FRANCE. LES CONGRÈS SCIENTIFIQUES
comparée et à l'ethnologie, sont assez nombreuses pour qne ces assises scientifiques de 1861 gardent poiir nous un trèsgrand intérêt. Nous ne pouvons qu'en parcourir rapidement les actes principaux.
Une question de géographie historique et d'ethnologie tout à la fois, qui touche à l'étude générale des origines gauloises, en même temps qu'aux antiquités géographiques de la Guyenne et des pays voisins, avait ésé posée au Congrès : A quels éléments pourrait-on avoir recours pour trouver avec quelque certitude les limites des territoires occupés par les anciennes peuplades gauloises, les points défensifs de ces territoires, les lieux où les populations se réwiissaient pour discuter leurs intérêts, et les voies d'origine gauloise qui reliaient les diverses localités ? Cette question (dont nou3 abrégeons la rédaction un peu confuse, t. IV, p. 292) a eu pour réponse un important mémoire de M. Le Touzé de Longuemar « sur l'archéologie d'une partie de l'ancien pays des Pictons » (ibid,y p. 293 à 418). M. de Longuemar, toutefois, ne prend la question qu'au point de vue de l'étude des anciennes voies, romaines ou gauloises, comme moyen de reconnaître la limite commune des territoires. Nous ne parlons pas d'une Note de M. l'abbé Voisin à propos de la même question {ibid,, p. 418), dont la méthode nous ramène aux procédés étymologiques de la vieille école celto-bretonne.
Selon l'excellente coutume des Congrès provinciaux, les questions de géographie et d'histoire locales ont eu une large part dans les lectures provoquées par la réunion. M. l'abbé Barrère et M. Pourpory sont revenus l'un et l'autre sur la question tant débattue de la situation de Cassinogilum, lieu signalé par une résidence royale de Charlemagne et de son fils Louis le Débonnaire ; tous deux se prononcent pour Gasseneuil de l'Agenais, aujourd'hui du département de Lot-et-Garonne (t. II, p. 371 et 378). Cette opinion, qui fut celle de d'Anville, comme avant lui de
Mabillon et d'Adrien de Valois, n'est pascelledeM.Orellet- Balgnerie, qui rompt une lance pour Gasseuil, de la Gironde (p. 381); il est vrai que plus tard M. Balgaerie paraît avoir modifié ses vues à ce sujet, et a proposé Gaudroty au confluent du Drot et de la Garonne ^ Une Note de M. Bourrousse de Laffore, accompagnée d'une carte comparée, a eu pour objet de rechercher « quels étaient, au moyen âge, la situation, les limites, l'étendue, les communes, les che£s-lieux, les paroisses et les châteaux les plus importants de l'Agenais et duBazadais? » (T. H, p. 396). On sait que l'Agenais a formé en très-grande partie le département actuel de Lot-et-Garonne, et que le Bazadais est devenu, sous le titre d'arrondissement de Bazas, une partie du département de la Gironde. Un mémoire de M. Yirac, membre de la Commission des monuments historiques de la Gironde, sur la vicomte de Benauge, se rattache à la même question (t. IV, p. 733) : le pays de Benauge, dont Cadillac était le lieu principal, appartenait au Bazadais.
M. l'abbé Girot de La Ville a traité savamment, quoique d'une manière sommaire, un sujet qui, pris à fond, a d'étroits rapports avec la géographie du moyen âge « les origines chrétiennes de l'Aquitaine, » (t. IV, p. 430); le mémoire de M. l'abbé Barrère, intitulé « Sulpice Sévère, » {ibid,, p. 517), est un épisode de ce grand sujet. Historien et poëte, Sulpice Sévère nous offre une des figures les plus remarquables de la littérature expirante du quatrième siècle. Dans sa communication actuelle, \f. l'abbé Barrère n'a touché, du reste, qu*à la question controversée du lieu de naissance de l'auteur de VHistoria sacra^ que sur de trèsbonnes raisons l'auteur du mémoire place à Lauzun,*dan8 l'Agenais (Lot-et-Garonne). Un intérêt d'une nature plus
1. Voir une Note sur ce point de la géographie carlovingicnne dans le Bulletin de la Société de géographie de déc. 1862, p. 409.