^ comme on les appelait, forment partie intégrante des Missels, tant manuscrits qu'imprimés ; cependant ils ont été également publiés à part et forment en quelque sorte des martyrologes abrégés. Un très grand nombre de ces Calendriers du moyen âge ont été conservés et, comme ils ont de la valeur pour l'histoire locale, ils ont été édités à part. Mentionnons, dans les temps plus rapprochés, les éditions faites par Martène-Durand, Migne, Misset et Weales, Grotefend, Ulysse Chevalier, Lechler

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et autres. Pour les Fêles ecclésiastiques en général, il imporle de nieiilionner encore les suivants :

Calendriers 1res anciens.

1. Un calendrier romain du vii*^ siècle qu'a fait connaître le professeur de Ram. Il a été publié par Binterim [Denkwiirdiijk. vu, 56-47). Il commence à Noël ; le mois de mars est appelé mensis primas ; pendant le carême on indique les églises slationales de llome ; le 13 mai on marque dedicalio Mariae ad Marli/res (église du Panthéon); la Toussaint y manque encore. En fait de Litanies^ il n'y a que celle appelée majeure {major). La fête de lAnnonciation et les fêtes de la chaire de saint Pierre manquent encore; au mois de mars se trouve insérée la fêle de Pâques sans date {Pascha annolina) ; le 20 janvier, saint Anastase fait encore défaut ; il n'y a que de faibles traces de l'Avent. Ce calendrier est, par conséquent, très ancien; il faisait partie d'un Évangéliaire écrit du temps de Louis le Pieux et appartenait, du temps de Lolhaire I, au monastère de Munsterbilsen (diocèse de Liège).

2. Un calendrier de Bologne, du temps des Carlovingiens. Il fait partie d'un manuscrit du monastère de Leno et se trouve aujourd'hui dans la bibliothèque Ambroisienne. Découvert par Giov. Mercati, il a été publié dans la Revue benédicline (1902,353-355). Au 27 décembre il marcjue encore ordinatio episcopalus Jacobi aposl., et au 17 mai Xalalis S. Marci evang. Cette dernière fête ne se trouve ailleurs que dans les calendriers de Naples.

3. Le calendrier dit de Charlemagne. 11 forme, avec une table pascale, le commencemeni dnn Lvangéliaire

qui fui écrit en 781, sur l'ordre de cet empereur et de Hildegarde, son épouse, par un scribe du nom de Godescale, sur parchemin de couleur pourpre^. Il n'offre de l'intérêt que par ce fait qu'un certain nombre de Saints Francs y sont insérés dans un calendrier d'origine romaine, notamment Maximin, évêque de Trêves (31 mai), Boniface (5 juin), Médard (8 juin), Martial (30 juin), Kilian (1 août), Maurice (22 septembre), Rémi (1 octobre) et autres. Chose surprenante, l'apôtre saint Thomas est placé au 3 juillet, et sainte Pétronille au 31 mai.

4. Dans l'écrit intitulé De compiito^ composé en 810 par un inconnu et publié par Muratori [Analecla. m, 108) et reproduit par Migne (cxxix, col. 1274), se trouve encarté un calendrier, qui semble avoir eu son origine dans le diocèse de Sens à cause de la fête de sainte Colombe, vierge, marquée au 31 décembre. La Toussaint manque encore; il est romain avec des additions franques. D'après le chapitre 80 (Migne, cxxiv, col. 1314), il a été écrit en 784.

5. Un calendrier de Corbie (Corbeiense) du vii'^ siècle, auquel il manque malheureusement les quatre derniers mois; il a été publié par Martène-Durand [Thesaiiriis nov. anecdot. m, 1717, 1591). Dans le même recueil se trouve un fragment d'un très ancien calendrier de Tours.

