‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 144 sur 368 · LES CONGRÈS SCIENTIFIQUES · texte numérisé non relu

LES CONGRÈS SCIENTIFIQUES

actuelle s'attache à la Notice de M. C. Descombes « sur le monvemont des sables dans le golfe de Gascogne » (t. III, p. 20).

L'horizon s'élargit de nouveau avec le Mémoire de M. Auguste Du Peyrat « sur les idiomes du Midi de la France, et du centre de la Guyenne en particulier » (t. V, p. 399 à 453). La question très-pertinemment traitée par M. Tabbé Gaudéran ^ de Torigine des noms de lieux en ac et en an » (t. IVy p. 699), est un chapitre fort intéressant de cette branche des études philologiques qui cherche la trace des anciennes populations dans l'empreinte ineffaj^le que leur nomenclature géographique a laissée sur le sol. Gitons enfin, pour terminer, le problème soulevé par un des assistants du Gongrès, M. Gharles Sédail, « de l'influence de la capitale et des grandes villes de France sur la marche et le progrès de la civilisation. > G'est là, au plus haut degré, nne question de philosophie sociale ; mais elle touche aussi an grand côté de la géographie. M. Sédail est un ardent promoteur de la décentralisation intellectuelle ; il regrette que Paris attire incessamment à lui, au détriment des grandes villes de nos provinces, tout ce que le pays renferme de forces et d'aspirations artistiques ou littéraires. H rappelle les petites républiques de l'Italie du moyen âge, et de nos jours les foyers multiples que possède l'Allemagne; malheureusement ces exemples sont difficilement applicables à notre état social. Là où il y a plusieurs centres politiques, il y aura un rayonnement multiple de culture littéraire ; là où le centre est unique, il n'y aura qu'un seul foyer, un foyer central. Nous ne formulons pas une théorie : nous rappelons un fait qui s'est reproduit chez tous les peuples et dans tous les temps. La concentration double à la fois la force et l'éclat ; ceci est une loi morale aussi bien qu'une loi physique. Est-ce à dire que les provinces seront deshéritées, et que Paris absorbera sans exception toutes les forces vives du pays ? Loin de là ; le coup d'oeil que nous jetons en

ce moment snr les travaux qui surgissent à la fois de tous les points du territoire montre assez combien la vie scientifique y est partout répandue. Province ou capitale, nous ne sommes qu'une même nation, et la gloire de l'un rejaillit sur tous. Mais aussi n'oublions pas que dans l'ordre intellectuel comme dans le monde physique, c'est de Tastre central que la vie rayonne avec la lumière.

Ce qui est surtout désirable, c'est que les rapports intellectuels entre Paris et la province deviennent de plus en plus intimes et fréquents ; c'est que la province se tienne régulièrement au courant des découvertes et des travaux qui marquent un progrès sérieux dans toutes les branches de la science et de l'érudition , et que ses propres publications, entourées d'une véritable publicité, entrent réellement dans la circulation générale. La Revue des sociétés savanteSy qui se publie par les soins de l'administration, est une création utile ; elle le serait bien plus encore si sa propre publicité était moins restreinte, et surtout moins tardive. La vie et les idées circulent aujourd'hui avec une telle rapidité, qu'une publication de cette nature doit être prompte et régulière pour servir les études d'une manière efficace. On peut dire en toute vérité qu'un bon recueil central, comme furent autrefois la Revue encyclopédique et le Journal de Férussac^ comme sont en Angleterre, dans de moindres proportions, VAthenœum^ le Reader ou la LitUrary Gazette^ est aujourd'hui plus que jamais chez nous un des sérieux desiderata de la science.

Les réunions solennelles qui appellent une fois chaque année à la Sorbonne les délégués de toutes les sociétés Stivantes de la France, sont la réalisation d'une noble pensée ; perfectionnées comme elles peuvent l'être encore par Texpérience, elles contribueront de plus en plus à cettt fusion si désirable des idées et des travaux. Ce que chaque province doit envoyer à ces grands jours de la science, ce

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