‹ L'année ecclésiastique et liturgique [microforme]Chapitre 63 sur 204 · LA PARAROLE DE LA SEMENCE DU BON GRAIN ET DE L'IVRAIE · texte numérisé non relu

LA PARAROLE DE LA SEMENCE DU BON GRAIN ET DE L'IVRAIE

Ar: MÉDITATION.

4 PRéLUDE.—Le sens de cette parabole a été donné par Jésus-Christ lui-même, à la demande de ses apôtres. Quelles vérités et instructions dont il convient que nous pénétrions nos cœurs y sont renfermées !

Ile PréLune.—Seigneur, faites-nous la grâce d’éclairer nos esprits à la lumière des vérités contenues dans cette parabole, et aidez-nous à imprégner nos cœurs des salutaires instructions qui en découlent.

417 PoinT.—Le royaume des cieux est semblable à un homme qui avait semé du bon grain dans son

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champ. Jésus-Christ nous apprend que cet homme est lui-même, son champ le monde, le bon grain les justes.

Tout ce que Dieu a créé était juste et droit. Le mal répugne à sa sagesse, à sa sainteté, à sa miséricorde, à sa justice même. Si nous trouvons du mal parmi les œuvres de ses mains, c’est que nous en jugeons par les lumières trompeuses de notre raison et par ignorancé du but de Dieu en les créant, ou bien encore, c’est que, le plus souvent, c’est par notre faute que ses ouvrages se changent en maux. C’est que nous en faisons un usage opposé à celui auquel sa providence les destinait, ou que nous n'en usons pas de la manière qu'elle voulait : c'est ainsi, par exemple, que notre défaut de patience et de résignation, nous fait appeler maux les privations, les pertes, les souffrances, les douleurs, les maladies qui, supportées suivant les vues de Dieu, seraient des sources abondantes de bien.

Il n’y a que le péch* qui soit réellement un mal, et qui ne peut se transformer en bien. Le péché est essentiellement un mal, et c’est la seule chose dont Dieu lui-même ne peut faire un bien. Aussi le hait-il essentiellement !

Ah ! comment donc le péché existe-t-il, et comment a-t-il été introduit dans le monde ? Eh bien ! c’est que l'ennemi a sursemé, comme Je dit la parabele, de l'ivraie parmi le bon grain, parmi le pur froment que Dieu avait semé dans son champ : et voilà la cause du mal. Son auteur, c’est l'ennemi de Dieu, qui est en même temps notre ennemi ; c'est Satan.

Il a semé l’ivraie, pour la première fois, au paradis

terrestre. Il a gâté là ce pur froment de Dieu, Adam et Ëve, nos premiers parents. Il a fait faire le premier mal, commettre le premier péché. Et, depuis ce moment, ses séductions infestent la terre, ce vaste champ du Seigneur. Il s'efforce, sans cesse, de corrompre toutes les générations d'Adam.

2e PonT.—C'est durant le temps du sommeil des gardiens que Satan répand furtivement son ivraie, et puis se retire. Il résulte des circonstances de l’acte malicieux de Satan, deux instructions d’une haute importance. La première, c'est qu'il faut être vigilant et qu’il faut veiller sans cesse, dans la vie spirituelle, pour ne pas devenir victime de la malice du démon, et ne pas voir le champ de son âme empesté de son ivraie.

Si donc les âmes religieuses avaient le malheur de laisser sommeiller leur sollicitude pour la tendance à leur perfection, ce serait le temps que l’ennemi choisirait pour les séduire. Toute négligence, lout relâchement volontaire dans leurs soins à cet égard, serait donc accompagné de danger plus ou moins éminent. Il faut éviter toute insouciance, et garder attentivement son activité spirituelle. ‘La vie de l’homme sur la terre, est une guerre continuelle ” (Job). ‘‘ Le démon veille sans cesse, cherchant qui dévorer” (1 Petr.). La vigilance est donc une des vertus les plus essentielles.

La seconde instruction à tirer de la parabole que ïous méditons, c’est que le démon sème son ivraie furtivement et de manière à ne pas être découvert, et qu’il se retire après avoir satisfait sa malice. Il cache

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son ‘uueste piège à ceux qu'il veut y faire tomber. S'il laissait paraître ses séductions sous leur jour naturel, il ferait horreur... Ses attaques cesseraient d’être dangereuses. Il ne montre donc de ses séductions que ce qui plait aux inclinations et aux penchants mauvais. Surtout, il attaque chacun par son côté faible. C’est donc à chacun de se mettre sur ses gardes, et de marcher comme quelqu'un qui se sait environné de filets.

3° Poinr.—L'ivraie ne paraît et ne s'aperçoit que lorsqu'elle a déjà poussé des racines. Elle ne tarde pas à gâter le bon grain, et à menacer de l’étouffer. Ceci veut dire que le péché, cette ivraie des âmes, d'abord insensible et inaperçu, finit par faire périr la vertu, et par en prendre Ja place. Avec quelle attention il faut donc veiller sur le champ de son âme, et faire une guerre vigilante à ses inclinations! Avec quel svin nous devons faire de fréquents retours sur nous-mêmes, pour reconnaître s’il n’y a pas quelque commencement de mélange d'ivraie dans notre bon grain ! Scrutons nos dispositions intérieures, de peur qu'il ne s’y glisse quelque chose d’imparfait, au milieu de la semence de sanctification et de vie que Dieu y a placée. Pour nous bien apprécier, jugeons-nous par nos fruits, c’est-à-dire, par nos œuvres. Du mauvais grain procède de mauvaise semence. De mauvais fruits accusent un mauvais arbre... Examinons donc, d’un côté, nos devoirs, et de l’autre, l’accomplissement que nous leur donnons. Voyons si, par exemple, comme Religieuses, nous remplissons l’obligation de tendre à la perfection par la fidèle observation des vœux et des

Constitutions et Règles. Voyons si nous avons la bonne volonté que le ciel demande de nous.

Jésus-Christ veut notre sancäfication, mais c’est à la condition que nous usions bien des moyens qu'il uous donne de l’acquérir. Il nous ouvre la voie du ciel, mais il veut que nous y entrions. Il nous aplanit cette. voie, mais il veut que nous la parcourions. Il dirige nos pas, mais il veut que nous le suivions. Il aide nos efforts, mais il veut que nous en fassions. Il nous tend la palme, mais il veut que nous l’atteiguions. Le bonheur auquel il nous conduit est la dernière et la plus grande de ses grâces, maïs il ne peut être que le prix de notre correspondance aux autres... La grâce qui est le bon grain, doit nous faire produire les vertus de notre saint état; l’amour de la vertu des vierges; la garde des sens, l'esprit intérieur et le recueillement ; le détachement des aises ; l'amour de la retraite; l’attachement à la volonté de Dieu ; enfin le silence intérieur, —et l’établissement de nos âmes dans le vrai esprit religieux, etc,

—Réfléchissons sur ces dispositions... étude de la connaissance de soi-même... expression de sentiments... adoption de bonnes résolutions.

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