‹ L'année ecclésiastique et liturgique [microforme]Chapitre 196 sur 204 · ZÉSUS-CHRIST RESSUSCOITE LE FILS D: LA VEUVE DE NAIM · texte numérisé non relu

ZÉSUS-CHRIST RESSUSCOITE LE FILS D: LA VEUVE DE NAIM

Lorsque le Seigneur était près de la porte de la ville de Naïm, voici qu’on portait en terre un mort, qui était le fils unique d’une veuve. Lorsqu'il vitJes larmes de cette mère affligée, il fut touché de compassion, et il lui dit: ‘Ne pleurez point.” Alors, il s’approcha, toucha le cercueil, et il dit au mort: ‘6 Jeune homme, je vous dis : levez-vous.” Aussitôt, le mort se leva sur son séant, et commença à parler,

-et Jésus le donna à sa mère. La frayeur saisit tous les assistants, et ils glorifièrent Dieu en disant : Un grand

prophète s’est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple.

I PKÉLUDE.—La mort corporelle est l’image de A mort spirituelle, causée par le péché.

Ile PRÉLUDE.—Faites-nous la grâce, à Jésus, PA bien mettre à profit ce sérieux sujet de méditation. :

I PuinT.—Souvent, dans la vie du Sauveur, les miracles dans l’ordre corporel symbolisent ceux de l’ordre spirituel. Tel peut être considéré le miracle si éclatant de la résurrection du fils de la veuve de

vous s dime.

de la mort, vitles com-

Naïm. Combien, en effet, seraient restés dans leur état de morts spirituels, si le Sauveur, touché des larmes de l’Église notre mère, auxquelles se joignent les pleurs des pieux fidèles, n’avait attiré sur eux la grâce insigne de la résurrection de leurs âmes! Marie surtout, la commune Mère de tous les chrétiens, offre sans cesse ses tendres gémissements et ses prières en leur faveur.

Oh ! combien les Sœurs du Précieux-Sang, appelées à la sainte vocation de victimes réparatrices et à travailler à la conversion des pauvres pécheurs, doivent témoigner de zèle à offrir les larmes de leurs cœurs, et les saintes œuvres auxquelles les appelle leur état, pour faire tomber sur leurs infortunés frères, plengés dans la déplorable mort de l’âme, les mérites du Sang divin, pour qu’ils soient tirés de leur funeste état, et ressuscités à la bienheureuse vie de la grâce sanctifiante ! Donc, qu’elles ne se lassent jamais de joindre leurs pleurs et leurs prières à celles de la boune et universelle Mère des hommes, pour que le Cœur de Jésus en soit touché, et qu’il s’approche, par ses vives inspirations et par de puissants remords, de ceux sur le sort desquels elles gémissent, et qu’il leur dise enfin : ‘4 Levez-vous, je vous le dis.”

Ob ! que de morts spirituels sont ainsi rendus À la vie éternelle du ciel ! Que de conversions obtenues du ciel par les ferventes prières d’âmes pieuses, en faveur de frères malheureux qu'elles ne connaissent même pas! N’est-il pas dit de sainte Thérèse, entre autres, qu’elle ramenait dans la bonne voie, par son zèle embrasé à prier pour eux, autant d’infortunés

déshérités de Ja grâce que les prédicateurs de son temps... Douloureux retour sur tant d’âmes qui perdent, avec insouciance, une vie pour laquelle Jésus Christ est mort sur lu croix, arrachaut ainsi à ce Dieu Rédemptenr sa vie de grâce sanctifiante, à la perte de laquelle il a été plus sensible qu’à sa mort sur le Calvaire.

1° PoinT.—"* Et comme il approchait de la porte de ‘6 Ja ville, il arriva que l’on portait en terre un mort.” Ce dernier spectacle est commun, et il mérite bien que l’on y attache quelques réflexions sérieuses et pratiques. Il doit faire naître dans l’esprit des idées autres que celles d’une froide indifférence; mais plutôt le sentiment profond de notre mortalité. Si la pensée de la mort a quelque chose de triste, elle offre aussi un souvenir salutaire, dont il importe de se préoccuper avec un sage discrétion. C'est même par une grâce signalée que Dieu la remet souvent sous nos yeux. C’est un puissant motif et un moyen efficace de conversion ou de persévérance. La vie est la préparation à la mort; mais la mort est l’école de la vie; en étudiant la mort, on apprend à vivre. Nous y découvrons ce que nous. .sommes,—ce que nons devrions être, —et ce que nous deviendrons par la mort. Le corps tombera dans la pourriture; mais l'âme s’élancera vers ses destinées éternelles. Puissante raison de fuir le mal, et de s’adonner à la pratique de toutes les vertus.—Prière.—Résolutions.

La mort est la peine du péché. Condamnés que nous sommes à mourir, nos corps sont comme la prison pù nous sommes détenus. Dans l’attente de l’exécution de

notre sentence, dont le jour nous est caché, efforçonsnous de nous maintenir dans une continuelle vigilance, afin de n'être point surpris. C’est ce que recommande Jésus-Christ lui-même. Vaigilate itaque, quia nescitis diem, neque horam. (Math., XV,13.) tt Veillez donc, parce que vous ne savez ni le jour, ‘ ni l'heure.” Peut-être le moment est-il près d’arrivér. Chacun de nos instants est un pas vers la mort. Il est sage de penser, au lever du jour, que ce sera peut-être le dernier pour nous ; et à l’ouverture dé la nuit, qu’elle commence peut-être pour nous la nüit éternelle.

PRATIQUE : Faire toutes ses actions : prières, bonnes œuvres, confessions, communions, avec l'intention de s’y préparer à la mort. Le seul moyen de n’être pas surpris, c’est d'attendre sans cesse.

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