6. Le manuscrit coté n. 83 II de la bibliothèque du chapitre de Cologne renferme également (fol. 72 B-76) un ancien calendrier. Le manuscrit écrit sous l'archevêque Hildebold, est un recueil d'un grand nombre

1. Kalendariiim Karls des Grossen von 781. Édité par Ferd. Piper. Berlin 1858.

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d'écrils d'Iiisloire et de compuL ecclésiasli(|ue. A la (in de la Glironifjue d'Isidore (jui occupe la seconde parlie du recueil, on lil : « Depuis la naissance de Jésus-Chrisl, 798 ans se sont écoulés ». Plus loin cependant (fol. 7() 1^) est encore inscrite la mort de Charlemagne, ainsi (jue celle criiildebold, arrivée en 818. Le manuscrit a donc été écrit certainement entre 798 et 818; il appartenait à Tanlique église cathédrale de Cologne, qui était dédiée à saint Pierre. Néanmoins le calendrier n'est pas celui de l'église de ('ologne, car les fêtes locales de Cologne y font défauL Mais, comme il s'y trouve une multitude de noms de Saints Francs, on doit chercher son origine dans le nord de la France. Pour ce qui est de la légende de sainte Ursule, on n'y trouve aucun éclaircissement ni pour ni contre. Le calendrier est enrichi de Saints, dont le grand nombre surprend à celle époque si reculée, tandis que le calendrier de TEglise de Cologne, dont nous allons parler, a encore beaucoup de jours non occupés. Le manuscrit est décrit dans Jai FÉ et Wattenbach (Ecclesiae melrop. Colon, codices maniiscripli, Berlin 1874, 29 suiv.).

7. Le calendrier dit Gellonense tire son origine du monastère Saint-Guillaume-du-Désert, dans l'ancien diocèse de Lodève. Il date du w!^ siècle et a été édité par d'Achery [Spicilegiiim, ii, 25 suiv.). Il commence à Noël et se trouve précédé par un breviariiim apostolorum en 13 paragraphes, donnant des notices sur les Apôtres.

8. Un calendrier dit Golhicum (éd. Laurenzano) du vil® siècle (MiGNE, x, 86, col. 38 suiv.). Il faut y ajouter un Sanctorale mozarabe (ibid. col. 1031 suiv.) et un

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fragment d'un calendrier gothique d'Espagne (gothicoluspanum^ Ibid. 85, col. 1050 suiv.).

Calendriers plus récents.

Suivent des calendriers plus récents, néanmoins toujours utiles aux recherches historiques. Ce sont :

9. Deux calendriers anglo-saxons du x*" siècle ; ils appartenaient, semble-t-il, au diocèse de Winchester et sont reproduits dans Migne 72, col. 619 suiv.

10. Deux de Corbie ; dans Martène-Durand [Thés, nov. anecd. Ill, 1571-1594).

11. Un calendrier de Floriac et un martyrologe d'Auxerre; dans Migne, 138 col. 1186-1258. Quant au martyrologe d'Auxerre, nous en avons parlé plus haut (p. 520). Celui de Floriac vient du monastère bénédictin de Floriac-sur-Loire. Il appartient au x^ siècle ; une main étrangère l'a adapté au diocèse d'Auxerre.

12. Un calendrier de Mantoue et deux autres de Vallombreuse; ibid. col. 1258 suiv. Celui de Mantoue est du ix'' siècle; mais, de même que les deux de Vallombreuse, il a été déformé par des additions postérieures.

13. Un calendrier de Besançon du xi^ siècle, dit S. Protadii (Migne, 80, coi. 411), et un autre également d'origine française, appelé Chaiwellin^ d'après son ancien propriétaire (Migne, 72, col. 607).

Les plus anciens Calendriers d'origine allemande.

Nous les plaçons à part pour plus de clarté, et nous disons un mot de chacun d'eux en particulier.

1 . Le calendrier le plus ancien de l'Église de Mayence appartient à la première moitié du ix« siècle ; il a été

LliS GALENDUIKKS l'LLS HKCKNTS .),:/

cdilé d'après un inaniiscril du A'alicau par Jostlh dans Zeilschri/'l fiii' deiilsches A 1 1er i hum [Schvôdcv elUôlIio) 18i)(), p. 148-158. La Toussaint y manque encore et TAscension de Jésus-Christ y est fixée au '25 mars.

