‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 83 sur 299 · Augustin, ep. ad Jan. c. 4 ; Migne, ii · texte numérisé non relu

Augustin, ep. ad Jan. c. 4 ; Migne, ii

nom de dimanche où l'on mange du fromage (Kupiaxf, Tou Tapo9aYûD), l'usage du laitage est également prohibé ; les dimanches suivants sont comptés comme premier, second, troisième, quatrième, cinquième dimanche de Carême ; seulement le premier porte encore le nom de dimanche de l'orthodoxie, en souvenir de la lin de la guerre iconoclaste. Plus tard les Grecs donnèrent trop d'importance à la question à savoir, s'il est permis de jeûner le samedi; dans les Canons Apostoliques, on interdit même cette pratique sous des peines ecclésiastiques i. Plus tard encore cette divergence fut rangée au nombre des points controversés entre les deux Eglises grecque et latine.

L'affirmation de Socrate ^ qu'à Rome le jeûne ne durait que trois semaines, est aujourd'hui reconnue par tout le monde comme erronée, d'autant plus que le mêmeauteur ajoute cette remarque également erronée: « en dehors des samedis et des dimanches », car à Rome le samedi passait toujours comme jour de jeûne. En face des témoignages précis de S. Léon I au sujet du Carême, l'affirmation de cet historien ne saurait prévaloir, bien que Valésius et Baillet s'efforcent de la faire passer pour exacte.

Le fait que le jeûne de quarante jours ne fut pas, au commencement, observé dans l'Église universelle, et ne devint général qu'au fur et à mesure, s'explique peut-être par l'existence de jours de jeûne suffisamment nombreux. 11 y a, en effet, un grand nombre d'indices d'après lesquels l'usage d'observer le jeûne le mercredi

L TrulL, 55.

2. Hist. eccl. v, 22. Sozomène (vu, 19) et Cassiodore {hisl. mise.) (ix, 38) n'ont fait que copier Socrate.

elle vendredi de chaque semaine, pendant toute Tannée, était assez général. On n'exceptait que le temps compris entre Pûques et la Pentecôte. On jeûnait le mercredi, parce qu'en ce jour le Seigneur fut vendu aux Juifs ; on jeûnait le vendredi, parce qu'en ce jour il souffrit. A Cartilage, où Ton possède en faveur de cette assertion des témoignages particulièrement sûrs, on appelait ce jeûne stalionnal ^. Mais il semble qu'en Orient il ait été observé également d'une manière générale 2, Les Constitutions Apostoliques le supposent, les Canons dits Apostoliques '^ le prescrivent et dans les canons d'Hippolyte ^, le jeûne de la quatrième et de la sixième férié apparaît à côté du jeûne quadragésimal. Comme il n'est plus fait mention de cette manière de jeûne dans les écrits de date postérieure, et comme la pratique de ce jeûne a totalement disparu, il esta présumer qu'elle a été abolie et qu'on lui a substitué le jeûne quadragésimal, qui fut de plus en plus en faveur et trouva une diffusion de plus en plus grande. Néanmoins il resta en vigueur à côté du jeûne du carême pendant un temps considérable; on dit même que, chez les Grecs, il est encore en usage de nos jours ^. Non seulement S. Augustin rappelle à la fin du ive siècle qu'à Rome on jeûne le mercredi, le vendredi et parfois le samedi, mais encore Innocent I regarde comme un devoir de jeûner le samedi pendant toute Tannée ; Pru-

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