Ibid. p
sèbe comme étant en usage pendant les six semaines avant Pâques ^.
L'auteur de la Peregrinatio Silviae donne les détails précis qui suivent sur la manière dont le jeûne était observé à Jérusalem au IV® siècle. Le temps de la préparation à la fête de Pâques durait non pas quarante jours, comme dans la Gaule, mais huit semaines ; on jeûnait tous les jours, sauf les samedis et les dimanches. De cette dernière règle était excepté le Samedi Saint, jour auquel on jeûnait. On avait ainsi 41 jours déjeune appelés lopxat, en latin feriae. Les jours de semaine pendant le temps de carême, la Psalmodie avait lieu comme le dimanche, et l'évêque lisait à haute voix l'Evangile respectif; mais le sacrifice de la messe [oblatio] n'était offert que les dimanches et les samedis. En différents jours, on faisait également des processions aux diverses églises ; celles-ci duraient jusqu'à 11 heures.
Les aliments de carême consistaient en eau et en une espèce de bouillie de farine [pulmentiim) ; on s'abstenait même de fruits, d'huile et de pain. Les catéchumènes jeûnaient également le mercredi et le vendredi. Parmi les fidèles il y en avait qui n'avaient rien mangé depuis le repas du dimanche jusqu'au samedi suivant, c'est-àdire pendant cinq jours, et qui, le reste de l'année, ne faisaient qu'un seul repas par jour. D'autres s'abstenaient en temps de carême de tout aliment pendant deux jours ; d'autres pratiquaient le jeûne de manière à ne rien prendre toute la journée avant le soir ^. Cette dernière pratique rappelle celle que mentionne S. Irénée. Il faut remarquer ici que l'usage de ne pas jeûner le samedi