‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 47 sur 299 · Col., II · texte numérisé non relu

Col., II

3. Justin., Dial. c, xL,p. 111 ; Tertull., Adu. Marc, c. iv, 40 ; V, 7.

des autres pays, il s'éleva aussitôt une grande difficulté, car, dans Tempire romain auquel ils appartenaient tous, plusieurs systèmes de comput et de calendrier étaient en usage. Les Romains, qui étaient la nation dominante, se servaient depuis l'an 43 avant Jésus-Christ du calen dricr julien corrigé ; mais les peuples soumis n'étaient pas obligés d'adopter ce système ; ceux-ci demeurèrent libres de garder autant de temps qu'ils voulaient leurs us et coutumes '. De tous les systèmes en vogue, les calendriers égyptien, syro-macédonien et sémitique étaient d'une grande importance, de même que la manière relative de supputer les années. Il était possible de ramener à des dates romaines celles des calendriers égyptiens et syro-macédoniens. Si la chose n'était pas facile à Ihomme peu instruit, elle pouvait être réalisée par des personnes de culture intellectuelle supérieure, parce que ces systèmes avaient des commencements d'années bien déterminés. Il en était autrement du calendrier juif, qui était basé sur Tannée lunaire et dans lequel les commencements des mois et des années ne coïncidaient jamais avec un jour fixe de l'année solaire. Au temps de Jésus-Christ, l'année égyptienne commençait le 29 août qui était le premier de l'an ; elle avait douze mois de 30 jours chacun, ainsi que 5 jours intercalaires (sTraYÔacvai) qui ne formaient pas de mois. Chaque quatrième année était bissextile, savoir la 3®, la 7^, la 1 1« et la 15® du calendrier julien. L'année syro-macédonienne com-

1. Sous le règne d'Auguste, les Grecs de la Province d'Asie [). 0. se conformèrent, de leur propre mouvement, au calendrier julien, comme le démontre le décret découvert dans une inscrii)lion à Priene. Revue archéologique 1900, p. 357, Milleil. des Kaiserlich archaeolog. Insiiluts zu Alhcn ,1899.

mençait avec l'équinoxe de l'automne. Plus tard, les Syriens adoptèrent, mais seulement en partie et en le modifiant, le calendrier julien ^,

Le système d'intercaler des jours était essentiellement le même chez les Egyptiens que chez les Romains, avec cette différence seulement qu'ils avaient leur année bissextile une année avant l'année bissextile des Romains, en ajoutant un jour intercalaire (eiraYOfj-evai) aux cinq qui existaient, si bien qu'il y en avait six ; ce qui eut pour conséquence que Tannée suivante, c'est-à-dire la 4«, la 8^, la 12% la 16*^, etc., ne commençaient qu'au 30 et non au 29 août -. Pour compter les années on se servait des années de règne des Souverains. Or les Egyptiens faisaient commencer le règne au l^i' Thotz de l'année qui précédait la proclamation du Souverain, d'où il résultait que certains souverains ont plus d'années qu'ils n'ont régné en réalité, tandis que ceux qui n'ont pas régné une année entière sont simplement supprimés 3.

Il était donc difficile aux différentes nations de déterminer d'après leur calendrier le jour de la mort de Jésus-Christ, puisque le 15 du mois de Nisan juif pouvait tombera des jours très différents, tantôt en mars, tantôt en avril ; car ces calendriers reposent sur des principes bien différents. Nous verrons dans la suite combien il était difficile de déterminer en quel jour de Tannée il fallait célébrer la fête de la mort et de la résurrection du Christ.

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