‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 78 sur 299 · Ifist. eccl. V · texte numérisé non relu

Ifist. eccl. V

£-pô'j7'. TT.v Y,[jt.ipav auTwv. EusEB., 1. c. De Funk soiiliciit cette inlerfirétation (i. c. p. 242) contre Probst.

de Teau, du pain et du sel, tandis qu'on passait les deux derniers jours sans rien prendre du tout. Le jeûne est ainsi rapporté par \aDidascalee et plus tard par les Constitutions Apostoliques (v, 15). Parconséquent, on jeûnait de cette manière dans la Syrie ainsi qu'à Alexandrie, comme l'atteste Denis, évoque de cette ville^.

L'inscription qu'on lit sur la fameuse statue de S. Hippolyle à Rome : « Le jeûne doit être interrompu, lorsqu'il se rencontre un dimanche » ^ atteste, pour le milieu du iii« siècle, un jeûne qui dure au-delà du dimanche, par conséquent plus d'une semaine. Le jeûne en question devait être au moins de quinze jours, ce qui donne un point d'appui aux canons contestés (20*^ et 22^) d'Hippolyte.

Au iv^ siècle on rencontre un grand nombre de témoignages en faveur du jeûne de 40 jours, aussi bien chez des auteurs tels qu'Eusèbe, Cyrille de Jérusalem, Ambroise et autres que dans la législation ecclésiastique, par exemple dans les canons apostoliques (can. 69). Notamment le canon 5 du premier synode de Nicée mentionne déjà le carême comme une institution existante. Mais à cette époque elle n'était évidemment pas encore adoptée uniformément dans toutes les provinces ecclésiastiques, ainsi que l'indiquent les lettres de fêtes de saint Athanase.

Ces lettres sont en tout cas le témoignage le plus im-

1. Le témoignage (I'Origène en faveur du jeune des 40 jours, n'est pas admissible : ce prétendu témoignage n'est que celui deRufin, son traducteur, V. Funk, 1. c.

'2. j^Trovr^ffxttsaOat osT ou av efi-iréarj KoptaxTr^. Ce passage n'a pas été pris en considération par Funk dans la dissertation qu'on vient de citer. Les conclusions de l'auteur doivent donc être modifiées dans ce sens.

porlaiU en faveur du jeûne de 40 jours qui précédait Pâques. La première qui appartient à l'année 3"29 se contente d'ordonner un u saint jeûne de six jours » depuis le lundi jusqu'au samedi de la semaine sainte '. La seconde qui fut écrite en 330 et toutes les suivantes exigent un jeûne de quarante jours, à commencer au lundi de la sixième semaine avant Pâques 2. Comment expliquer ce fait singulier qu'un jeûne de six jours ait pu se changer en un jeûne de 40 jours? Les lettres ne le font pas.

Cependant l'épîlre qui accompagne la 11^ de ces lettres, écrite par S. Athanase à Rome, est propre à jeter quelque lumière sur le développement de cette observance. Car il écrit à Sérapion, d'abord abbé, puis évêque de Thmuis de vouloir annoncer aux frères le jeûne des quarante jours et leur faire comprendre la nécessité du jeûne « de peur que, pendant que tout le monde jeûne, nous qui vivons en Egypte ne soyons un objet de risée, parce que nous ne jeûnons pas ». Plus loin cette recommandation est répétée d'une manière plus accentuée encore : que Sérapion instruise les siens qu'ils doivent jeûner 3 quarante jours. Il semble indiquer que l'usage de jeûner, bien que n'existant pas encore en Egypte, était en vigueur partout ailleurs, notamment à Rome. Dans la 19« lettre, à la fin, se trouve une phrase sévère contre ceux qui estiment peu le jeûne ^. C'est donc là l'abstinence (ascèse) de quarante jours dont parle Eu-

1. Lausonv. Feslbriefe des h. Alhanasius, p. G2. ?. Ihifl. p. m.

^.^. Ibid. p. 127.

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