‹ L'année ecclésiastique et liturgique [microforme]Chapitre 194 sur 204 · SE LA · texte numérisé non relu

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prochain. Ces deux amours ne peuvent pas être l’un sans l’autre. Pour aimer Dieu, il faut aimer aussi le prochain. La règle de l'amour du prochain, c’est de l'aimer comme soi-même ; c'est d’imiter pour lui ce que nous faisons pour nous-mêmes, écartant de lui le mal, lui souhaitant et lui procurant le bien que nous pouvons. C'est là une règle infaillible de l'amour du prochain. Aimer, c’est vouloir du bien, dit saint Augustin ; il faut donc éviter que notre amour soit dommageable et pernicieux au prochain. Le rendre coupable pour notre intérêt et notre plaisir, ce n’est pas l'aimer, mais c’est plutôt pour nous aimer nousmêmes, faire véritablement acte d’inimitié contre lui. Aimons-nous les uns les autres, saintement et sincèrement, mais sans nous rechercher nous-mêmes, au détriment de ceux que nous prétendons aimer.

Nous avons un devoir particulier de nous entr'aimer dans le saint état, C’est aussi le moyen de trouver ce que nous y sommes venues chercher : la paix dans l'union à Dieu. Sous le même habit, mues par le même dessein, dans la même maison, ennemies et éloignées du monde, ne faisons qu'un entre nous, dans Notre-Seigueur qui a demandé à son Père, pour

nous, celte charité et cette union. Il nous en donne à l'exemple, en disant : ‘ Aimez-vous les uns les autres ma comme je vous ai aimés moi-même.” Et saint Paul lui nous dit de nous entre-supporter, pour remplir le pré- tue # de Jésus-Christ. Pardonnons-nous nos faiblesses âm et nos défauts mutuellement, et nous allégerons notre avo propre fardeau et celui des autres. Faites-nous-en la Qu

grâce, Ô vous, Seigneur, qui avez compati à nos ma

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misères, qui les avez suulagées, et les avez prises sur vous-même. Vous avez été pour nous le vrai Samari-

tain. Nous voulons que notre charité soit modelée sur la vôtre.

XIIIe DIMANCHE APRÈS LA F £MTECÔTE.

JÉSUS-CHRINT GLUÉRIT DIX LÉPFREUX.

Ir Pornr.—La lèpre corporelle était l'emblème de la lèpre spirituelle, c’est-à-dire du péché. Les mêmes mirux et misères.unissent ceux qui en sont les objets, soit qu'ils soient os, soit qu'ils soient méchants. L'union des bons réjouit le ciel et la terre :, ils s’aident pour le bien. C'est le contraire pour les méchants ; ils désolent par leur but. Ils s'unissent afin de s’autoriser dans le mal. Tls recherchent ceux qui leur ressemblent ; la triste nature y trouve son compte. Les justes tièdes ont aussi de la préférence pour les tièdes. Ils s'appuient sur l'exemple de leur relâchement. Bien au contraire, c'est avec Jes justes fervents qu'ils devraient aimer à vivre et à converser, afin de se ranimer dans le bien. Les dix lépreux étaient réunis à cause de la répulsion qu’excitait l'horreur de leur maladie. La lèpre corporelle défigure la personne, et lui donne un aspect hideux. Oh! que la lèpre spirituelle qu’elle figure est plus hideuse encore dans les âmes ! Et qu'une personne vouée à Dieu par état doit avoir horreur de tout semblant d’un mal si affreux ! Qu'elle doit abhorrer non seulement le péché grave, mais haïr encore le péché véniel, et jusqu’à la négli-

gence des petites choses! Elle doit ambitionner de garder et d'augmenter la beauté, les agréments et les amabilités que l’état de grâce douve à son âme, aux yeux de Dieu et de ses anges. (Expression de sentiments.)

Ile PoinT.—Il y a deux sortes de lèpre de l’âme :

celle de l’entendement et celle de la volonté. La lèpre de l'esprit est le jugement propre. La lèpre de, Ja volonté est l'amour-propre. L'une et l’autre défigurent l'âme.

: La lèpre de lesprit produit l'erreur et l’hérésie, la rébellion, l’opiniâtreté, la désobéissance et l’attachement au propre sens. La lèpre de la volonté enfante la sensualité, l'ambition, l’amour de la’ propre commodité et l'impatience dans les maux. Examinonsaous sur ces divers défauts et fautes qui accompagnent la lèpre intérieure. Détestons-les, et sollicitons d’en être exempts. Fuyons la contagion de la lèpre d’autrui; et pour ce qui regarde notre mal personnel, allons à Jésus qui peut et qui veut nous guérir; et répétons-lui les paroles des dix lépreux : ‘‘ Jésus, notre Maître, ayez pitié de nous.” Exercez votre miséricorde envers nous. Appliquez-nous la vertu de votre précieux Sang, pour que nous soyons guéris de nos mauvaises passions... Jésus ayant regardé les lépreux, tous furent guéris.

O notre souverain Médecin, abaissez votre regard sur nous. Plongez-le dans nos âmes, et portez-y la grâce et la guérison. En retour, nous voulons vous témoigner une vive reconnaissance, et faire servir votre bienfait à la gloire de votre Père, à l'édification

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da prochain, et à l’aceroissement de votre amour dans nos cœurs. Nous crions donc vers votre bonté, en la conjurant de nous exaucer. Foi... Confiance... Bons

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