DANS LE PASSÉ, LE PRÉSENT ET L'AVENIR
LA COMMISSION FRANÇAISE POUR L'EXPLORATION SCIENTIFIQUE DU MEXIQUE ET DE L'AMÉRIQUE CENTRALE. — COUP D'OEIL SUR LES ÉTUDES ACTUELLES DETHNOLOGIE GÉNÉRALE.
Les étades américaines, Coup d'oeil général.
Ge qui fait la grandeur des temps modernes, c'est le développement de l'esprit scientifique. Dans la politique et dans la guerre, — dans Tart de gouverner et d'exterminer les hommes, — les Anciens avaient fait des progrès que nous n'avons pas dépassés; en littérature et en éloquence, nos époques les plus brillantes n'ont été que le reflet des siècles de Périclès et d'Auguste ; dans la morale même, j'entends la vraie morale, la morale pratique, il est pour le moins douteux, malgré l'épuration chrétienne, que la somme du bien et du mal ait notablement changé dans les rapports l'année géogr. iu. 1
individuels : la science seule a fait dlmmenses, d'incontes* tables progrès. La Nature mieux observée a laissé pénétrer ses secrets les plus intimes ; les bornes du monde physique ont été prodigieusement reculées, et de ses lois mieux connues sont sorties de merveilleuses applications, cpii ont modifié profondément les conditio^as cie la vie commune. Unelai^e part de ces découvertes, la part la plus large et la plus importante au point de vue des applications sociales, appartient au dix-neuvième siècle, cette époque grande entre toutes dans l'histoire du monde.
Dans un autre ordre d'études, la part du dix-neuvième siècle n'a pas été moins remarquable. Les sciences historiques, comparées à ce qu'elles étaient il y a cent ans, n'ont pas été seulement agrandies, elles ont été renouvelées. Des langues perdues depuis de longs siècles, — des langues que parlèrent autrefois quelques-unes des grandes nations de l'histoire, — ont été retrouvées et restituées. Elles sont entrées déjà ou pénètrent chaque jour plus complètement dans le domaine des études positives ; elles nous ont livré l'intelligence de monuments d'une inappréciable valeur. Les analogies fondamentales qu'on a découvertes entre ces langues antiques de l'Orient et les idiomes anciens ou actuels de l'Europe ont révélé des rapports de parenté intime, non soupçonnés jusqu'alors ou à peine entrevus, entre des nations maintenant séparées par d'immenses intervalles; et nos origines européennes, perdues dans la profondeur des temps, en ont reçu tout à coup des clartés inattendues. Les monuments de la Perse, de la Médie, de l'Assyrie, de l'Inde et de l'Egypte, que l'antiquité classique n'a pas connus ou qui lui restèrent inexpliqués, ont été lus, comparés, interprétés, et on leur a dû, on leur doit encore chaque jour la connaissance de faits considérables de l'ancienne histoire, qui contrôlent les récits des écrivains sacrés et profanes, et qui souvent les complètent ou les rectifient.
Toutes ces découvertes, pareilles à un fruit que le temps
LES étUCfiS AHiRICAlNES. 8
a lentement mûri, se sont succédé coup sur coup, par un admirable enchaînement de circonstances heureuses, dans les quarante premières années du siècle. Toutes ont eu, chacune^dans sa sphère, des résultats d'une extrême importance ; mais il en est une surtout, Tintelligenee de la langue sacrée de Tlnde, dont les conséquences ont été d'une portée incalculable.
