PARABOLE DU DÉBITEUR INSOLVABLE ET IMPITOYABLE
I* PRÉLUDE.—Admirons Notre-Seigneur remettant toute sa dette au débiteur insolvable.
JT° Précune.—Indignons-nous de la dureté de ce même serviteur qui fait mettre en prison un de ses compagnons, au lieu de l’attendre avec miséricorde pour le paiement de sa dette.
I PonT.—Le roi figuré dans cette parabole est le Roi céleste. Ses serviteurs, c’est le genre humain entier. Comme ce débiteur si dur, nous avons tous un compte à rendre à notre céleste Maître. C’est le compte de notre vie, pendant que nous vivons, à sa miséricorde ; à notre mort, à sa justice. Il dépend de nous d'éprouver sa faveur, ou de subir sa rigueur. Approchons-nous de sa bonté, tandis qu’il nous l'offre. Nous sommes redevables d’une dette bien grande envers notre souverain Maître : dette envers sa justice, par le nombre de fautes que nous avons commises ; dette envers sa bonté, pour tant de bienfaits qu’il nous prodigue dans l’ordre naturel et surtout dans l’ordre
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spirituel : grâces de l’existence et de la conservation ; dons de nos sens et de nos facultés intellectuelles. Surtout grâces de la Rédemption, et innombrables et
inappréciables grâces de la religion, de l’Église et de
ses sacrements. Hélas! que de fautes d’ingratitude, que d'abus de tant de grâces nous avons commis, combien d’inspirations nous avons négligées, que de choses ordonnées nous avons omises ou mal faites, que de remords, de bonnes pensées et inspirations doht nous n'avons fait aucun cas ! Combien de paroles malignes nous avons dites, de jugements téméraires nous avous formés ! Combien de motifs bläâmables nous avons eus en agissant ! Par combien de bons exemples et d’édifiantes instructions nous avons manqué de nous laisser toucher !
. O0 Seigneur, n’entrez pas en jugement avec vos pauvres servantes ; car qui peut être justifié en votre présence ?.. Et nous, hélas ! faibles et imparfaites, nous sommes saisies de crainte à la pensée de la dette immense dont nous sommes chargées, et du compte que vous nous en demanderez un jour. Expression de sentiments divers.
He PointT.—En voyant le débiteur iohéhle se jeter aux pieds de son maitre, et implorer sa clémence; nous avons un modèle de la conduite que nous devons tenir. C’est d’avoir recours à la bonté infinie de Dieu ; c'est d’implorer sa divine miséricorde; c’est de lui demander de prendre patience, en lui promettant d'employer à acquitter notre dette, les jours qui nous sont accordés, et les moyens que nous avons à notre disposition. Sans doute, par. nous-mêmes, nous ne
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pouvons rien. Mais avec sa grâce, nous pouvons tout. En usant bien de cette grâce, nous payons à Dieu la dette dont nous lui sommes redevables; mais en même temps, en recevant tant demoyens, nous payons notre dette à Dieu,et c’est aussi Dieu qui paie pour nous. © TI Pornr.—0 Dieu, vous nous avez faites pour vous servir; vous nous avez donné des cœurs pour vous aimer ; vous avez donné votre vie pour nous ; vous nous avez rachetées de votre Sang ; vous nous nourrissez de votre propre chair; vous nous animez -de votre esprit et vous nous avez donné la grâce de notre vocation, comme moyen de plus parfaite sanctification ; ét enfin, vous nous promettez votre gloire... Nous voulons donc vous-servir et aimer toujours. Dans motre seule vocation, vous nous donnez à chacune assez de grâces pour rendre saintes dix âmes. Et vous ‘brûlez sans cesse du désir de nous rendre heureuses pour l'éternité. Vous nous donnez votre Saint-Esprit ävec votre cœur, et vous ne nous demandez que le nôtre en retour. Oh! nous vous le devons et nous vous le donnons, sans partage et sans retour. C’est une dette qu'il est trop heureux et trop doux de vous “payer; d'autant plus que c’est dans vos trésors que ‘nous puisons de quoi nous acquitter. Payer notre dette de reconnaissance ét d'amour, c’est nous ‘enrichir ; c’est gagner de quoi acheter le royaume éternel ‘et'son incommensurable félicité. De ce jour, done, ‘noûs voulons vous payer d'amour, de fidélité, de ferveur et de la‘pratique des vertus religieuses, bien sûres qu’un jour, vous récompenserez et couronneréz vos propres bienfaits par la possession du ciel. Ainsi soit-il.