‹ L'année ecclésiastique et liturgique [microforme]Chapitre 201 sur 204 · XX° DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE · texte numérisé non relu

XX° DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE

JÉSUS-CHRIST GUÉRIT LE FILS D'UN HAUT OFFICIER, QUI ÉTAIT TRÈS MALADE À CAPHARNAUM.

1: PRÉLUDE. — Rappelons-nous les paroles et les actions rapportées dans l’évangile de ce dimanche.

II: PRÉLUDE.— Aidez-nous des lumières de votre grâce pour les bien méditer, et pour en bien profiter.

I® PontT.— ‘‘ Un officier dont le fils était malade à ‘ Capharnaüm, ayant appris que Jésus arrivait de ‘ Judée en Galilée, alla le trouver et le supplia de ‘ venir et de guérir son fils qui était près de mourir.”

C'était sans doute Notre-Seigneur qui attirait à lui

cet: ‘officier par: l’affliction : la maladie de son fils. Aiüsi en agit-il souvent à l'égard de ceux qu’il veut ramener à lui. Le bonheur, assez souvent, éloigne de Dieu ; l’affliction fait tourner vers lui. Ce fut le cas, ici, pour le père dont. le: fils était bien malade. H alla: t'oùuver le Fils de Dieu, pour lui demander la santé. de:son enfant... Les misères de cette vie engagent les hommes à recourir à Dieu. Les croix sont donc atiles et doivent être acceptées de bon cœur. Elles dégoùtent du monde : elles élèvent les pensées vers le ciel et en rappellent la félicité ; elles font songer que notre secours descend d’en haut, et que la prière en attire la grâce dans tous nos besoins. Que d'hommes prient dans les amertumes, qui ne le feraient pas dans les, douceurs de la vie!

Faites un retour sur vous-mêmes... Vous sentez-

vous disposées à subir patiemment les peines, les maladies, l’adversité ? Cherchez-vous dans le recours au ciel, le soulagement à vos chagrins ? Compre ez-vous que c’est un malheur, pour une religieuse surtout, que de vivre sans épreuves ni afflictions ? Car elle est vraiment plus misérable qu'heureuse ; plus à plaindre qu’à féliciter ; moins favorisée de Dieu que celle: à laquelle il envoie quelque chose à souffrir. A celle-ci en'effet, il apprend à chercher le ‘‘ royaume de Dieu et sa justice,” et à solliciter ses grâces par la: prière, afin d'obtenir son soulagement. Il lui fournit ainsi l’occasion de croître en mérites et en vertus.

AT: Por. — Notre-Seigneur voyant dans l’âme de l'officier l’imperfection de sa foi, la lui reprocha. Mais le père aflligé ne fit que presser plus instamment

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le Fils de Dieu. ‘‘ Hé! Seigneur, hâtez-vous de ‘6 venir, car mon fils s’en va mourir.” Jésus lui dit: ‘ Allez, il se porte bien ;” et, à son retour, le père trouva son fils en parfaite santé. ‘Et il crut, lui et ‘toute sa maison.” —Continuons de méditer maintenant notre sujet; mais en l’entendant dans un sens tout spirituel.

Le fait de la guérison corporelle d’un malade, dont le père profita du passage de Jésus, rappelle l’importance de profiter du moment de la grâce. Jésus-Christ n’est pas seulement le médecin des corps; mais il l’est surtout des âmes. 11 attache ses grâces de guérison spirituelle, à des temps, à des moments qui, une fois passés, bien souvent ne se retrouvent plus. Ne pas profiter des grâces ainsi offertes, c’est s’exposer à ne les avoir jamais. L’officier dont parle l'Évangile, converti ainsi que toute sa maison, n’eût peut-être jamais vu Jésus-Christ, s’il n’eût profité du voyage de cet Homme-Dieu dans la Galilée, Dieu nous fait beaucoup de grâces : faisons-y attention; ne les laissons pas passer sans en profiler ; car le moment peut en être décisif pour le salut. L'état de tiédeur, d’abord, puis celui de la chute dans le péché, et peut-être de la persistance à y demeurer, courent risque d'arriver comme conséquence d’avoir laissé passer sans en pro-

fiter, certains moments de grâces décisives, de fortes

inspirations, et de vifs reproches de conscience. Dieu accorde souvent d’autres grâces, non attendues, aux ames qui savent bien user des invitations faites à leur piété, par une voix intérieure descendue du trône de la bonté divine. Oh ! admirons Jésus, notre aimable

Sauveur, pour le tendre intérêt qu’il veut bien nous manifester; remercions-le de l’avoir si souvent exercé à notre égard, et promettons de nous montrer recon:naissantes, à l’avenir.

IT: Pornr.—L'officier pressait Jésus-Christ de venir guérir son fils, parce qu’il était mourant. Oh! c’est ainsi que nous devons souvent prier Dieu de venir vers nous, afin de nous empêcher de mourir spirituellement à la vie de la grâce. Les péchés, même véniels, peuvent causer à l'âme une maladie qui la mette en danger de mort... Leur poids la pousse toujours en bas; et le démon et la passion l’aidant, l'âme finit par tomber dans l’abime du péché grave, qui lui donne la mort... Il faut une puissante grâce pour pouvoir éviter les grandes fautes. Et les offenses vénielles, par leur fréquence surtout, refroidissent l’âme envers Dieu, et Dieu envers l’âme. Il lui retire ses secours, il n’éclaire pas aussi vivement son esprit, et ne le touche plus aussi puissamment ; par suite, l'esprit s’obscurcit, et la volonté s'endurcit. Le poison du mal remplace la saveur du bien. L’homme déchu commence à reparaître avec ses attraits antérieurs pour la corruption. L'âme s’affaiblit à mesure que les passions augmentent en force. Elle commence à mourir, et elle va hientôt mourir si la grâce n’est pressée à temps, dans l'oraison et les exercices spirituels, de venir la soutenir dans le danger qui la menace; si les causes de sa déchéance ne sont pas promptement supprimées. O mon Dieu, si vous voyez diminuer en moi la ferveur, et le zèle à m'’exercer aux vertus de mon état, dans votre bonté, venez sans délai me guérir du

mal de l’abus de votre grâce, et de la négligence volontaire des petites fautes qui, insensiblement, me ferait perdre l'horreur des fautes graves. Oh ! oui, hâtezvous de me tirer de ce danger funeste de perdre la vie de l’âme, en perdant la vie sanctifiante.—Propos et résolutions.

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