‹ L'année ecclésiastique et liturgique [microforme]Chapitre 3 sur 204 · LA RÉSURRECTION GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

LA RÉSURRECTION GÉNÉRALE

Le Fils de l’homme, lisons-nous dans l'Évangile du jour, enverra des anges qui, au son de la trompette, et d'une voix retentissante, rassembleront ses élus des quatre coins du monde, depuis une extrémité du ciel jusqu'à l’autre. (Wath., xx.)

Ainsi, d'abord, le bruit éclatant de la trompette divine ira réveiller tous les morts, et les rappeler du fond de leur sépulcre à une vie qui n’aura point de fin. Ils sortiront tous de la poussière de la tombe pour aller comparaître aux pieds du souverain Juge, portant, nous dit saiat Paul, ce qu'ils ont fait de bien ou de mal pendant leur vie. (IL Cor., v.) Ce dogme de la résurrection générale, nous le professons tous les jours quand nous disons au Symbole: Je crois... la résurrection

de !a chair... Mais faites attention. Au dernier .

jour, chacun recueillera ce qu’il aura semé durant sa vie. Qux enim seminaverit homo hxc et metet. {Galat., vI, 8.) Ceux qui auront semé dans la corruption du péché, ne seront jamais affranchis de la corruption de la mort. Neque corruptio in corruptelam possidebit. (TL Cor., xv, 50.) Tous, à la vérité, sortiront du tombeau, mais tous ne seront pas délivrés de ses horreurs. Omnes quidem resurgemus, sed non omnes immutabimur (id., 51), et la résurrection des méchants sera comme une nouvelle mort : hœæc est mors secunda. (Apoc. xx, 14.) Représentez-vous l’âme du réprouvé sortant de l’enfer et venant reprendre son corps destiné à partager son supplice. Quels sentiments éprouvera-t-elle ? Par une effroyable association de tout ce que la mort et la

vie ont d’affreux, ce corps de péché, son idole durant

sa vie et l'instrument de ses crimes, ce corps est maintenant la proie, la pâture vivante de la pourriture et des vers. Putredo et vermes hæreditabunt illum. (Æccl., xix, 3.) C'est à l’état de cadavre, c’est-à-dire horrible, hice 1x, défguré, que se présentera à l’âme criminelle, son ccrps, lors de la résurrection générale.

divine »nd de s sorticom- , nous l penurrecquand ‘ection

ernier .

rant sa al., VI, péché, mort.

Oh ! horreur : est-ce là la moitié de moi-même ? s'écriera-t-elle en frémissant. C’est ton corps luimême, répondra une voix terrible. Reconnais ta tête

coupable, où tu roulas tant de mauvaises pensées ; re-

connais tes yeux pleins de désirs impurs ; ton front où siégeaient l’immodestie et l’orgueil, ta bouche qui s’ouvrit si souvent pour exhaler le vice. Reconnais tous tes organcs, ces instruments avilis de tes iniquités. Renoue avec ce corps ton ancienne union, pour qu'il partage ton intolérable supplice.

Pouvez-vous imaginer le tourment affreux, la honte, les bondissements d'horreur de l’âme du réprouvé à ce ce moment ? Oh ! comme la résurrection de son corps devient pour elle un nouveau sujet de larmes,de gémissement et de désespoir !

Au contraire, que ce moment sera doux pour l’âme juste, qui descend du ciel pour rentrer dans son corps sanctifié par la vertu, purifié par la pénitence, consacré, comme un temple, au Dieu qui l'avait fait pour lui seul ! Elle trouvera ce corps ressuscité incorruptible, tout glorieux, immortel, vivant de la vie de Dieu luimême dont il est rempli. Et, en effet, selon la doctrine de saint Paul,notre Sauveur reformera nos corps sur le modèle de son corps glorieux, qui est couronné dans le ciel d'honneur et d’une lumière éternelle.

Oh ! qu'elle sera vive la joie, qu’elle sera grande la félicité de l’âme sainte de voir son corps ainsi transfiguré et appelé à partager sa gloire dans le ciel! Comme elle se réjouira de l’avoir traité sévèrement, d'avoir réprimé ses passions, de lui avoir infligé des

pénitences et des mortifications, et de l'avoir ainsil toujours .conservé innocent et pur aux yeux de Dieu. Non, nous ne pouvons pas comprendre toute la féli-4 cité des élns, en voyant l'éclat, la beauté de leur corps, À et la lumière qui doit alors les envelopper et les ren-! dre, suivant l’expression de Jésus-Christ, semblables à des astres brillants de clarté. Cette félicité surpasse ! tout sentiment. 1 Or, n'est-il pas vrai ? nous n'avons pas à délibérer : ! notre pari est bien décidément pris ; —nous aspirons à procurer à notre corps la gloire des corps saints. Eh bien ! soyons conséquents : que notre propos soit aussi décidément formé de faire de notre corps une victime

de la pénitence, une hostie vivante et digne d’être of-8

ferte à Dieu, un vase d'honneur et de sainteté, le tem-# ple du Saint-Esprit, un membre digne de son chef divin qui est Jésus-Christ. |

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