‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 63 sur 299 · Sacr. gelas, i, 35, 36; dans Migne, lxxiv · texte numérisé non relu

Sacr. gelas, i, 35, 36; dans Migne, lxxiv

5. S. Augustin. Sermo 58, c. 11 ; ideo die sabbati : Sermo 212 c. 1, 2.

à ce point que le missel gallican donne à la messe de ce jour le titre de : Missa in Iradilione sijmboli.

Durant tout le moyen âge, l'entrée de Jésus dans Jérusalem était rappelée en plusieurs pays et notamment en Allemagne, par des rites significatifs. Mentionnons la façon naïve dont ce fait était symbolisé par une figure en bois représentant le Sauveur assis surl'ânesse, qu'on conduisait en procession. Puis introduite dans l'église elle était disposée en un lieu convenable où elle recevait au chant de cantiques de circonstance la vénération du clergé et des fidèles, consistant en génuflexions. Elle demeurait exposée toute la journée. Aujourd'hui on trouve encore de ces figures appelées « l'âne des Rameaux » exposées dans les musées de Bâle, Zurich, Munich, Nuremberg, etc.

Le cinquième jour de la semaine sainte, étant le jour où Jésus-Christ fit avec les apôtres la dernière cène pascale et institua le mémorial de sa Passion, porte ordinairement dans les livres liturgiques le nom de Cœna Domini ; chez les Grecs il est simplement appelé ■f, àvîa xa-. \xz-(i\r^ rAixT-r^ « le grand et le saint jeudi ».

Dans le calendrier de Polemius Silvius on trouve au 24 mars cette note singulière : Natalis calicis. Elle est fondée sur ce fait qu'à cette époque on regardait, dans beaucoup d'endroits, le 25 mars comme le jour de la mort et le 27 comme le jour de la résurrection de Jésus-Christ. Le jour de l'institution de la sainte Eufêtes CHRÉTIENNES. — 7.

charistie et du sacrifice de la Messe ne passait donc pas inaperçu dans ce calendrier des fêtes, malgré son imperfection ; il avait un caractère quelque pen solennel, et, chez les Coptes, il apparaît comme un jour de fcte proprement dite.

Le nom de natalis calicis paraît avoir été universellement en usage dans la Gaule méridionale et occidentale. Déjà au vie et yn*^ siècle il se trouve chez S. Avit^ de Vienne et chez S. Eloi de Noyon. Le jour est appelé par ces auteursun jour solennel, so//e/?2n//as, auquel les pécheurs publics étaient partout reçus dans l'Église et auquel se faisait la consécration du saint chrême.

De toutes les tentatives que Ton a faites d'expliquer l'origine du mot « grûndonnerstag » ou « Jeudi vert » nom allemand de ce jour, celle qui s'appuie sur le texte de saint Luc (xxiii, 31) peut paraître la moins invraisemblable. D'après elle, ce jour est appelé jeudi vert parce que, en ce jour les branches sèches, c'est-à-dire les pécheurs, par leur réconciliation avec l'Église, sont redevenus des branches vertes 2. Mais abstraction faite de ce que cette explication a de trop recherché, elle sent trop le travail du savant dans son cabinet, pour avoir pu donner lieu à une appellation devenue si populaire. La vraie explication est plus simple. C'est un fait qu'en ce jour on se servait d'ornements rouges pour la réconciliation des Pénitents, et qu'à la messe solennelle on se servait d'ornements verts 3. De là est venu

1. AviTUS (t 518) v. MiGNE Lxi, 302, 309, 321, 326 ; Eligius (f entre 640 et 659) Hom. 10 ; dans MiGNE,Lxxxvni, 628.

2. Kirchenlexikon v, col. 1309, Art. Grûndonnerstag, par Punkes.

3. Martêne III, 237, 346, 352. Incipiat cantor cum cappa viridi Missam presbytero, diacono et subdiacono indutis ornamentis

le nom. Il est vrai que les livres liturgiques plus anciens qui ont été écrits avant que les couleurs liturgiques fussent adoptées et fixées, n'indiquent pas la couleur des ornements, mais disent simplement qu'en ce jour on doit prendre les ornements solennels [vestes solemniores) . Plus tard, l'usage romain de prendre en ce jour la couleur blanche devint général.

C'est ici le lieu de présenter quelques observations à propos des couleurs des ornements liturgiques.

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