‹ L'année ecclésiastique et liturgique [microforme]Chapitre 64 sur 204 · LA PARABOLE DE LA SEMENCE DU BON GRAIN ET .DE L'IVRAIE · texte numérisé non relu

LA PARABOLE DE LA SEMENCE DU BON GRAIN ET .DE L'IVRAIE

IT° MÉDITATION

(Les Préludes comme dans la 1'° Méditation.)

4er Pornr.—Les serviteurs du père de famille lui dirent : ‘‘ Voulez-vous que nous allions la cueillir”

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«6 (l'ivraie) ? Et le père de famille dit: Non, de peur

onne “ qu’en cueillant l’ivraie, vous ne déraciniez en ‘ même temps le froment .”

est à : Cette réponse fait bien connaître la patiente bonté qu'il de Dieu à l’égard de ceux qui abusent de ses hienie du faits, et qui au lieu de produire des vertus, produiplanit sent des offenses contre sa divine tolérance... Cette ns. Ïl D réponse renferme, en même temps, une utile insns. Il truction au sujet du mélange des Justes avec les pésions. cheurs dans l’Église. Les méthants sont une source de l’attei- peine, de désagrément, et même de danger spirituel est la pour les bons, par leurs mauvais exemples. Ceux-ci ; ilne ont à souffrir de leur conduite ; mais aussi ils recueil- € aux lent l'avantage et le profit d’une sage méfiance, d’une | nous prudente et charitable tolérance à l’égard de ceux qui amour les font gémir par leur conduite malédifiante, si ce l'esprit n'est même malveillante et persécutrice. Ils apprennt des nent à pratiquer l'humilité et la vigilance. Ils mettent t à la à profit les occasions de perfectionner et de consolider t l'éta- leurs vertus. Ils se précautionnent contre le danger x, etc, de la contagion. Ils épurent leurs sentiments, et se

e de la fortifient contre les tentations, tout en pratiquant ce senti- que prescrivent la douceur et la charité.

Toutefois, à cause du danger de perversion, il faut suivre uue conduite préservalive, pour le cas de AIN liaison nécessaire, provenant de la communauté d’état

D de vie : le propre de l’ivraie est de gâter le bon grain. Le froment le plus pur a toujours la contagion à craindre... Il faut conserver sans doute de bons senliments envers les personnes avec lesquelles il y a nécessité de vivre. IL faut user d’un esprit de con-

Île lui eillir”

ciliation et d’aménité. Il faut plaindre ceux qui ont des défauts ; prier pour eux; les traiter avec douceur ; prendre garde de les aigrir, et ménager plutôt leur caractère ; se rappeler enfin que c’est la bonté et la charité qui font la force et le succès.

Retour sur soi-même... Instante prière pour obtenir un juste milieu entre trop de vigueur et trop de tolérance.

Ile Poinr.—Tout en laissant toute leur portée aux principes de conduite qui précèdent, il faut néanmoins en faire l'application à sa conduite, de façon à éviter ce qui peut être nuisible et dangereux. Il faut se souvenir que l’on est exposé à devenir semblable à ceux que l’on fréquente... Pour se conserver en santé, il ne faut pas respirer imprudemment et sans défiance un air malsain ; mais avoir recours à d’indispensables précautions. A l’aide de méfiance contre la séduction du mauvais exemple, on doit supporter charitablement ce qu’on ne peut supprimer, quand le devoir d’état ne permet pas l’éloignement et la séparation. Mais alors, on est autorisé à se borner à ce qu’exige la bienséance, et à s'abstenir d’égards, de prévenances, de civilités inutiles... En se tenant à une prudente distance, on se met à l'abri du danger, et en même temps on demeure assez proche pour se montrer toujours charitable.. L'esprit religieux porte non à la rupture, mais à la réserve... etc.

O Seigneur, à quelle partie est-ce que j'appartiens ? Est-ce au bon grain ou à l’ivraie ? Si c’est à l’ivraie, ma séparation d’avec le bon grain sera terrible, un jour... j'aurai perdu une félicité éternelle; et je serai condamné à une éternité de tourments, etc.

Pour pratique, des Religieuses doivent remercier Jésus-Christ d’avoir semé et fait germer dans leurs cœurs l’heureuse semence du précieux grain de leur vocation ; de les avoir ainsi soustraites aux funestes influences de l’ivraie et de la contagion du monde.

Mais qu’elles ne soient pas sans crainte et sans défiance. Qu'elles soient en garde contre toute tièdeur et torpeur spirituelle... Comme le grand saint Augustir, qu’elles demandent de se bien connaître ellesmêmes, afin de se préserver des suggestions et des ruses du tentateur.

Qu'elles comprennent profondément que le bon grain dans le champ d’une communauté religieuse, c'est la ferveur des âmes, qui, toutes remplies de l'esprit de leur vocation, vont toujours en croissant en vertu et en tendant à parvenir à la perfection religieuse ; et que l’ivraie, au contraire, c’est la #édeur et le relächement, qui tendent malheureusement à se mêler à la plus sainte régularité. C’est semer de l'ivraie, pour une religieuse, que de s’adonner à des défauts propres à faire souffrir ses compagnes. C’est semer de l’ivraie que d'agir de façon à exercer une influence funeste sur leur conduite, et à les faire dévier de la sainteté de leurs voies.

Retour sur soi-même... Affections et sentiments. Résolutions.

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