‹ L'année ecclésiastique et liturgique [microforme]Chapitre 2 sur 204 · SUR LE JUGEMENT DERNIER · texte numérisé non relu

SUR LE JUGEMENT DERNIER

Et ils verront le Fils de l’homme venir sur les nuées du ciel avec une grande puissance et une grande majesté. /Math.,Il, 4.)

PREMIÈRE MÉP2ITATION.

C’est aujourd’hui le dernier dimanche de l’année ecclésiastique, laquelle commence au 1° dimauche de l'Avent. Il est digne de notre attention que l’Église achève et recommence son année par la considération du dernier avènement de Jésus-Christ. Évidemment l'Eglise a voulu remuer les consciences, et pénétrer les cœurs d’une crainte salutaire, en présentant à tous les fidèles le tableau de ce jugement géné-

ral que le Fils de Dieu viendra exercer, à la fin des |

siècles, sur les hommes rassemblés au pied du trône éclatant de lumière sur lequel Jésus-Christ nous apparaîtra dans toute la majesté d’un Dieu. Et, comme la crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse, nous ne saurions mieux faire que de pénétrer nos âmes de cette crainte salutaire, qui sera toujours un remède souverain contre le feu des passions, et un moyen assuré pour nous de nous soutenir dans le chemin de la vertu, malgré les attaques qui nous viennent du monde, de la chair et du démon.

Les circonstances effrayantes qui doiveut accompagner ce grand acte de la puissance et de la justice de Dieu sont propres à mettre un frein aux passions désordonnées.

La première vérité qui se présente à notre esprit, lorsque nous voulons méditer sur le dernier jugement, c'est que ce monde que nous habitons sera un jour détruit avec tout ce qu'il contient. Oui, tout l’univers doit périr et être réduit en cendre. L’oracle, dit l'Esprit-Saint, sera justifié : Vanité des vanités, et tout n'est que vanité !... Suivant l’énergique parole de saint Paul, la figure de ce monde passera el s’évanouira comme une fumée que le vent emporte.

Oui, il viendra le moment terrible, où la mesure des iniquités du genre humain étant comblée, et le nombre des élus étant complet, la voûte immense des cieux s’écroulera dans les abîmes. Le soleil s’obscurcira, la terre sera consumée par le feu vengeur de la justice divine. Les astres tomberont, leur éclat se changera en ténèbres épaisses, tous les éléments ne présenteront

que désordre et confusion. La nature entière bouleversée n'offrira plus qu’un vaste monceau de débris et de ruines. Les pécheurs se préoccupent bien peu de la menace de ce terrible événement. Dans leur folie, ils non continuent pas moins de vivre comme s'ils ne devaient pas être jugés. Mais Jésus-Christ viendra les surprendre dans le délire de leurs honteuses pacsions. Pour les vrais chrétiens, au contraire, l'attente de cette dernière catastrophe produit un bien autre résultat. Saint Jérôme frémissait d'épouvante à la pensée du grand jour du Seigneur, de ce jour qui sera plein d’amertume, amara valde, suivant l'expression de l’Église.... La pensée de la fin du monde, d’un côté, rend les peines de la vie plus supportables pour les justes ; de l’autre, elle détache de tout ce qui est périssable et grossier ; elle fait méditer plus sérieusement sur les fins dernières.

En ce moment, occupons-nous de ce jugement uni. versel, dont l'Évangile du jour renferme l’histoire prophétique. Et puisse la crainte inspirée par la pensée de ces redoutables assises, devenir un motif puissant de nous attacher au service de Dieu! Puisse-t-elle nous décider à travailler tout de bon à mériter de trouver grâce devant le Juge des vivants et des morts !

DEUXIÈME MÉDITATION

Page 1