C'est par celle-là que les sciences historiques ont été rapideiaent conduites à ui^e complète r4nov<ation. Les rapports fondamentaux et tout à fait primitifs que Ton a bientôt découvertsfentre le sanscrit et les langues de l'Europe n'ont pas seulement établi, par une preuve directe et sur une base rigoureusement scientifique, la parenté primordiale d'un groupe immense de nations qu^au point de vue physique on appelle les peuples blancs : l'étude comparée de ces langues congénères y a fait reconnaître les lois qui ont présidé à leurs dégénérescences et amené leurs transformations. Ces lois de permutation, engendrées par l'organisme humain, se sont montrées d'une consti^ce singulièrement remarquable même dans leurs anomalies apparente»; analysées par des esprits fermes et pénétrants, tels qu\m Eugène Burnouf, un Jakob Grimmet un Bopp, elles ont pu être formulées dans des ouvrages qui sont des monuments de génie grammatical ^.. De ce jour une science nouvelle était née, dont la Grammaire comparée de Bopp restera le Codç. La pfkilologie' comparée «r-. tel est le nom de la nouvelle science — c'est la rigueur, çt aussi la certitude à*v.ne méthode presque mathéms^tique,, substituée 4 l'çmpiViWie étymologique des vieilles écoles. Née depuis trente ans à 'peine, la philologie comparée est devenue déjà le ppint de départ d'une foule de recherches curieuses et de découvertes
V. E. Burqouf, ComoMntaires sur le Yaçna^ IS34; J. Grimm, Deutsch Grommatik, 182!^-37 } Fr. Bopp, Vergleiehendfi^ Granmatik, 1833-
importantes; elle a pris rang parmi les grandes études européennes, et chez nous, il y a un mois seulement, un jeune et savant professeur l'inaugurait avec éclat dans une des chaires du Collège de France ^
Cet honneur suprême, elle le mérite à tous les titres. Elle le mérite par son importance propre, qui est immense ; elle le mérite par la rigueur scientiÇque qu'elle a introduite dans des études auparavant livrées à l'arbitraire des hypothèses et des systèmes, rigueur qui s'est étendue sur la critique historique tout entière ; elle le mérite enfin par le prodigieux mouvement qu'elle a donné k des investigations analogues appliquées à d'autres groupes de races himiaines. A son jeune et vigoureux contact, les études sémitiques elles-mêmes se sont ravivées, et sur des J^oints considérables cherchent des voies nouvelles ou de nouvelles solutions . L'investigation des langues et des races du nord et de l'orient de l'Asie a pris un puissant élan ', et une première tentative, remarquable quoique prématurée, a été faite par un homme des plus éminents, pour constituer un corps d'études touraniennes vis-à-vis des études indo-européennes et des études sémitiques*. A l'extrémité opposée de notre continent, l'Afrique s'ouvre aussi à de vastes études philologiques, dont on commence seulement à pressentir l'importance*. Ainsi l'Ancien Continent
1. M. Michel Bréal^ Leçon d'ouverture du cours de grammaire comparée j 5 décembre 1864.
2. Ewald, GeschiclUe der Volkes Israël j 1851-55; Renan, Histoire générale des langues sémitiques, 1858.
3. Travaux monographiques de Rask, de Schott, de Rœrig, de Kellgren, de Bœhllingk, de Beauvoîij, et surtout du voyageur finlandais Alexander Castrèu.
4. Max M aller, ^^The non-iranian and non-semitic languages ofAsia and Europe j or the Turanian family of languages. Dans les Outlines oftlie philosophy of universal history de Bunsen, vol. I, 1854.
5. Travaux et recherches de Krapf, de Bleek, etc., sur les idiomes congénères de TÀfrique australe ; de Barth, de Lepsius, de Brugsch, etc. , sur les langues du Soudan et de la Nubie.
LES ÉTUDES ÂlfÉRICAINES. 5
est déjà on va èlre bientôt partagé en qnatre ou cinq grands centres d'études linguistiques, répondant à autant de groupes naturels ou historiques dans la répartition des races humaines : le groupe ârien ou indo-européen, le groupe sémitique, le groupe touranien (appelé aussi 'mongolique, altaïque, etc.) ; et enfin, en Afrique, le groupe du Nord et celui du Sud, auxquels la science n'a pu assigner encore de noms définitifs.
