‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 35 sur 299 · Ferraris, Prompîa bibl. m. Art. Fesla, §§ 2 et · texte numérisé non relu

Ferraris, Prompîa bibl. m. Art. Fesla, §§ 2 et

2. Qu'on mette en regard la réflexion suivante du protestant Alt, 2 : <; L'histoire de l'année ecclésiastique fournit trop de preuves, qu'à aucune époque l'Eglise ne s'est montrée avec cette unité parfaite qu'en qualité d'organe du Saint-Esprit elle aurait dû posséder. L'Église d'Occident a institué des fêtes dont l'Esprit saint qui dirigeait l'Église d'Orient ne voulait rien savoir, et vice versa. « Que l'Occident ait adopté des fêtes primitivement en usage en Orient, l'auteur de cette note le démontre en plusieurs endroits de son livre. 11 est vrai de dire que d'autres fêtes restèrent limitées à leur pays d'origine.

sage dès le commencement, a été suivi clans la pratique durant plus d'un siècle et pendant toute la période du développement proprement dit des fêtes, on sera certainement surpris qu'il en soit sorti un tout aussi harmonieux et un ordre aussi parfait. C'est qu'on ne s'est point écarté des lignes fondamentales et naturelles de l'ensemble et qu'on a su s'y conformer dans les discussions synodales.

Les inconvénients qui étaient le résultat de la multiplication disproportionnée des fêtes, avaient été reconnus et relevés par les catholiques eux-mêmes, notamment par Jean Gerson au Concile Provincial de Reims en 1408, puis par Nicolas de Clémangis qui, dans un écrit ^ composé à cet effet, s'était prononcé librement contre Tiniroductionde nouvelles fêtes. Au xvi*^ siècle, les Protestants critiquèrent le trop grand nombre de fêtes dans le libelle Gravamina et, dès 1524, le nombre en fut réglé parle Légat Campeggio; ainsi on en empêcha, à l'avenir, l'augmentation arbitraire 2.

Par suite de l'institution de fêtes locales et diocésaines, le nombre des jours de fête s'est trouvé démesurément accru ; d'autre part il régnait de l'incertitude sur le point de savoir quelles fêtes étaient obligatoires pour tous les fidèles et quelles fêtes ne tombaient pas sous la loi universelle de l'Église. Ces inconvénients,joints aux plaintes des pauvres qui se lamentaient de ce que le trop grand nombre de fêtes les empêchait de gagner le pain quotidien, tandis que d'autres, au contraire, profitaient des nombreuses fêtes dans l'intérêt de la paresse et du

L De nouis fesliuilatibus non insliluendis.

2. IIosPiNiANLs 18. TiiOMASsiN, 1, c. 11 : De la dinilnulion du nombre des fêles.

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plaisir, ces raisons déjà alléguées par Gerson, déterminèrent le Pape Urbain VIII à réglementer Tordre des fêtes et à en tracer les limites pour l'Église Universelle, lesquelles ne devaient pas être dépassées. A cet effet il publia le 24 septembre 1642 l'importante Constitution Universa per orhem, par laquelle il prescrivit les fêtes suivantes : l*' Fêles de Notre Seigneur : Noël, Pâques et la Pentecôte, chacune de ces fêtes avec les deux jours suivants, la Circoncision, l'Epiphanie, l'Ascension, la sainte Trinité, la Fête-Dieu et l'Invention de la sainte Croix. 2° Fêles de la Sainte Vierge : h'd Purification, l'Annonciation, l'Assomption et la Nativité de Marie. 3* Fêtes des Saints : saint Michel (8 mai), la Nativité de saint Jean-Baptiste, saint Pierre et saint Paul, saint André, saint Jacques, saint Jean, saint Thomas, saint Philippe et saint Jacques, saint Barthélemi, saint Mat thieu, les saints Simon et Jude, saint Mathias, saint Laurent, saint Silvestre, saint Joseph, sainte Anne, la Toussaint et le Patron du pays. La réduction, on le voit, était peu importante et frappait principalement des fêtes de Saints de second ordre qui existaient en maint endroit. Telles étaient les fêtes de sainte Marie-Madeleine, de sainte Cécile, de sainte Catherine, de saint Martin, etc. Un fait plus important que la réduction elle-même fut ta conséquence pratique de cette Constitution. Le vieux droit des évêques d'instituer de nouvelles fêtes, droit reconnu naguère encore par le concile de Trente (S. 25 de regul. et mon. cap. 12) perdit toute portée pratique.

