‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 14 sur 368 · Essai polit. I, p. 8 et suiv · texte numérisé non relu

Essai polit. I, p. 8 et suiv

Les comidératiôos que ptiésentiô M. de HtiniboMt stir la nature des opérations igéodésiqués qu'il regardait alors pratiquement réalisables au Mexique ne méritent pas moites d'attention ; elles sont tout autant applicables aux circon-

X stances actuelles, au moins en ce qui nous concerne, qu'an moment où le judicieux observateur les a écrites. « Entreprendre le relèvement trigonométrique du royaume de là Nouvelle Espagne, vouloir étendre des opérations délicates sur un terrain cinq fois aussi vaste que la France', c'est désirer que le Gouvememeht n'ait jamais la carte générale de ses riehes domaines, c'est engager la cour d'Espagnb à une entreprise brillante*, ihais trop vaste pour qu'on puisse s'attendre h une exécution boiiiplète.... Les cartes qui ridprésentent l'intérieur d'un vaste pays ont déjà un grand mérite, lorsqu'elles offrent un certain nombre d'endroits

' dont la position est fixée astronomiquement.... »

Dans les instructions pratiques rédigées par le grand Explorateur en vue de ceux qui viendraient après lui poursuivre son œuvre dans le Mexique, laissant à part les provinces du sud (entre Mexico et Tehuantepec), il indique dans la vaste région du nord, en dehors de la partie centrale où se renfermaient sesobservàlîons personnelles, trois lignes principales d'explorations, trois grandes lignes qui croisent le pays dans toute son éténdtie : l'une qui pousse droit au nord (inclinant au nord-ouest) depuis Guanaxuato jusqu'à Santa Fe du NnuylAau-Méxique^ en traversant presque sans interruptioh les grandes plaines centrales du plateau ; l'autre qui coupe obliquement les provincids internas, c'est-à-dire le Mexique du Nord, du sud-est au nord-ouest, depuis la bouche du Rio Grande del Norte jusqu'à l'embouchure du Rio Colorado, dans le fond du golfe de Californie ; la troisième, enfin, qui coupe le Mexique de l'est à l'ouest, au

1. Dans les limites actuelles du Mexique, il faudrait dire troi^ fois grand comme la France.

sud de la ligne précédente (presque sous le tropique), depuis Tampico, sur le golfe du Mexique, jusqu'au port de Mazatlan sur TOcéan.

Nous allons suivre les explorations ultérieures, — les explorations qui ont eu un caractère scientifique, bien entendu, — en nous attachant^ à en dégager les résultats positifs. Nous reconnaîtrons ainsi quelles parties du programme de M. de Humboldt ont été remplies (et parfois même dépassées), et quelles parties restent à remplir pour arriver à réunir leâ éléments d'une bonne carte générale, telle qu'il l'avait conçue et qu'il en a tracé le cadre.

Si Ton considère l'ensemble des reconnaissances et des travaux dont le Mexique a été l'objet depuis le commencement du siècle, et les circonstances qui ont déterminé ces travaux, on peut les partager en deux grandes périodes. La première s'étend depuis l'époque de M. de Humboldt jusqu'à la guerre de 1846 avec les Américains du Nord; la seconde, depuis 1846 jusqu'à notre expédition de 1863.

Depais le voyage de M. de Hamboldt (1803-^) jusqu'à la guerre de 1846

avec les États-Unis.

La présence de M. de Humboldt à Mexico avait donné momentanément une certaine secousse à l'apathie scientifique des autorités espagnoles ; c'est à cette influence que doit être attribuée, sans aucun doute, l'expédition archéologique qui fut ordonnée deux ans plus tard, et dont on chargea un officier de dragons, le capitaine Dupaix. L'objet principal de cette mission était d'examiner et de décrire les ruines de Palenqué, dans la province de Chiapas, sur les confins du Guatemala. Le site désert auquel s'est attaché le nom de Palenqué, emprunté à un village indien peu éloigné.

était resté ignoré, perdu qu'il est au fond des bois, jusqu'au milieu du dix-huitième siècle ; découvert alors par hasard, il ne fut cependant officiellement examiné que longtemps après, en 1787. Ce sont des constructions massives qui semblent avoir servi d'habitation royale, et dont les parois sont couvertes d'ornements sculptés d'un travail curieux, quoique barbare. L'époque en est inconnue, mais certainement antérieure à l'arrivée des Espagnols ; nul souvenir ne s'en est conservé dans les documents écrits de la conquête, non plus que dans la tradition locale.

Le rapport de del Rio était resté oublié, selon l'usages dans les archives de Mexico; il faut dire, toutefois, qu'il n'était guère de nature à satisfaire la curiosité que les rumeurs répandues au sujet de ces ruines mystérieuses étaient ^ faites pour inspirer aux antiquaires européens. C'est ce dont on a pu juger lorsque, par suite d'une communication plus ou moins régulière, le manuscrit parvint à Londres et y fut imprimé, en 1822. La relation du capitaine Dupaix, qui a été publiée à Paris en 1834 avec une traduction française % est bien loin elle-même de répondre aux exigences d'une investigation rigoureuse. L'explorateur n'était ni un archéologue ni un savant, et les dessins très-médiocres du peintre qu'on lui avait adjoint n'ont pas du tout le caractère de rigoureuse fidélité strictement indispensable dans la reproduction de monuments tels que ceux-ci. La publication des rapports du capitaine Dupaix est d'ailleurs accompagnée de dissertations et de recherches^ signées d'Alexandre Lenoir et de M. Warden, qui portent à un haut degré le triste cachet des tendances de l'époque aux hypothèses gratuitea, aux systèmes sans base, aux rapprochements forcés et plus qu'aventureux entre l'Ancien et le Nouveau Monde. C'était le temps où l'on cherchait encore, dans les antiquités trèsmal connues de l'Inde, les origines de lart et de la mylho-

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