En regard de TAncien Continent, rAmérique aussi est réservée à un ensemble d'études qui doit constituer un groupe tout à fait spécial. Les Études américaines dateraient de loin déjà si on voulait accepter comme telles une suite incohérente de suppositions aventureuses et de systèmes sans base et sans critique ; elles datent d'hier à peine si Ton ne prend en considération que les recherches sérieuses dignes de la nouvelle école européenne ^ Il n'est guère besoin d'ajouter qu'elles sont à peine ébauchées. Les questions qu^elles embrassent sont nombreuses, et leur importance est en rapport avec l'étendue du vaste théâtre où elles se déploient. Ce sont, comme dans toutes les études de cet ordre, des questions d'origines, de linguistique comparée, d'anthropologie, d'archéologie locale. La critique et l'ex-" tréme réserve sont ici d'autant plus nécessaires, que des traditions sans garanties et des documents écrits d une authenticité souvent suspecte, apportent à l'investigateur plus de doutes que de lumières. Les données existent, cependant, et elles auront sûrement des solutions positives pour qui
1. Parmi les récentes publications américaines d'une portée un peu générale, quand on a rappelé les travaux linguistiques d'Albert Gallatin, les Cranta americana de Morton, et, pour l'archéologie des contrées du Mississipi,reicellent rapport de M. Samuel Haven, publié par l'institution Smithsonienne, il ne reste plus guère à citer de noms ni d'ouvrages importants, abstraction faite, bien entendu, des ouvrages d'ime nature plus spéciale, qui sont très-nombreux.
6 LB8 liTUDfeS AX^RICAINBS.
saura les interroger^ à la condition de se dégager de toute idée préconçue.
Le moment est arrivé oii cette investigation difficile des origines américaines va entrer dans une phase probablement décisive. L'étude du Mexique^ étude ethnographique, archéologique et linguistique, aussi bien que géographique et naturelle, a été confiée à une Commission scientifique instituée par le gouvernement français à la suite de notrô expédition. Cette Commission offre, dans son ensemble, les garanties qu'une pareille tâche réclame ; et dans tous les cas, il est présimiable que ses voyageurs rapporteront en France tout ce que le Mexique peut fournir actuellement d'éléments authentiques à Tétude des temps antérieurs à la découverte. Il y a dans les différentes provinces des restes nombreux de monuments autochthones: des photographies à grande échelle permettront de comparer ces monuments entre eux et avec ceux du Yucatan et des autres parties de l'isthme américain, en même temps qu'on pourra les rapprocher des restes analogues qui subsistent encore dans ce qui fut autrefois l'empire des Incas. Il y a des inscriptions et des manuscrits en écriture figurée ; on s'entourera de tous les secours qu'il est possible aujourd'hui de réunir pour en aborder l'interprétjLtion. Des hommes compétents étudieront sur place les restes de la race aborigène qui forme encore le fonds principal de la population mexicaine^ et cette population indienne sera comparée physiquement aux tribus indigènes du reste de l'Amérique. L'étude linguistique surtout sera abordée avec l'ensemble et les secours qu'il est maintenant possible de réunir, et cette étude, il faut l'espérer, donnera des résultats plus féconds que ceux auxquels sont arrivés les savants qui s'en sont occupés jusqu'à présent. Ce qui importe, après la réunion des éléments d'étude, c'est d'y appliquer les princîjiès rigfoureux de l'école indo-européeiine; c'est aussi d*oublier les aberrations antérieure!^ et de se dégager àbsblument de toute
LIS ÉTUDSS AHÉRICAmiS» 7
pt'éoccnpatîon étrangère anx faits eux-mêmes. On ya interroger TAmérique sur son histoire ethnologique et ses origines : c'est à l'Amérique elle-même à répondve.
Le Mexique, il faut le remarquer, est dans les meilleures conditions pour devenir le point de départ de cette grande enquête screntifique.
