XVI: CIMANCHE AIRES LA PENTECÔTE
JÉSUS-CHRIST EXPLIQUE LEN GRANDS COMMAN- DEMENTS DE LA LOI, ET CONFOND LES PHARISIENS.
1° PRÉLUDE. — Représentons-nous Notre-Seigneur
nous expliquant le commandement de l’amour de Dieu
et du prochain.
IT PRéÉLUDE.—Daignez, à Jésus, m’accorder la grâce de mettre en pratique vos divins et sublimes enseigaements.
injure féctio une il l’exis!
‘dans | ineffa s68810!
cation
Si aù votre
“EPornt.— Hoc est maximum et primum mandatum.'Lé plus grand et le premier commandement, c’est celui de l'amour de Dieu. Ce commandement est grand parée que son objet, c’est l'amour de l’Être par excellence, de l'Être nécessaire, éternel, immense, tout-püissant, immuable, la bonté, la beauté, la sagesse, la justice, la sainteté par essence, notre Dieu, notre roi, notre père, notre maître, notre tout. O amour grand ét noble par excellence ! ,
Püisque Dieu est la beauté et la bonté par excellence, et'que nous avons reçu de lui un cœur capable. d'aimer, il est juste qu'il nous commande de l'aimer. Ce éommandement renferme tous les autres ; et l’accomplir, c’est accomplir toute la loi, parce que c’est: n'avoir de volonté que celle de Dieu, c’est n'aimerque ce que Dieu aime, ne haïr que ee que Dieu hhit, faire tout ce que Dieu commande, et rien de cequ'il défend: Ainsi, c’est être juste et saint.
:Ne pas aimer Dieu, c'est lui préférer l'amour des créaturés, car l’homme ne saurait être sans amour... C'est par là même, faire à Dieu une bien coupable injure; c'est préférer le néant à l'Être infini en perféctions et en amabilités infinies ; c’est commettre: une ingratitude énorme, puisque nous tenons de Dieu l'existence ; que nous sommes comblés de ses biens: ‘dans la vie présente, et qu’il nous destine les plus. ineffables jouissances dans la vision intuitive et la possession de lui-même, durant toute l’éternité !—=Application... Expression de sentiments... Résolutions.—
: HIS Pornr.—‘ Vous aimerez, dit Jésus, le Seigneurvotre Dieu, de tout votre cœur, de toute votre âme et
| | Î « Lu [4 {
a al AN LA LS te di
de tout votre esprit.”—Donc, ce qui est le plus impérativement prescrit de la part de Dieu, c’est de l'aimer... Nous sommes sur la terre pour connaître Dieu et pour l’aimer... Au dehors, tout nous prêche l’amour de Dieu; au dedans, tout nous l’inspire.
Ea nous disant que nous devons aimer Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme, e tout notre esprit, Jésus-Christ nous instruit de la manière dont il veut être aimé. Il veut exprimer quelle doit être l’ardeur de'notre charité : ‘* La mesure de notre amour, ditsaint Augustin, c’est d’être sans mesure,” sans aller pourtant jusqu’à une effusion sensible de tendresse semblable à celle dont nous pouvons être affectés pour nos amis. Un amour de préférence. remplit le précepte. — Aimer Dieu ‘‘ de tout son cœur,” c’est lui soumettre sa volonté, faisant ce qu'il ordonne, ne désirant que lui, Aimer Dieu ‘‘ de toute son âme,” c’est lui immoler ses passions, chercher ce qui lui plait, ne respirer que pour lui. Aimer Dieu ‘‘ de tout son esprit,” c'est lui assujettir son jugement, croyant ce qu’il a révélé, et ne pensant qu'à lui.—Enfin, aimer Dieu ‘‘ de toutes see forces,” c’est lui consacrer ses actions et ses puissances ; c'est fuir et repousser ce qui l’offense, et ne travailler que pour lui. — C'est lui donner son esprit par la foi, son cuur par la charité ; ses passions par les mortifications ; ses forces par l'humilité et l’espérance. En d’autres termes, il faut: 1° que nos actions découlent de l’amour de Dieu et s’y rapportent ; 2° c’est un devoir d’enrenouveler fréquemment l'expression ; 3° l’amour de Dieu intér doit. surtout produire l'observation de sa loi.—Ex- ll,
L'ANNÉE ECCLÉSIASTIQUE ET LITURGIQUE. at
pression de sentiments comme après le: premier point.
IIT° Poinr.—‘* Vous aimerez le prochain comme
vous-mêmes.” Voilà le second commandement. Dans tout son Évangile, Jésus-Christ ne sépare jamais les deux préceptes de la charité : l'amour de Dieu et l'amour du prochain. 11 aime tous les hommes, et il a versé son Sang pour eux. Aussi, le caractère auquel il veut qu’on reconnaisse ses vrais disciples, c'est l'amour. mutuel qu’ils doivent avoir les uns pour les autres. Dès les premiers temps, on les distinguait à cette marque. Vide, inquiunt, ut invicem se diligunt (Tertullien), — La grâce nous fait aimer Dieu pour lui-même. C’est elle aussi qui doit nous faire aimer le prochain, et nous le faire aimer pour l’amour de Dieu. Nous ne divisons pas notre cœur entre Dieu et le prochain : dans celui-ci, c'est Dieu que nous aimons. Avec une seule charité, deux affections en nons tendent vers Dieu, l’une directement, et l’autre eu passant par le prochain.—Nous devons nous efforcer d’aimer Dieu toujours davantage. Quant au prochain, la règle donnée par Jésus-Christ, c’est de l’aimer comme nous-mêmes ; mais avec l’obligation de le traiter comme nous nous traitons: prenant garde de lui faire ce que nous ne voulons pas qui nous soit fait, et faisant pour lui ce que nous voulons que les hommes fassent pour nous... Il fautencore, dans l'exercice de la charité fraternelle, distinguer deux sortes de devoirs, les uns extérieurs, les autres intérieurs,
Il peut se faire que nous soyons dispensés quelque-
fois des devoirs extérieurs, mais il n’y a jamais de raison qui empêche de remplir les devoirs intérieurs, puisqu'ils sont toujours praticables. Si on ne peut pas faire de bien au prochain, du moins, on peut lui en désirer. Nous ne pouvons pas toujours assister Îles autres par des moyens erxtériéurs. Nous pouvons toujours lés assister par le moyen intérieur de la prière, etc., etc. L'amour du prochain n’est qu'une extension de l’amour de Dieu. Comme les créatures ont des qualités aimables, lesquelles émanent de Dieu, c'est lui que nous aimons en elles, pourvu que nous rapportions l’amour de ces qualités à leur divine source, et que nous donhiôns toujours la préférence à Dieu... Expression de sentiments, comme à la fin des autres points.