‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 87 sur 299 · Hom. de Slat., 3, 4 dans l'exorde · texte numérisé non relu

Hom. de Slat., 3, 4 dans l'exorde

3. Decr. ad Bulg ; ep. 97, c. 4 ; Migne, xcvii, 980. Binterim, Denkw. v, 2, 168. Dist. 3, de consecr. el usa carnium. Dist. 5, c. Quia dies.

4. V. pour plus de détails, Ferraris, Prompta bibliolh. à l'article : Abstinentia i, 42.

trouve pas de preuves dans ranli(|uilé que rabslinonce seule, sans èlre accompagnée du jeune, ait élé prescrite par l'Église ^.

LE TEMPS TRÉPARATOIRE A PAQUES CONSIDÉRÉ COMME ÉLÉMENT DE l' ANNÉE ECCLÉSL\ST10UE.

Dans les sermons de S. Augustin et de S. Léon le Grand, on ne voit pas encore que le temps préparatoire à Pâques soit divisé en deux périodes et que les dimanches portent des dénominations spéciales. Mais dans le missale gothico-gallicaniim, sacramentaire gallican très ancien, on trouve cinq messes sous le titre : Missa jejunii ou in rjuadragesima^ sans autre indication de temps ; elles étaient suffisantes, par conséquent, pour les cinq dimanches avant les Rameaux. Il est vrai que les expressions de Sexagésime et Qiiinquagésinie se rencontrent déjà dans les canons du quatrième synode d'Orléans ; mais ce n'est qu'à partir du vin" siècle qu'elles apparaissent dans les livres liturgiques comme dénomination permanente des dimanches avant Pâques. Le sacramentaire dit Grégorien cite déjà les noms des dimanches de la Septuagésime, de la Sexagésime et de la Ouinquagésime ; il compte ensuite cinq dimanches de Carême jusqu'au dimanche des Rameaux.

Les noms de Septuagésime etc. ne se rencontrent pas encore dans l'ancien sacramentaire espagnol mozarabe.

1. Les jeûnes étant observés, dans le moyen âge, avec une grande sévérité, on avait l'habitude de s'en dédommager un peu la veille. De là est venu l'expression allemande Faslnachl, et celle en français de « mardi gras >> veille du mercredi des cendres. Hélas ! de nos jours le mardi gras dure trois jours et i)aifois se prolonge au-delà du mercredi.

Les dimanches après l'Epiphanie y portent les numéros de 1 à 8 ; mais tous ne sont pas toujours célébrés, suivant que Pâques arrive tôt ou tard. Puis vient le dimanche ante diem cineris ; suivent les cinq dimanches du carême et enfln la Dominica in ramis palmariim.

Le lectionnaire de Silos, publié depuis peu, et qui appartient à Fancien rite de Tolède et date environ de 650, présente une forme encore plus simple de Tannée ecclésiastique. Il ne numérote ni les dimanches après rÉpiphanie ni ceux après la Pentecôte, mais seulement ceux du carême et il se contente de donner vingl-quatre messes différentes, une pour chaque dimanche de Tannée.

Un vestige de la durée primitive du temps du carême, c'est-à-dire de six semaines ou de 42 jours, s'est conservé dans notre missel actuel où nous lisons toujours dans la secrète du premier dimanche : Sacrificium qimdragesimalis initii solemniler immolamus. De même la Rubrique, d'après laquelle les vêpres ne doivent être récitées anle comeslionem qu'à partir du premier dimanche du Carême, rappelle cette ancienne institution. Comme on ne jeûnait nulle part les dimanches, il n'y avait en réalité pour les églises d'Occident que 36 jours de jeûne, preuve que le mot Qiiadragesima ne désignait primitivement que le nombre de jours consacrés au temps de la préparation. Mais comme Notre Seigneur avait jeûné pendant quarante jours, on s'efforça d'obtenir réellement ce nombre et pour cela on ajouta au commencement les quatre jours qui y manquaient. Ce changement ne s'opéra qu'à la fin du vii^ ou au commencement du viii*^ siècle ; nous le voyons pour la première fois seulement dans le sacramentaire de Gé-

lase ', pendant que S. Grégoire le Grand 2 complail encore 36 jours efî'ectifs déjeune. On ajouta encore au temps de la préparation les 3 dimanches qui précèdent, lesquels reçurent les noms de SepUiagesima^ Sexagesima^ Oiiinqaagesima. Le vrai commencement du jeûne devint alors le mercredi avant le premier dimanche de Carême ; dans le sacramentaire grégorien, ce jour est doté d'une messe propre, mais il ne porte pas encore son nom actuel de mercredi des cendres [feria iv cineriim).

Son nom lui vient de l'imposition des cendres. Imposer les cendres sur la tête des pénitents en signe de douil, faisait partie des cérémonies de la pénitence canonique. Or, comme la pénitence publique commençait ordinairement avec le temps du carême et finissait avec lui, le dit usage s'attacha à ce jour, et bientôt il fut pratiqué non plus seulement par les pénitents mais encore par tout le monde, pendant que le synode de Bénévent, en 109ï,le prescrivit encore pour les clercs. La cendre devait être celle des branches brûlées qui avaient servi le dimanche des Rameaux précédent. Aujourd'hui cette cendre reçoit une bénédiction spéciale.

Il faut observer encore que le temps quadragésimal n'est pas consacré au souvenir de la Passion de Jésus- Christ. La Semaine Sainte seule a ce but particulier. Ce n'est donc pas le but du Carême de porter les fidèles à la méditation des souffrances de Jésus-Christ, mais seulement de les préparer à la digne célébration de Pûques par le jeûne, les exercices de la pénitence et la privation de plaisirs permis. C'est pourquoi les prières

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