L'Anahuac — c'est le nom mdigène du Mexique — a été, longtemps avant la conquête espagnole, le seul foyer de civilisation spontanée qu'ait eu l'Amérique du Nord. Là seulement il y a eu un comniencement de développement intellectuel^ des monuments^ des traditions orales et des traditions écriteS) quelques traces, en un mot, bien que faibles et confuses, du souvenir que les nations policées aiment à consbrver de leurs antiquités historiques. Par le Mexique seulement il est possible de remonter, ne serait-ce que de quelques siècles, au delà du temps où le Nouveau Monde a été connu de l'Europe. Le Mexique a reçu autrefois des immigrations successives qui lui ont apporté sa population actuelle, et une tradition constante fait venir ces immigrations du Nord. Des faits aujourd'hui bien constatés confirment la vérité de cette tradition nationale, et font en effet reconnaître avec certitude, au cœur de la région appelée le Nouveau-Mexique, vers les sources du Rio Grande del Norte, le point de départ des anciennes migrations. By a là un point de repère précieux sur lequel s'appuieront les recherches ultérieures, en s'éclairant du triple flambeau de la géographie physique (ici fort importante), de l'ethnographie et de la linguistique. Dans une autre direction, le Mexique, ses langues et ses monuments, vont fournir des points de comparaison précieux avec les langues et les monuments de l'Amérique Centrale, et, plus loin encore en suivant la ligne des Andes, avec le Gundinamarca ( Nouvelle Grenade) et le Pérou. Quelle que soit la conclusion qui sortira de ces études futures, elles jetteront indubitablement des clartés toutes nouvelles sur les obscurs
problèmes que soulèvent les antiquités américaines, et le Mexique, je le répète, en est le centre principal et le point de départ naturel.
Au moment où la voie nouvelle qui s'ouvre aux études américaines va leur donner une impulsion puissante et un nouveau caractère, il n'était pas ^ans intérêt de montrer en quelques mots le point d'où elles partent et Ik route où elles entrent. On en suivra avec plus de fruit la marche future. L'importance des questions qui vont s'offrir à la critique dans cetteétude nouveUe méritait cette distinction.
C'est par cette considération que nous avons cru pouvoir reproduire ici quelques passages d'un Rapport dont nous avons été chargé récemment, comme membre de la Commission, sur l'état actuel de la géographie du Mexique, et sur les études scientifiques à y poursuivre ^ C'est comme une introduction à laquelle viendront se rattacher les recherches et les études dont nos lecteurs, nous l'espérons, suivront avec intérêt le développement.
Alexandre de Hnmboldt. — Point de départ de Tetade scientifique
du Mexique.
Qn a dit avec raison que M. de Humboldt avait pour la seconde fois découvert le Mexique. Avant les publications de l'illustre explorateur, différents auteurs espagnols, k partir de la fin du seizième siècle, avaient publié des descriptions de la Nouvelle-Espagne très-détaillées et d'un grand intérêt sous plusieurs rapports : il suffit de nommer Acosta, Herrera, Hernandez, Vetancurt, et l'auteur du Theatro AmericanOy Villasenor y Sanchez. Mais aucun de ces ou-
1. Le rapport textuel est imprimé au n* 2 des Archives de la Cornmùticn scientifique du Mexique ^ févr. 1865.
vrages, an moins pour la géographie, n'avait un caractère qu'il nous soit aujourd'hui permis de qualifier de véritablement scientifique. M. de Humboldt, favorisé par une position exceptionnelle, est le premier qui ait pu réunir dans le pays même tous les documents topographiques et statistiques, imprimés ou inédits, relatifs aux différentes provinces, qui ait soumis ces matériaux à une véritable élaboration critique, qui y ait lui-même prodigieusement ajouté par ses propres observations, et qui ait ainsi donné, tant dans son Essai politique que dans les cartes qui l'accompagnent, un tableau qui résume d'ime manière fidèle et complète les notions acquises sur les diverses parties du Mexique à la fin du dernier siècle. Bien que les cartes, construites par une main étrangère, laissent fort à désirer quant à la finesse et à la précision du trait, et plus encore pour l'expression des formes du terrain, elles n'en ont pas moins été le fonds principal sur lequel a vécu jusqu'à présent la cartographie mexicaine.