2. Le calendrier dit Verdinense [Calalogiis bibliolJi. Laurenlianae,Supplem.) publié par Migne(188, col. 1*2015 sui\ .) provenant du monastère de Werden-sur-la-Roure. Il a la Toussaint, mais de plus il marque au 1.3 mai la fêle dedicatio S. Mariae s. turris Vincenlii. Comme Saints propres à l'Eglise de Cologne, nous y trouvons les SS. Ewald, Cunibert, Géréon, les SS. Maures et les 11.000 Vierges, mais sans sainte Ursule et qualitiées non de martyres, mais de Vierges seulement. Il renferme en outre les noms de deux des premiers évêques de Halberstadt, savoir Thiatgrim (mort en 840) et Hildegrim (mort le 21 décembre 888;, ce qui indique l'époque de son origine, ainsi que le nom de Iletliaricus, premier abbé de Werden et la dedicatio ecclesiae maioris. Malheureusement les mois d'avril à juillet font défaut.

3. Le sacramentaire de la bibliothèque du chapitre de Cologne renferme un calendrier complet de l'Église cathédrale de Cologne [Codex 88, fol. 3-9). C'est au fond le calendrier romain du ix« siècle (voir ci-dessus p. 5'23) avec l'addition des Saints propres à Cologne, les Ewaldus, Cunibert, Brictius, Ouintinus, Séverin, (iéréon et de ses 318 compagnons, des 360Maures et des 11.000 Vierges sans le nom d'Ursule, qualifiées seulement de Vierges. Parmi les autres noms sont dignes de remarque : Briga (Brigida) au 1*^' février, Aréaiis (?) au 28 avril, Marc évêque, Boniface martyr, Médard, Lambert et Maurice avec 6.666 compagnons. L'origine du calendrier remonte à la seconde moitié du ix« siècle. Deux

circonstances prouvent qu'il élait propre à l'Ép^lise ca- Ihédrale de Cologne, qui fut commencée par Hildebold et consacrée par Willibert : d'abord il en indique exactement, au 23 septembre, le jour de la consécration ; puis il poi'te Teslampille de l'église Saint-Pierre auquel élait dédiée Tancienne église cathédrale. Le sacramentaire, non le calendrier, a été imprimé par J. Pamelius, dans son Liiiugicon ecclesiae Lalinae tom. II (Col. Agr. 1571). Malheureusement le grand nombre de modifications arbitraires qui y ont été apportées ne permettent pas de s'en servir comme d'une source authentique.

4. Le sacramentaire [Codex D 1) de la Landesbibliolhek de Dusseldorf, écrit du vivant de l'évêque Altfrid de Hildesheim (mort en 874), contient (fol. 217-222) un calendrier qui trahit des influences du Nord de la France. Comme Saints locaux de Cologne, il ne s'y trouve que les 11.000 Vierges, de nouveau sans Ursule et qualifiées seulement de Vierges, non de martyres. Le livre appartenait au monastère des Religieuses d'Essen-sur-la Roure, fondé par Altfrid. Le -même manuscrit (fol. 64 A) donne le règlement des jours de fête qui était en vigueur dans le territoire du monastère au ix^ siècle : htas praecipuas solemnitates in anno ioliis populus sabbatizare débet : In die nal. Doniini dies IV, in octabas Doniini, in theophania, in purificatione Mariae, pascha Domini dies IV, in ascensione Domini, in pentecoste dies IV, in nal. S. Johannis, in nat. Sanctorum apostolorum Pelri et Pauli, in assiimplione S. Mariae, in nat. S. Remedii (Remigii), in missa MichaheliSy in solemnitate omnium Sanctorum, in nat. S. Martini, in nat. S. Andreae.

Un calendrier de Cologne, soi-disant du ix« siècle, a été édité par RiNXEmM sous le titre : Kalendarium Ec-

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clf.siae Germ. Colonie nsis saeculi noni (Kôln 1824), et donné par Ilarless comme appartenant à la seconde moitié de ce siècle (Archiv. fur die Gesch. des NiederrheinSj vi, 67). Mais il est de date beaucoup plus récente, parce que toutes les fêtes des Apôtres s'y trouvent déjà et, qui plus est, avec la vigile. De plus, tous les jours de l'année sont pourvus de noms de Saints. Je place par conséquent ce calendrier, au plus tôt, au xi® siècle.

