‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 72 sur 299 · Ep.i, 20, G · texte numérisé non relu

Ep.i, 20, G

n'ayant pas encore reçu le l)aptome, ne pouvaient pas assister au sacrifice de la messe.

On a objecté contre cette manière d'exposer les faits ^ que, dans ce passage, missa avait quand même le sens de sacrifice de la messe, parce que l'acte du renvoi étant très court, S. Ambroise n'avait pas pu dire pour le désigner : missam facere coepi. Nous répondons que la durée d'un acte, pour qu'on en puisse marquer le commencement, le milieu et la fin, dépend des circonstances. Or l'acte de renvoyer les comp^/e/z/es était pour cela d'une durée suffisante. Les Constitutions Apostoliques nous en donnent la formule. Les prières qu'on faisait à l'occasion du renvoi des catéchumènes y remplissent trois pages d'impression {Consl. Ap. vin, 5 ; § 6 jusqu'à vi, §4). A la cérémonie du renvoi des candidats au baptême, on récitait trois prières, dites l'une par le diacre, l'autre par les catéchumènes, et la troisième par l'évêque qui donnait ensuite la bénédiction. 11 faut y ajouter une allocution spéciale de l'évêque comme nous en avons deux dans S. Augustin [sermo 215 et 216). L'acte par conséquent avait une durée suffisante poui' qu'on en pût distinguer le commencement, le milieu et la fin.

En résumé : le mot missa est employé dès le iv* siècle pour désigner les différentes Heures canoniales ; au vi" et au VHP siècle il devient l'expression technique pour désigner le sacrifice de la messe ; peu à peu il fait disparaître l'ancien mode de parler lequel, néanmoins, se conserve, dans des cas isolés, jusqu'au ix° siècle pour disparaître complètement au moyen âge.

1. P. e. le Professeur FuNK dans Tiib. Theol. Quarlalsch. 1904, l" fascicule.

Ce jour est également un jour de deuil ; ce qui résulte de ce fait que, dans l'église orientale, le samedi saint est un jour de jeûne, bien que, dans cette église, on ne jeûne jamais le samedi. Cependant la tristesse de ce jour est atténuée par la pensée de la résurrection prochaine ; aussi dans la messe on fait déjà résonner V Alléluia^ cri de joie qui ne s'élait plus fait entendre depuis la Septuagésime K

La cérémonie commence, comme les jours précédents, par la récitation nocturne des Psaumes, où les lumières sont également éteintes graduellement. Cet usage est très ancien^ mais celui du cierge triangulaire avec la cérémonie du Lumen Christi esi d'origine plus récente 2.

Ciiez les auteurs du moyen âge, la description des autres cérémonies de ce jour commence par la bénédiction du feu, cérémonie qui se fait encore aujourd'hui de grand matin. Pour expliquer l'origine de ce rite on a prétendu que cette bénédiction n'avait pas seulement lieu en ce jour, mais qu'elle se faisait tous les soirs à Vêpres 3. Mais les preuves apportées en faveur de cette

1. Chez les Grecs l'usage de V Alléluia est conservé pendant le carême, Maltzew, 8G.

2. On le trouve pour la première fois dans VOrdo Rom^ xiv, n. 94 [ww^ siècle); Migne, lxxviu, r218. Bintehim, Denkw. v, 221.

3. Cette opinion est soutenue par Thomassin, 330 suiv. L'opinion contraire est défendue par Binterim [Denkw. v, 214) qui fait Justement remarquer qu'à Rome la bénédiction du feu était inconnue au vuie siècle, comme le prouve la ré|>onse du Pape Zacharie à la question faite à ce sujet par S. Boniface. Elle n'y fut adoptée que par le Pape Léon IV. Elle semble être une transformation

Opinion ne sont pas suffisamment solides ; d'autre part, ce rite est particulièrement adapté au samedi saint comme étant le lerme légal pour l'administration du baptême qu'on aimait à appeler illuminai ion (illuminalio, cpco-:i7;jLÔç) si bien que l'expression illuminati était communément employée pour désigner les néophytes.

La bénédiction du cierge pascal doit sans doute sou origine à ce même ordre d'idée. La question de l'origine de cet usage n'est pas élucidée encore. On a démontré qu'en Espagne la bénédiction d'un cierge et d'une lampe [lucerna) dans la nuit de Pâques était générale au VII® siècle, et l'adoption de cet usage fut également recommandée aux églises de Gallicie par le quatrième synode de Tolède (633, can. 9). Le cierge pascal est un symbole du Clirist ; il est bénit au chant de VExullel appelé praeconium paschale , chant de lriom[)he magnifique qu'on attribue à S. Augustin. Ce cierge est allumé à l'office principal pendant tout le temps pascal ; il est placé à côté de l'autel sur un chandelier particulier. Dans les écrits d'Ennodius, évêque de Pavie (y 521), on trouve deux préfaces pour la bénédiction de ce cierge ; les auteurs de Liturgie du moyenâge en font généralement remonter la bénédiction au pape Zozime ^.