M. de Humboldt a rendu compte des matériaux qu'il eut à sa disposition et de l'emploi qu'il en a fait^ Ces matériaux, résumés dans Y Essai politique et dans l'atlas qui
1. Essai polit,, p. 21 et suiv. Toutes nos citations se rapportent à l'édition in-8. — Pour apprécier le changement que les matériaux réunis par l'illustre voyageur ont apporté dans le tracé de sa carte, tant pour le gisement et le contour des côtes que pour le cours des rivières et la position des lieux, il faut la comparer aux deux feuilles de V Amérique septentrionale de d'Anville, qui sont de 1746. La comparaison serait plus sensible encore, si le détail des matériaux de M. de Humboldt et l'application graphique de ses observations avaient été mis en œuvre par des cartographes d'une habileté consommée, tels qu'un Petermann ou un Kiepert, et comme on en pourrait aussi trouver autour de nous. Dans une œuvre de cette nature, la finesse d'exécution, appuyée sur la précision mathématique, n'est pas seulement chose d'art; elle est aussi la condition de la vérité dans le détail topographique. Et puisque j'ai mentionné la carte de d'Anville, je puis ajouter que certaines parties du nord-ouest, riveraines du golfe de Californie, notamment la province de Sonora, y présentent un détail, tiré des mémoires des Missionnaires, qu'il n'est pas inutile, encore aujourd'hui , d'avoir sous les yeux.
10 LBS ÉTUDES ÂHÉRICAINBS.
l'vBCompagnie, «mbrassaient l'enseinble des provinces de la vice-royauté ; mais, ainsi qa'on peut s'y attendre, ils deviennent de moins en moins nombreux et d'une exactitude plus douteuse à mesure qu'on s'éloigne de Mexico, surtout 4fins la direction du nord. La partie du territoire mexicain la mieux connue et la plus particulièrement décrite dans YEssai est celle que M* de Humboldt avait étudiée personnellement ; mais elle est fort restreinte par rapport à l'ensemble. Sauf la route d'Acapulco à Mexico, celle de Mexico à la Yera Gruz^ et une pointe au nord-ouest sut Guanà'*> juac»^ elle se renferme à peu près dans les limites si re* manjuablement définies du bassin central qu'on appelle la Vallée de Mexico. Le nombre des points astronomiquement fixés par M. de Humboldt lui-même dans ces limites est de trente-trois *■ ; mais pour dresser le canevas de sa carte il avait réuni, en outre ^ les déterminations antérieures les plus dignes de confiance des ingénieurs espagnols, et en avait formé un tableau général, où le nombre total des points fixéS) avec plus ou moins de certitude^ se montait à soixantequatorze. Gé nombre est beaucoup plus considérable dans le travail définitif d'Oltnianns. Au chifiTre total de cent quarante-sept points astronomiques que fournit ce dernier taoiaàu, il fàùl ajouter cent quatré-vibgt-(^tLatbrz)s déterminations de hauteurs, en très-grande partie barométriques , ë^ëUÀ)eiit glrou^ées ]pâr l'habile astronome auquel M. de âumbolat avait confié la révision définitive et le calcul de ses observations.
M. de Hùhiboldt ne se borna pàà à résumer le passé ; il voulut préparer l'avenir. Par des indications bien étudiées, il éclaira tet dirigea les recherches qui devaient compléter les sienhés. Ses ct)ti§ë!h à ce sujet sont de véritables instructions, qu'aujourd'hui encore les voyageurs ne sauraient trop méditer *.