5. Le calendrier Germanicuni pervelusliim saec. x, édité par M. Fr. Beck (Aug. Vind. 1687). Selon la juste appréciation de Gerbert {Mon. lit. alem. I, 455, A 1), il est d'origine alsacienne et c'est probablement celui de l'église de Strasbourg, parce qu'il renferme les Saints de celle ville, Arbogast (20 juillet), Florentins, Otiilia et Aurelius. La base de ce calendrier est également le calendrier Romain, mais on y a ajouté beaucoup de noms Francs. Celui de Géréon représente seul l'église de Cologne. La fcte la plus récente en date que nous y rencontrions est celle de la Dorniitio S. Udalrici {4 juillet). Un seul nom, celui d'Ezéchiel, appartient à l'Ancien Testament.

6. Un calendrier de Frisingue dontlorigine remonte à l'évoque Abraham, entre 983 et 993. Le 25 mars est marqué sous le nom de Conceptio Domini. 11 n'a qu'une (elo de la chaire de saint Pierre. Publié dans Lechler, Millelallerliche Kirchenfesle iind Kalendarien in Baije-t-n, Freiburg 1891.

7. Le martyrologe dit Siabiilense, ou calendrier du monastère de Stablo. La date de sa composition peut élre fixée exactement. En e(Tet le couronnement du roi Henri H, marqué au septième jour des Ides de juin et qui a été fait à Mayence, le 7 juin 1002, par rarchevéque

Willigis, s'y trouve écrit de première main, tandis qne ]a notice relative au jour de l'ordination (2 février 1004) de l'archevêque Tagino de Magdebourg, est écrite de seconde main ; la niort de ce prélat n'y est pas consignée. En fait de Saints locaux de Cologne, il ne contient que Géréon avec 319 compagnons. La fête de saint Ulric d'Augsbourg, bien que celui-ci soit mort en 997, n'est marquée que de seconde main. Le calendrier a été édité par Martène [Ampl. coll.) et par Zxcck'R\k{Antiq. medii aevi), puis par Migne (188, col. 1194).

8. HoNTHEiM a édité les cinq plus anciens calendriers de l'église de Trêves dans son Prodromus hisloriae Trevirensis I, 373 405. D'après cet auteur, le premier seul est du X® siècle, tous les autres sont plus récents. Pour le x° siècle, il est déjà fort riche en noms, parmi lesquels il s'en trouve beaucoup de l'Ancien Testament, tels qu'Ezéchiel, Daniel etc. Il n'a pas encore la légende des innombrables martyrs de Trêves au 4 et 5 octobre, ni les noms de Palmatius, Thyrsus etc. La commémoraison de tous les fidèles trépassés, sainte Catherine, la chaire de saint Pierre n'y figurent point ; mais on y voit Géréon et ses 318 compagnons. Ce n'est que dans les calendriers qui portent les n°^ 4 et 5 et qui datent du xu^ et du xiii® siècle, que se trouvent les noms de Thyrsus, Palmatius, etc.

Si l'on considère les particularités des calendriers, on doit reconnaître que la depositio marlyrum de Rome se trouve en tête de cette longue série d'écrits liturgiques et qu'elle leur sert de précurseur et de modèle. Ce document, de même que les calendriers, est arrangé par mois et commence à Noël. Il contient par conséquent, au même titre que les calendriers, la liste officielle des

martyrs vénérés au milieu du iv*^ siècle par l'Eglise Romaine en tant qu'église particulière ; s'il n'avait pas cette valeur, loin de mériter d'être inséré dans la collection philocalienne [hemerologiiim Valentini) qui ne contient que des documents officiels, il n'aurait pas mérité d'être reproduit.

Tous les états, ecclésiastiques et laïcs, ont eu également part dans la formation première du cycle des fêtes de l'Église ; mais le développement de cette institution s'est continué à travers toutes les époques, depuis le commencement jusqu'aux temps actuels et se répand sur tous les pays du monde chrétien. Arrivés à la fin de notre course à travers les siècles, nous croyons qu'il convient de consacrer quelques mots de reconnaissance à la mémoire des hommes qui, avant nous, ont travaillé sur la même matière.