Les cérémonies liturgiques proprement dites du sa-

ccciésiastique des feux pascals usités chez les Germains. Les sacraiiienLaiies romains les plus anciens ne la connaissent pas encore.

1. Il est vrai qu'on ne lit dans la vie de Zosime {Vila Zosimi) mort en 118, que ces pai'olcs : « i^er parrocia concessa liccntia cereum benedici ». On peut se demander si ces mots obscurs ont tr;iit au cierge pascal. V. Mgr Duchesne, Liber ponlif. I, 225.

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medi saint ne commençaient autrefois que dans l'aprèsmidi, la matinée étant employée à rornementation de l'église et aux préparatifs de la fête K Ces cérémonies sont : la bénédiction du cierge pascal, la lecture des prophéties de l'Ancien Testament et la bénédiction des fonts baptismaux. Ces cérémonies doivent être considérées comme des actes préparatoires à l'administration du baptême solennel. Elles commençaient le soir, comme nous Tavons dit déjà. La nuit se passait en veilles (pervigiliiim paschœ). Les actes préparatoires étant terminés, on conférait le baptême aux néopliytes, après lequel on célébrait la messe du jour. Pour y assister, les néophytes, accompagnés des fidèles et du clergé, se rendaient processionnellement de l'église du baptistère, quand il yen avait une, à l'église principale. L'empereur Constantin faisait illuminer pendant cette nuit les rues et les places de la capitale, comme aux jours de fête. Lui-même, en qualité de catéchumène, passait la nuit en prière dans sa chapelle domestique et sanctifiait par d'abondantes aumônes la fête de Pâques. Dans les livres liturgiques la messe est intitulée : in vigilia Paschœ. Comme elle ne commençait qu'après minuit, on y pouvait chanter déjà V Alléluia. Cette disposition de l'horaire était encore en vigueur

1. Hoc autem die inclinante ad vesperam slatuta célébra lio noctis Dominicœ in ecclesia incipitur etc. Raban Maur. de cleric. institut, ir, 38, Migne, cvii, 350. I^ost nonam (donc à 3 heures) vesliantur omnes qui ad sacram aliquid liabuerint legendi etc. Cons. Farf. éd. Albers, 55. La même lieure est indiquée par les Constilul. Lanfranci, Migne, cl, 4G6. D'après TOrdo Romain X, app. n. 16 les cérémonies commençaient à midi {liora sexto). Chez les Grecs et les Russes, la messe commence encore de nos jours après l'office du soir ou après Vêpres. Maltzew, xcni. Hefele, Beitrage u, 291.

an xi« siècle, car Riiperl de Beulz {de div. off. vu, 11) en parle comme d'une institution établie, et ce ne fut que plus tard que les actes précités furent placés dans Ja matinée du samedi, ainsi que la messe; l'Alleluia fut donc anticipé. On y ajoutait Toffice pascal de la psalmodie, lequel devait être naturellement le plus court possible, puisque les autres cérémonies réclamaient tant de temps. Pour le même motif le sermon était habituellement court, le jour de Pâques ^.

Dans l'antiquité, au contraire, le rite romain était beaucoup plus simple. La cérémonie commençait par la profession de foi de la part des néophytes, et une prière du Pape sur eux. Puis suivaient les autres actes préparatoires au baptême, les renoncements, quatre leçons de l'Ancien Testament, le chant du Psaume 41® avec deux oraisons, la bénédiction de Teau baptismale, le baptême lui-même et la confirmation des nouveaux baptisés. La messe terminait les cérémonies^.

Si nous examinons ce que les autres livres liturgiques présentent encore de particulier, nous trouvons dans le Missale Gallicamim 3, après les oraisons qui suivent les ditïerentes heures, VExuUei et la bénédiction du cierge pascal, puis des supplications générales pour les dilîérents étals de la chrétienté, finalement pour les néophytes et les Compelenles. Puis viennent les cérémonies du baptême {opiis ad baplizandum) c'està-dire les exorcismes, la bénédiction des fonts, le lave-

1. Cfr. Augustin, Scrm. 228 in die Pascliae v : Post laborem noctis praeteritae... diu vos tenere sermone lion débet. En Afrlcjne le baptême avait également lieu dans la nuit du samedi au dimanche {Serm. 214, c. 1).

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