‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 67 sur 299 · Missale golhico-gallic. Migne, lxxii · texte numérisé non relu

Missale golhico-gallic. Migne, lxxii

4. Amalarius, de off. eccL I, 15 : « Et inde communicet populus. Dequo observatione interrogavi Romanum archidiaconum et ille respondit : In statione ubi apostolicus salutat crucem, nemo ibi

En s'en tenant aux sources, on pourrait donc hasarder la conjeclure que Tinlroduction de la messe des Présanclifiés doit être attribuée à des influences grecques ; parla s'expliquerait également ce fait surprenant des passages grecs dans les Impropères. On peut constater, en s'appuyanl sur d'autres laits encore, que cette partie de la Liturgie a subi des modifications dans des temps relativement récents.

Pour ce qui est en particulier des livres liturgiques de l'Église romaine, nous trouvons dans le sacramentaire gélasien la prescription pour le prêtre de se rendre, accompagné de ses clercs, dans le plus profond silence à l'autel sur lequel était posée la sainte croix, et d'y commencer les supplications solennelles en faveur de toute l'Église et de tous les états. Ces prières étaient précédées de la monition de fléchir les genoux à l'oraison pour les Juifs, car la rubrique veut que le diacre l'annonce comme les précédentes K II s'agit des oraisons bien connues du Vendredi-Saint. A cet endroit, le sacramentaire ne fait pas mention encore de l'adoration de la Croix, mais, après les supplications, les diacres vont prendre dans \e sacrarium les deux espèces consacrées la veille et les apportent sur l'autel. Le prêtre les consomme, après avoir vénéré et baisé la croix. Puis tous les assistants vénèrent la croix et communient. Cependant il ne faut pas oublier que le sacramentaire de Gélase ne donne pas le rite romain pur, mais qu'il

communient j>. Migne, cv, 1032. VOrdo romain n'KMicjNEjLxxviii, OôTi marque encore la communion i^énérale (ce communicant omntîs cum silentio). Rahan Maur {de cler. instil. ii, 37) mentionne les autres cérémonies de ce jour (Migne, cvii, 349).

L Adniinlial d'uicnniis ul supra. Sacr. Gel. Migne, lxxiv, 105.

l'a additionné de beaucoup de cérémonies franques qui dérivent probablement d'Alcuin ou de son temps. II faut dire la même chose du texte du sacramentaire grégorien, en usage en France.

Dans ce dernier sacramentaire, les supplications générales ou Monitions se trouvent deux fois, d'abord au mercredi saint, puis au vendredi saint ^ ; mais elles ne sont pas placées, comme dans le gélasien, au commencement de la fonction liturgique. L'office commence plutôt, après que Tévêque a pris place sur son siège, par le chant du Trait Domine audivi ; puis on récite une leçon biblique et on chante un second Trait. Vient ensuite la Passion selon saint Jean, suivie des oraisons ci-dessus mentionnées, le dépouillement des autels termine l'office. La vénération solennelle de la Croix faite devant l'autel par tout le clergé et le peuple n'a lieu qu'à l'heure des Vêpres ; pendant l'adoration de la Croix on chante l'Antienne Ecce ligmim cruels. La messe des Présanctifiés se célébrait, quant aux parties essentielles, comme aujourd'hui, bien qu'il ne soit pas fait mention expressément de l'élévation. Le dépouillement des autels devait durer depuis l'après-midi du Jeudi Saint jusqu'au matin du samedi saint. Mais le sacramentaire grégorien proprement dit ne connaît pas encore tous ces rites ; il ne donne pour le Vendredi Saint que neuf oraisons encore en usage de nos jours, et la bénédiction des catéchumènes.

Le premier des anciens Ordos romains publiés par Mabillon donne un aperçu complet de tous les rites de la semaine sainte aussi bien quant à la psalmodie que

1. Liber sacramenlorum éd. Menard ; Migne, lxxvhii, 29, 86 suiv.

quant aux cérémonies. Mabillon place la composition de ces Ordos au ix*" siècle ^ D'après ce directoire, la psalmodie devait commencer à minuit ; les cierges sont éteints peu à peu, comme le jour précédent, la prière faite à voix basse, indique le deuil, de même l'omission du glnria Pcilrî. On va prendre l'hostie sainte à l'endroit où elle a été déposée la veille, et la messe des Présanctifiés commence. Celle-ci se compose de la Préface, du Piller, de la prière Libéra nos, du Fax Domini et de la communion de tous les assistants, laquelle cependant manque dans le rite romain actuel. Comme aujourd'hui encore, l'adoration de la Croix précédait la messe. Dans les couvents on faisait une procession à l'intérieur du cloître. Le Rite de la messe que l'on remarque ici est le même quant aux parties essentielles que celui du sacramenlaire grégorien en usage en France. Qu'on remarque ce fait particulier que les oraisons solennelles des iMonitions avaient lieu deux fois, le mercredi saint et le vendredi saint. Ainsi, à la place d'un vendredi saint célébré autrefois presque sans aucune cérémonie, nous avons, au ix« siècle, un vendredi saint doté d'un rite liturgique d'une grande richesse, lequel, dans ses parties essentielles, est le même que celui de nos jours.

DIGRESSION SUR Lt: NOM DE MESSE

L'expression Missa, la messe, ne doit pas son origine à la science théologique, mais elle s'est fixée, dans le langage populaire, pendant le cours des siècles. Les écrivains ecclésiastiques les plus anciens parlent souvent du saint sacrifice de la Messe et ils le font avec toute la clarté dé-

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