LE DIMANCHE DES RAMEAUX
Le dernier dimanche avant Pâques porte communément le nom de Dimanche des Rameaux (Dominica in ramis Palmariim^ en grec Kjp'.a/.r, t(ov ^atiov). Dans les temps anciens on l'appelait également dominica compelenliiim, parce que en ce jour les catéchumènes faisaient la demande du baptême; dans quelques sacramentaires il est désigné sous le nom de in capitilavio i, parce qu'on lavait la tête aux catéchumènes et qu'on leur coupait les cheveux: préparation en quelque sorte matérielle au baptême.
Au nombre des cérémonies caractéristiques de ce jour est la procession, à laquelle on porte des branches vertes de palmes ou d'autres arbres. Au moyen âge, elle était en usage presque partout, mais on ne rencontre pas toujours la bénédiction des rameaux qui la précède 2, Dans le rite romain celle-ci est très solennelle. Les cérémonies en sont une imitation de la messe et consistent en un Introït, une Oraison, TÉpître, l'Évangile, l'Oraison et la Préface; puis vient la bénédiction proprement dite, formée de cinq oraisons et se terminant par l'aspersion de l'eau bénite et l'encensement. La procession se met alors en marche; elle sort de l'église dont les portes sont
1. Celte expression était usitée en Espas'ne; MABn.LON(De lit. Gai. 32, dans Migne lxxii, 186), cite S. Isidore {de off. eccl. i, 28), comme l'ayant employée.
2. D'après le dictionnaire encycl. de Migne, (p. 671) cette bénédiction n'était pas non plus en usage dans certains diocèses de France, avant l'adoption delà Liturgie romaine.
ensuite fermées. Elles sont rouvertes lorsque le sousdiacre vient les frapper avec Textrémité du bâton de la Croix. La procession rentre alors dans l'église, ce qui rappelle Tenirée du Seigneur par la porte de Jérusalem. Dans la messe qui suit, on chante ou Ton dit la Passion selon l'évangile de saint Matthieu.
Cependant on ne trouve encore rien dans les trois sacramentaires romains les plus anciens qui ait rapport à la procession et à la bénédiction des rameaux ; mais le cérémonial de ces fonctions est marqué avec précision dans VOrdo xn, c. 9 (de Cencio de Sâvellis) et dans YOrdo XV, c. 53 suiv. ; il est vrai que ces deux Ordos ne datent que du moyen âge. A nous en tenir aux livres liturgiques romains, nous trouvons la trace la plus ancienne de l'usage de tenir à la main, pendant l'office, une branche de palmier, dans les textes plus récents du sacramentaire grégorien qui étaient en usage dans les Gaules au ix« et au x*^ siècle. Parmi les oraisons du jour il y en a une qui bénissait les porteurs des rameaux, non les rameaux eux-mêmes. Dans le sacramentaire gélasien et dans le grégorien, le Dimanche porte bien le nom de dominica in PalmiSy mais sur le titre seulement. Il semble par conséquent que, de prime abord, on se soit contenté de tenir à la main, pendant l'office, des branches de palmier et que la procession ne soit entrée dans les usages que plus tard. Dans le missel gothico-gallican, on ne trouve pas même le nom de cette procession, ni aucune indication relative aux branches de palmier. Par contre, le nom se retrouve dans lelectionnaire de Silos et dans celui de Luxeuil. Selon toutes les apparences, la bénédiction des rameaux et la procession qui y est intimement jointe ne furent introduites que dans la seconde