LA PLATA
guons sur Goya, et, prenant la voie de terre, nous touchons au département de San Roque, et une troisième fois àBella Vista, d'où nous descendons le grand fleuve du Parana jusqu'à la capitale qui porte son nom.
Nous visitons ensuite le Diamante, port d'un grand avenir et dans une situation admirable sur les hautes berges qui bordent la rivière, et nous passons par le Rosario pour gagner Buenos Ayres par le Parana de las Palmas et ce dédale d'Iles curieuses qui égayent la partie occidentale du delta paranien. De Buenos Ayres, nous remontons lef bas Uruguay jusqu'à Fray Bentos, et nous revenons enfin à Qualeguaychu.
Cette première partie de nos voyages a duré près de deux années. Dans cette période, nous avons ainsi étudié tout le littoral des grands fleuves et remonté l'Uruguay tout entier jusqu'aux forêts vierges du Brésil, descendu le Parana depuis l'Ile d'Apipé jusqu'à l'océan Atlantique, et traversé par terre l'Entre Rios, les Missions, le Paraguay et Gorrientas dans toute leur étendue.
La seconde période de nos voyages, qui a presque immédiatement suivi la première, embrasse les provinces de l'intérieur.
Parti de Gualeguaychu et de Rosario, nous traversons les Pampas et nous nous arrêtons à San Luis. De là, une circonstance heureuse nous permet d'aller visiter la frontière des Indiens et d'assister à la fondation d'une colonie militaire qui doit assurer à la Gonfédération la possession de la belle vallée de Rio Quinto. Nous parcourons le massif central de cette province, riche en métaux précieux, jusqu'aux frontières de Gordova et de la Rioja.
La province de San Luis explorée, nous gagnons celle de Mendoza et bientôt celle de San Juan, qui, toutes deux, assises au pied des Andes, ont su faire sortir du disert de Guyo de riches moissons. Nous retournons vers Mendoza pour traverser la Cordillère, et ne faisant qu'un séjour très-court au Ghili, nous voyons rapidement Santa Rosa, dépôt du commerce de Andes, Santiago, la riche capitale de la république chilienne, et Valparaiso, l'entrepôt du Pacifique.
Un vapeur nous porte ensuite à laGaldqra, port deGopiapo, où l'industrie et le commerce ont fait d'une plage stérile tt sans eau une place importante. Nous visitons là les mines d'argent qui ont rendu fameuse la montagne de Ghanarcillo ; puis nous nous engageons dans ce long et dangereux chemin qui, à travers une cordillère plus haute que celle de Mendoza, conduit aux provinces argentines de Gatamarca et de la Rioja.
L'ANNi£ GËOGR. III. 24
Par bonheur, nul accident n'y arrête notre marche; et. au bout de dix jours, nous débouchons dans les vallées de Tinogasta et de Gopocabana. Nous y séjournons; après quoi, revenant vers le sud, nous allons nous reposer à Famatina, où nous prenons le temps d'examiner sa montagne neigeuse, riche en or, en argent , en cuivre et en fer. Continuant toujours notre route vers le sud, nous allons doubler la pointe de la sierra de la Rioja et nous rapprocher des Llanos, qui se souviennent encore du fameux Quiroga.
Alors, coupant à traverà un sol absolument plat et désert, véritable Sahara de l'Amérique du Sud , nous remontons Ters le nord et touchons à la ville de Rioja, fraîche oasis de verdure au pied de la sierra de ce nom , sur les confins d'une plaine immense qui s'étend vers Torient jusqu'au Parana. De la Rioja, il nous faut gagner Gatamarca, toujours en longeant les derniers contreforts des Andes.
La végétation de cette belle vallée , secondée par une agriculture intelligente , nous dédommage des grandes plaines arides que nous venons de traverser. Ces cultures nous snivent dans la vallée de Paclin, que ferme au nord l'énorme massif glacé de l'Aconquija; mais, franchissant la chaîne peu élevée du Totoral, nous retrouvons aussitôt des plaines verdoyantes, celles de Tucuman. L'aspect de ce beau pays, sa verdure luxuriante, sa végétation splendide , toutes ces rivières et tous ces ruisseaux qui arrosent les plaines, rafraîchissent la vue fatiguée par les poussières jaunes et salines des plateaux et des Yaiiées des Andes.
Une route pittoresque, à travers un pays boisé et ondulé, nous conduit de la jolie ville de Tucuman à Salta. De Salta, à qui l'élévation du sol donne .des hivers assez froids, nous ne sommmes qu'à une demi-journée des plaines tropicales du Campo Santo. Nous les franchissons pour remonter le long de la belle rivière de San Francisco, et couper tous ces larges torrents qui tombent de la chaîne boisée deCalilegua. — Traversant alors des forêts aux arbres gigantesques, nous arrivons à la ville d'Oran, puis au Vermcjo, dont elle doit être un jour le port supérieur.
D'Oran, piquant directement à l'ouest, nous allons nous interner dans la remarquable vallée de San Andres, où, à mesure qu'on s'élève, on passe graduellement de la végétation des tropiques à celle de la Sibérie ; là nous franchissons le col le plus élevé encore de tous nos voyages, TAbra de Zenta.