PERSONNE NE PEUT SERVIR DEUX MAITREN
Poireu
kr Pointr.—Servir Dieu, c'est régner : servire Deo regnaré est. C’est régner sur soi-même, c'est-à-dire sur son corps et sur tous ses membres, et sur tous ses. sens; c'est régner sur son esprit, son âme et toutes ses facultés. C’est les gouverner selon la fin et la destination pour lesquelles Dieu nous en a gratifiés. C’est le- faire régner sur nous, en même temps que nons nous gouvernons, et que nous exerçons notre domination sur tout nous-mêmes.
Servir Dieu, c'est une gloire. Les officiers d’un souverain du. monde se voient honorés et considérés. en cette qualité. Or, Dieu est le souverain des souverains; aussi ses serviteurs sont-ils honorés non seulement à l'extérieur, mais encore intérieurement et de cœur. Et, du reste, il est doux et agréable de servir: Dieu: Il ne se laisse pas vaincre en générosité. M récompense par des consolations intérieures ses fidèles. serviteurs, en sorte que leur service n’est pas un dur travail, mais plutôt une jouissance. Ils. courent, ils volent plutôt qu'ils ne marchent. La considération du temps, et surtout de l'éternité, ôte à leur vie sa rigueur, ou même la change en douceur et en attr ait.
Le travail dure un moment et la récompense sera éternelle. Et, quelle récompense! La possession des mêmes biens que Dieu possède lui-même.
Faits pour lui, nous perdons tout si nous ne le servons pas; nous gagnons tout si nous le servons avec fidélité.
Il‘ Poinr.—Servir Dieu, c’est l’aimer, l'honorer, faire son adorable volonté; c’est chercher sa gloire er tout ce que nous faisons. Or, à lui seul il appartient d’être ainsi servi. Celui qui nous a faits tout ce que nous sommes, nous réclame tout entiers et sans partage, à son service.
Nous ne pouvons servir deux muîtres. Dieu, étant notre vrai et unique Maître, a seul droit à être servi de nous... Puis, rien de plus avantageux que le service de Dieu. Pour le temps, il nous donne le bonheur intérieur, la paix et une sainte joie; et pour l'éternité, il nous assure une incomparable félicité.
La maxime que personne ne peut servir deux mattres, ne signifie pas que, dans la religion, on ne peut servir que Dieu seul; qu’il faut secouer toute autre dépendance, s’isoler de la société et n'avoir plus de commerce qu'avec Dieu. Non: placés dans le monde, nous devons vivre avec le monde. La séparation absolue du monde est une grâce particulière, et non un don général. C’est une vocation extraordinaire, : et non une destination commune ; c’est une voie où peu sont conduits; c’est une exception, et non pas une loi prescrite par la religion. Celle-ci n'interdit pas de vivre en société. Au contraire, elle consacre et fortifie les liens qui nous y unissent les uns aux autres.
Et dès lors que la divine Providence nous appelle à vivre en société, elle nous prescrit d'en remplir tous Jes devoirs: soumission aux supérieurs, obéissance aux autorités établies de Dieu, subordination à l’ordre social, etc. ; et cela non par crainte, mais dans la simplicité du cœur, et pour plaire au Seigneur, en exécutant sa très sainte volonté. Ainsi, le service exclusif de Dieu n'empêche pas, mais confirme et fortifie l'obligation de servir qui de droit, dans la société établie de Dieu dans le monde.
III° Poinr.— Servir Dieu, voilà noire premier et principal devoir ; le second, c’est de nous acquitter de tous nos autres services en les considérant comme des émanations du sien, et en vue de lui, et pour lui plaire. Méditons ces grands principes, et gravons-les dans nos esprits et dans nos cœurs.
Personne ne peut servir deux maîtres qui impos: nt des devoirs incompatibles. Nul ne peut prétendre se partager entre ce que Dieu commande et ce que le monde exige. Allier l’abaégation et la cupidité, l'orgueil et la vérité est chose qu'il est absurde de prétendre faire. Il faut nécessairement faire un choix entre Dieu et l'Évangile, et le monde et sa doctrine : dotwm te exigit, qui totum te fecit. Ce serait une illusion de ne le servir qu’en pensées, que par des paroles ; et même par des sentiments. Tout cela doit ètre animé de l'esprit de piété, et accompagné de la pratique de la sainte volonté du Seigneur. Aux sentiments, il faut joindre les œuvres; elles sont l'essence du service de Dieu. Pratiquer ses devoirs suivant son état, et souffrir pour lui, c’est être ses vrais serviteurs... O
Sang précieux, enivrez-nous, afin que nous vous
‘servions ainsi, en esprit et en vérité, sans jamais di-
viser et partager nos cœurs. Retour sur soi-même. Regrets.. Résolutions,