Au xviii« siècle, ce fut surtout l'hostilité contre l'Église dans les cours des Bourbons et l'esprit philosophique qui rendirent nécessaires d'autres mesures analogues.

D'abord sur les instances du synode provincial de Tarragone, tenu en 1727, une réduction de fêles fut accordée par le pape Benoît XllI en faveur d'une partie de l'Espagne. A celte occasion s'introduisit la différence entre fêtes entières et demi-fêles^. En effet on ne maintenait Tabstention des œuvres serviles que pour les dimanches et dix-sept fêtes, c. a. d. pour la moitié du nombre indiqué plus haut. Aux dix-sept autres fêtes, on n'obligeait les fidèles qu'à l'assistance à la messe. L'office divin terminé, tous les travaux devaient être permis. En 1748, cette concession fut étendue par Benoît XIV à Naples et à la Sicile, ainsi qu'à quelques diocèses d'Espagne.

En 1754, le même Pape étendit cette réduction à l'Autriche, de manière cependant qu'il n'y eût que quinze fêtes entières en dehors des dimanches. Aux autres jours qui, aux termes de la Bulle Universa per orbem, auraient dû être chômés, on n'exigeait que l'assistance à la sainte messe et l'observance du jeûne, en cas que le jeûne fût prescrit en la vigile d'une fêle supprimée. Mais cette dernière prescription tomba bientôt dans l'oubli et même en ces jours de fêles supprimées, on ne prenait pas bien au sérieux l'assistance à la Messe. Pour ce motif, l'impératrice désirait qu'une modification fût apportée à la loi, ce que fit le pape Clément XIV en publiant en 1771 un nouveau Bref de réduction. En vertu de ce Bref, le jeûne, marqué en la vigile des fêtes supprimées, fut aboli ainsi que l'obligation d'assister k la messe; les fêtes suivantes furent déclarées entières : Noël, saint

1. J, Fessler, Ueber die ahgeschafflen Feierlage, dans Archiu fuer Kirchenrecht, v (1800) 194. — Schuech-Grimmig, //anc/6uc/i der Paslorcd-Tlieolofjie ; 10* éd. p. 338 suiv.

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Etienne, la Circoncision, l'Epiphanie, Pâques et le jour suivant, l'Ascension de Jésus-Christ, la Pentecôte, et le jour suivant, la Fête-Dieu, saint Pierre et saint Paul, la Toussaint, les cinq grandes fêtes de la Sainte Vierge et la fête du Patron du pays : en tout par conséquent dix-huit jours et tous les dimanches de Tannée. Le même règlement des fêtes fut appliqué en 1772 à TÉlectoralde Bavière et en 1775 à la Pologne et à la Prusse orientale. En 1791 il fut introduit dans toute l'Espagne^.

Sous le pontificat de Pie VI, les demandes en réduction des fêtes de la part de certains diocèses et districts, ainsi que la suppression accordée par le Pontife, furent très fréquents, le Bullaire de ce Pape en est la preuve.

Dans la Prusse, après Tannexion de la Silésie, il devint nécessaire de modifier l'ordre des fêtes, ce qui fut fait par un Bref de Clément XIV en date du 24 juin 1772. Spécialement donné pour le diocèse de Breslau,le Bref devint obligatoire pour tous les territoires que comprend la Prusse. On garda les fêtes suivantes: Fêles de Notre Seigneur : Noël, Pâques et la Pentecôte, chacune de ces fêtes avec le jour qui suit, la Circoncision du Seigneur, l'Epiphanie, l'Ascension de Jésus-Christ et la Fête-Dieu. Cinq Fêles de la Sainte Vierge, savoir : la Purification, l'Annonciation, l'Assomption, la Nativité et la Conception ; puis saint Pierre et saint Paul et la Toussaint. Là où l'on fêtait plusieurs patrons, on n'en devait retenir qu'un seul, savoir le Patron principal.

Cet ordre des fêtes ne resta en vigueur que jusqu'en 1788, époque à laquelle le roi Frédéric-Guillaume II chargea Ciofani, son homme d'affaires à Rome, de sol-

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