ITALIE. LA NOUVELLE CAPITALE
semble, de ces analogies, c'est que les Ibères, dont les Basques descendent, seraient, eux aussi, un rameau de la grande famille indo-européenne, mais un rameau tout à fait primordial, un rameau de beaucoup antérieur aux Celtes, et qui pourrait bien être arrivé sur les Pyrénées par une autre route, peut-être par le Sud. Dans l'état de la science on ne peut rien afBrmer ; mais nous osons dire que cette vue a dès à présent pour elle de grandes présomptions.
Quoique nos paisibles études se tiennent soigneusement à l'écart des agitations fiévreuses de la politique, elles doivent en connaître les viscissitudes et en suivre les arrangementSy lorsque ceux-ci modifient les limites ou touchent à la constitution intérieure des États. Un grand> changement vient de s'accomplir au delà des Alpes, qui touche profondément à l'état présent de l'Italie, et y pose les bases de l'avenir.
Cette situation nouvelle est annoncée dans le discours ^ impérial par lequel vient de s'inaugurer (15 février 1865) l'ouverture de notre session législative ; elle y est annoncée avec cette grandeur de peusée et cette autorité de langage qui font de ces communications solennelles un événement européen : « L'état provisoire et précaire qui excitait tant d'alarmes va disparaître, a dit l'Empereur Napoléon. Ce ne sont plus les membres épars de la patrie italienne cherchant à se rattacher par de faibles liens à un petit État situé au pied des Alpes: c'est un grand pays, qui, s'élevant au-dessus des préjugés locaux et méprisant des excitations irréfléchies, transporte hardiment au cœur de la péninsule sa capitale, et la place au milieu des Âppennins comme une citadelle imprenable. Par cet acte de patriotisme, l'Italie se constitue définitivement.... »
S 2. La Grèce et les Grecs.
Dans un de ces morceaux académiques où la science de rhelléniste se dérobe sous la grâce facile d'un style finement attique, M. Egger a esquissé Thistoire delà décadence de la langue et de la nationalité grecques (n® 295); il a fait ressortir aussi le caractère et les tendances de la langue grecque moderne. Nous citerons un seul passage de cette dernière partie de son discours.
La langue de Golocotronis n'est certes pas celle d'Homère ni celle d'Hérodote ; mais elle les rappelle par un ton viril et sincère. Elle n'a point l'élégance énervée des rhéteurs byzantins; elle a plutôt une vigueur populaire et martiale. A peu près dégagée du mélange des mots turcs et des mots francs, que tant d'invasions déposèrent, au moyen âge, sur le sol de la Grèce esclave, elle est vraiment hellénique par les racines; mais, par la grammaire, elle se rattache aux procédés qui caractérisent les langues modernes issues du latin. Elle s'y rattache sans imitation, par des analogies naturelles, par la communauté de travail qui, depuis mille ans environ, a transformé tous les idiomes de TEurope : c'est là une véritable originalité. Les Hellènes d'aujourd'hui dédaignent un peu, je le sais, cette langue vraiment populaire, et, comme elle n'a point encore réussi à se fixer par des cheDs-d'Œuvre, ils n'ont point scrupule de lui faire violence pour la ramener à l'atticisme de Thucydide et de Xénophon. On n'enseigne pas le romalque dans leurs écoles ; on n'y enseigne que le grec ancien, qui pénètre insensiblement dans les journaux, dans les livres d'histoire et de politique, dans les romans, non sans y prendre cette teinte uniforme que l'esprit français répand à peu près sur toutes les littératures européennes. La poésie nationale résiste davantage a cette influence ; mais à son tour elle parait menacée de la subir....
M. Egger ajoute :
Je ne saurais que regretter, pour ma part, cette imitation