‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 89 sur 299 · Sdcram. gelas. Migne, lxxiv · texte numérisé non relu

Sdcram. gelas. Migne, lxxiv

2. Tout au plus le mercredi après Laelcœe, lisons-nous : Effundam super vos aqiiam mundam, et le samedi avant le dimanche de la Passion : Silienles ueniîe ad aquas.

de Jésus-Christ et sa tentation par le démon se lisait déjà en ce jour au temps de S. Léon le Grand. L'évangile du second dimanche a pour objet la transfiguration sur le mont Thabor ; les évangiles des deux dimanches suivants traitent de la guérison du sourd-muet, de Jésus chassant les démons et de la multiplication miraculeuse des pains. L'évangile du dimanche de la Passion rapporte la discussion de Jésus avec les Juifs et la tentative faite par ceux-ci de le lapider.

Au moyen âge, on rendait sensible aux yeux le commencement et la durée du carême en suspendant un grand rideau entre le chœur et la nef de l'église, le mercredi des Cendres ou, suivant Durand, le dimanche suivant. On l'appelait « drap du carême », mot que le langage populaire changea vite en celui de drap de la faim. Il restait suspendu jusqu'au Vendredi Saint. En plusieurs lieux on le retirait le dimanche, évidemment parce qu'en ce jour on ne jeûnait pas. Le plus souvent le drap était sans ornements, mais parfois il était orné de représentations tirées de l'histoire sainte, La première mention qui en soit faite dans les documents remonte au xi« siècle ; mais l'usage remonte certainement à des temps plus reculés. En certains pays, comme en Westphalie et dans le Hanovre, l'usage s'en est conservé jusqu'à nos jours. Il existe de ces draps dans les musées et aussi dans les greniers ou décharges des sacristies ; on les prend parfois, par erreur, pour des tapis. Le but de ces draps était purement et simplement un but pratique. Ils rappelaient aux gens du commun qui n'avaient pas de calendrier, que le carême était commencé. On ne manquait pas naturellement de trouver à cet usage des significations allé-

goriques ; on en rencontre déjà chez Rupert de Denlz^. Il existe un usage analogue en Russie, où l'on ferme le rideau de Tautel le premier dimanche de carême ; on ne le rouvre qu'au dimanche des Rameaux.

Pendant les six premiers siècles, c'était un principe établi que, pendant le temps du carême, on ne devait pas célébrer de fêtes de saints. La première exception à celte loi fut faile par le synode sab triillo en faveur de la fête de l'Annonciation de la Sainte Vierge. En Occident on abandonna bientôt cette règle. Par contre, on y exprime le sentiment de deuil en supprimant YAlleluia pendant tout le carême, usage que l'église grecque ignore. Les prières du temps du Carême ont toutes un cachet particulièrement sévère et l'office liturgique apparaît de bonne heure richement fourni, puisque chaque jour de la semaine a sa messe propre. Dans les temps plus anciens on faisait à Rome une procession chaque jour. Le Pape, entouré du clergé, se rendait en cortège solennel à une des églises de la ville où il s'arrêtait {statio) et où Ton chantait alors la messe.

Dans le calendrier ecclésiastique actuel, le mystère de la Transfiguration a une fête spéciale, le 6 août [festiim transfigurationis). Etant fixée à un jour du mois, elle est en dehors de l'ordre de l'année ecclésiastique et suit les règles des fêtes des saints. Dès l'antiquité, cette fête était solennisée en des jours différents dans les diverses églises de TOrient et de l'Occident. La date actuelle

1. Lanfranc, Décréta § 3 ; Migne, cl, 453. Rupert. Tuit. De diu. off. IV, 9. HoNORius AuG. Gemma, 111,46. DuRANDUs, Rationale 1,3. Cet auteur parle de deux rideaux de cette espèce qu'il appelle corlinae. Heuser, art. Fastentuch dans le Kirchenlexicon, iv, 1255. ScHRiWER, Der Dom zu Osnabriïck, ]90LMaltzew, Triodion, vi.

l'ascension 153

du 6 août lui fût assignée en 1457 par Calixte III en mémoire de la victoire remportée sur les Turcs à Belgrade par S. Jean de Capistran et Georges Ilunyadi. En ciioisissant ce jour, le Pape semble s'être conformé au calendrier des grecs qui, depuis longtemps, célébraient la fête en ce jour. Elle se trouve déjà dans les Synaxaires des Coptes publiés par Selden et le cardinal Mai, dans le Ménologe de Constantinople du vme siècle et plus tard dans le sacramentaire de Naples et chez les Syriens orthodoxes. Elle était par conséquent commune en Orient. On trouve des sermons sur cette fcHe chez S. Augustin et S. Léon le Grand ^.

La tendance de célébrer une seconde fois en dehors du carême des événements qui, par rapport au temps, tombent dans le carême, apparaît également dans la fête des sept douleurs de la sainte Vierge, dont il sera question dans la seconde partie.

§ n. — L\ASCExsioy de notre seigneur.

Bien qu'une fête particulière destinée à rappeler le retour du Sauveur dans le ciel ne se rencontre ni chez Terlullien, ni chez Origène dans les listes les plus anciennes des fêtes de TÉglise au m® siècle, néanmoins les expressions dont se servent les témoins les plus anciens pour en parler, permettent de conclure que ce jour était célébré de très bonne heure. Le premier té-

1. V. sur cette fête : Baillet, u. 104; B.eumer, Geschichle des Brev. 299, 355; Maltzew, Marzoul n, Schnelleh, LU. Sacra, iv, 053 suiv.

moignage ayant trait à cette fête se trouve chez Eusèbe. Dans l'écrit qu'il a composé à l'occasion des discussions du premier concile œcuménique sur la fête de Pâques (325) cet auteur l'appelle « jour très solennel ». L'historien Socrate le désigne sous le nom de fête universelle ^. Au nombre des écrits officiels il faut ranger le règlement d'église, inséré dans les Constitutions Apostoliques 2 ; la fête y est désigné sous le nom d'Assomption (àvâXrj^'tç. Dans S. Luc (ix, 51) on trouve la forme a.v%lri\j.<^iç) . Les nombreux sermons qui se rencontrent chez les Pères de l'Église fournissent un autre témoignage officiel en faveur de Texistence de la fête. Saint Augustin incline à en faii'e remonter l'origine à une disposition des Apôtres ou à la décision d'un concile général ^ ; mais ce dernier point n'a pu être démontré. Dès la fin des persécutions, la fête de l'Ascension prit d'elle-même droit de cité dans toutes les parties de l'Église, sans qu'il fût besoin d'aucune impulsion venue de plus haut. Il n'était pas possible, en effet, que le dernier épisode de la vie du Sauveur sur la terre passât inaperçu dans le cycle des fêtes et dans la Liturgie ; d'autant plus que le lieu d'où le Sauveur était remonté auprès de son Père, fut bientôt mis en honneur. En effet, l'impératrice sainte Hélène fit élever sur la montagne des Oliviers une basilique magnifiques^ laquelle, malheureusement détruite par les Sarrasins, ne fut jamais réédifiée. Seule, une petite église sans

1. EusEB. De soL pasch. c. 5, Migne, 24Ù99 ; — Socrates, H. e., VII, 26. Quant au canon 43 du concile d'Elvire, v. ci-dessous§12.

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