Si le moyen âge a produit quelques écrits dans lesquels l'année ecclésiastique et les fêtes des Saints sont traités d'une manière systématique, il faut avouer que ces écrits avaient essentiellement pour but de contribuer à l'exécution exacte des fonctions religieuses ; tout au plus cherchaient-ils à expliquer la raison pour laquelle telle chose devrait être faite de telle manière plutôt que d'une autre, et il n'était pas rare de les voir recourir aux allégories et aux symboles. Rarement on y insérait des notices historiques.

Dans les temps modernes, le premier qui ait entrepris de donner une exposition systématique de ces choses fut Corneille Schulting, né à Steenwijk, dans le nord

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(le la Hollande, Professeur de théologie à Cologne et chanoine de Saint André dans la même ville (f 1604). Chez lui encore le IduI pratique est très apparent et tout son travail ne peut être utilisé que comme nn premier essai.

L'ardent controversiste Jacques Greiser S. J., à force de polémiques contre les Calvinistes, n'arrive nulle part à donner un aperçu d'ensemble. L'Oratorien Louis Thomassin, né à Aix en Provence, partisan de Port-Royal (f 1695) a fait un Manuel abrégé qui répond davantage aux exigences modernes et qu'on consulte encore de nos jours avec fruit.

La science éorlologique a été extraordinairement promue par les travaux d'Adrien Baiilet, prêtre séculier, né en 1649 au diocèse de Beauvais ; il jouissait d'une petite prébende à Beaumont et était bibliothécaire de Lamoignon. Ne vivant que pour la science, s'accordant à peine quelque récréation, il parvint à composer un ouvrage important qui mérite d'être placé à côté des travaux de Tillemont, avec lequel d'ailleurs, il avait des affinités d'esprit. Étant donnée l'abondance des matériaux biographiques que l'auteur joint à ses recherches, on ne doit pas être surpris que le développement historique des fêtes de l'Eglise ne ressorte pas avec assez de clarté de son travail. — Prosper Lambertini, plus tard Pape sous le nom de Benoît XIV, étant encore évêque de Bologne, a publié deux monographies de valeur qui traitent d'une manière instructive des fêtes de Notre Seigneur et de la Sainte Vierge.

En dernier lieu, ce sujet a été traité par le docte curé de Bilk (près Dusseldorf) Fr. Ant. Binterim (f 1855), dans un volume spécial de ses « Denkwilrdigkeiten >'.

Il y parle d'abortl de la célébration du dimanche en général, puis des dimanches de l'année ecclésiastique, et enfin, en des paragraphes distincts, des fêles mobiles el des fêles fixes. Nalurellcmont en fait de fêtes fixes il ne peut traiter que des principales en suivant l'ordre des calendriers ; de cette manière la fête de Noël arrive en dernier lieu. L'auteur de ce livre a commencé ses recherches par l'étude comparative des martyrologes, des calendriers et d'autres écrits d'histoire et de comput ecclésiastique. Ils lui ont servi de base sur laquelle il a disposé ensuite ses matériaux historiques et liturgiques. L'avantage de trouver réunis dans la collection de Aligne le plus grand nombre des écrits se rapportant à la matière lui a permis de faire de fréquents essais de conciliation et d'établir des parallèles qui jettent sur les fêtes de l'Église et leur développement une nouvelle lumière.

TABLE CnUONOLOGIQUE

DES FAITS LliS PLUS IMPORTANTS DANS LE DOMAINE DE LA LirUIîGIE ET DES FÊTES ECCLÉSIASTIQUES

I" Siècle. — La fête de Pâques mentionnée par saint Paul (I Cor. v, 7 suiv.) : Pasc/ia fwslriim immolahis est Chrisliis. IlcKjue epiilerniir, non in fcrnienlo velcri... sed in azyniis sincerHalia et verilalis.

W" Siècle. — A Alexandrie, le 6 janvier est regardé par une partie des chrétiens comme le jour de la naissance de Jésus-Christ.

lll'^ Siècle. — La célébration de la Pàque et de la Pentecôte attestée par Tertullien [de Bapt. 19) et par Origène {conlra Cels. viii, 22i.

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